Dire que 7 Wonders est un grand classique doublé d’un incontournable du jeu de société est un euphémisme. Il suffit d’une seule petite partie pour mettre le doigt dans l’engrenage… et ne jamais en sortir.

Développez votre civilisation


Bon, c’est clair que du côté du thème, 7 Wonders ne marque pas par son originalité. Mais en y regardant de plus près, ce dernier colle tellement bien à ses mécaniques et objectifs qu’on lui pardonne très volontiers.

Et pour cause, son auteur imagine toujours ses jeux par rapport à un thème, et non par rapport à ses mécaniques, comme c’est souvent le cas dans les jeux dits “à l’allemande”.

Dans 7 Wonders, vous allez donc devoir développer votre civilisation. Dans ce développement, vous devrez, à grands coups de cartes posées sur votre aire de jeu, développer différentes puissances : militaire, scientifique, marchande, etc.

Vous devrez aussi développer vos merveilles. Car oui, vous commencez avec l’une des sept merveilles du monde rien que pour vous. Mener à bien sa construction vous procurera différents avantages et vous rapportera des points de victoire… Mais il n’est pas forcément nécessaire de construire sa merveille pour remporter la partie !

On peut vite en mettre plein la table.
On peut vite en mettre plein la table.

Heu, on est sept, on joue à quoi ?


Lorsque ce genre de question pointe le bout de son nez, il y a fort à parier que l’on se tappe un énième party game quelques minutes plus tard.

La plupart des jeux de plateau se jouant à 5 maximum - voir six dans quelques rares cas - il faut prévoir plusieurs jeux en même temps, et c’est forcément carrément moins fun.

L’idée de départ de l’auteur, Antoine Bauza, lors de l’élaboration de 7 Wonders, c’est que l’on puisse y jouer à sept joueurs. Dans son cercle d’amis, ils se retrouvaient régulièrement à sept, d’où son idée de faire un jeu de société qui puisse être joué à sept et qui ne soit pas un party game.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche parfaitement bien. Malgré le grand nombre de joueur, on n’attend pas longtemps son tour.

Du draft à travers les âges


Une partie de 7 Wonders se joue en trois âges. Cela permet de pouvoir enchaîner des cartes et créer une réelle progression dans la stratégie de chaque joueur.

De quoi faciliter le comptage des points... Parce qu'il y a plein de façons d'en marquer !
De quoi faciliter le comptage des points... Parce qu'il y a plein de façons d'en marquer !

Lorsque l’on commence son tour, on joue une carte de sa main. Ensuite, vous devez passer votre jeu à votre voisin de droite, tandis que votre voisin de gauche vous donne ses cartes. A la fin de chaque âge, on aura donc pu jouer six cartes.

Ce principe de draft est souvent utilisé au début de la partie, pour constituer sa main. Dans 7 Wonders, ça marche tout le temps comme ça ! Du coup, choisir une seule carte à chaque fois va régulièrement vous briser le coeur. Jouer cette carte pour bloquer votre fumier de voisin qui se la pète un peu trop avec sa puissance militaire, ou au contraire continuer sur votre stratégie consistant à parier sur la science ?

Car oui, dans 7 Wonders, il existe pas mal de façons de marquer des points et de gagner… Et, bien entendu, c’est en mélangeant un peu tous les pouvoirs disponibles que vous pourrez décrocher la victoire.

Pour être une puissance complète, il faut multiplier les compétences


On peut scorer sur plusieurs domaines dans 7 Wonders :
- L’argent : oui, ça rapporte, forcément, mais finalement pas tant que ça
- La puissance militaire : à la fin de chaque âge, vous vous foutez joyeusement sur la gueule avec vos petits camarades, et le vainqueur gagne des points, les perdants… en perdent (bravo aux trois du fond qui suivent)
- La puissance scientifique : plus vous l’avez développée, plus vous faites de points. A ne pas négliger (oui, même toi la grosse brute qui ne jure que par la force).
- La puissance marchande
- Les merveilles que vous aurez construites
- Les guildes, qui apportent des points de façons très variées, en fonction des cartes que vous avez et de celles qu’ont vos adversaires

Comme vous pouvez le voir, il y a en effet un sacré paquet de possibilités et autant de stratégies à mettre en place. C’est d’ailleurs ce qui donne à 7 Wonders toute sa profondeur.

Les cartes qui serviront pour les trois âges que compte le jeu.
Les cartes qui serviront pour les trois âges que compte le jeu.

Un mode deux joueurs qui ne fait pas l’unanimité


Et pourtant, à moi, il me plait. Le truc, c’est qu’il complexifie pas mal les parties, il est donc à réserver à des joueurs qui aiment bien se triturer un peu le cerveau. Rien de bien grave rassurez vous, personne n’est mort durant cette chronique jeu de société.

A deux joueurs, on place un troisième joueur virtuel. De façon alternée, chaque joueur pourra jouer pour ce troisième joueur. Cela force donc à réfléchir un peu plus, mais apporte, encore une fois, un côté beaucoup plus stratégique à la partie.

Certes, côté immersion cela en prend un coup, mais finalement pas tant que ça. A essayer.

Un bulldozer à récompenses


7 Wonders a raflé un nombre juste incroyable de récompenses. Il a bien entendu raflé les plus belles récompenses du genre, et notamment :
- Kennerspiel de Jahres 2011
- Deutscher Spielepreis 2011
- Tric Trac D’or 2010
- As d’Or 2011
- Golden Geek 2011

Difficile de faire mieux, non ?


Les plateaux individuels, pour chacun des joueurs.
Les plateaux individuels, pour chacun des joueurs.



7 Wonders, un jeu pour 2-7 joueurs de Antoine Bauza, illustré par Miguel Coimbra, édité par Repos Production pour des parties d'environ 30min.
Age conseillé : 10+.
culte, indispensable !

7 Wonders en quelques mots

La réputation de 7 Wonders n’est certainement pas usurpée. L’essayer, c’est l’adopter ! Sa rejouabilité est excellente, ses règles simples, on n’en voit jamais le bout. Et si l'essoufflement commence tout de même à se faire ressentir, vous pouvez également vous tourner vers les nombreuses extensions disponibles.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)