
La console ressemble énormément à une Game Boy Micro.
La One Station, aussi appelée VS Power de part l'écran titre de la plupart de ses jeux, est une console portable récente mais vraiment obscure. Difficile même de savoir quelle société la commercialise. A priori c'est Jungle Tac, spécialisée dans la commercialisation de lecteurs de MP3 et autres gadgets électroniques portables.
La One Station existe en trois couleurs : Pearl White, Ferrari Red et Absolute Black. Sa boite, en carton rigide recouvert d'un pelliculage brillant est assez sympa. L'ouverture se fait à l'aide d'un aimant, c'est assez original et classieux. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est le plastique à l'intérieur. Très cheap, il pue le clone à deux euros.

La boîte, assez sympa.
La console en elle-même reprend le look de la
Game Boy Micro de Nintendo, tout en ne tombant pas dans le plagiat total. Le plastique est lui aussi assez cheap mais l'ensemble de la machine reste acceptable. La croix directionnelle est calquée sur le principe de celle d'une
Playstation, avec quatre boutons - un pour chaque direction principale. Deux boutons d'action sont dispo, ainsi qu'un bouton estampillé T entre les deux, de taille plus petite. Un bouton Reset et un Start / pause finissent le tour d'horizon de l'ergonomie. Pas de gâchettes sur le dessus du coup. Un cable permet de brancher la console sur la télévision, à l'aide de deux RCA.

L'intérieur fait très cheap.
Du côté des cartouches, on a deux styles différents. Les jeux 8 bits, et les jeux 16 bits. On comprend donc que la console est capable de faire du 16 bits, mais que des adaptations 8 vont aussi être présentes (non mais vous êtes neuneu ou quoi ?). Encore une console rétro pirate serait-on tenté de se dire.
Pourtant, après vérification, il semble que JungleTac dispose des licences d'un bon nombre de jeux sur
Famicom (150 selon leurs dires), et d'une trentaine de softs 16 bits, qui sont quant à eux des développements exclusifs.

Quelques cartouches, encore une fois la GBA est une source d'inspiration.
Les cartouches ressemblent à s'y méprendre à des jeux
Game Boy Advance. Elles dépassent énormément sur le haut de la console. Ce n'est pas très esthétique mais fonctionne sans soucis. Trois petites piles de type AAA insérées, et il n'y a plus qu'à appuyer sur Power pour commencer à jouer.
Essayons déjà une cartouche 8 bits. Sans surprise, c'est un écran listant les 35 jeux présents dans la cartouche qui s'affiche. Mais ce qui étonne surtout, c'est la qualité de l'écran. Couleur, rétro éclairé (enfin, plus exactement en front light) et à matrice active, c'est un vrai plaisir pour l'oeil ! Il peut rivaliser sans honte avec celui d'une
Game Boy Micro ! Il est juste un tout petit peu plus grand.

Tony Toons dans sa version NES, ici d'excellente qualité.
Les adaptations des jeux sont totalement identiques aux originaux. On ne sait pas si c'est un émulateur qui tourne ou si le jeu a été recodé, en tout cas c'est identique au pixel près à ceux de l'époque (ce qui fait plus pencher la balance du côté de l'émulateur). Les marques et noms déposés sont tous affichés. Autre bonne chose, les 35 jeux sont connus et souvent de qualité, comme Tiny Toons, Batman, les Tortues Ninja et même Super Mario Bros ! La maniabilité est excellente et les commandes répondent bien.

Très belle réalisation pour ce shoot'em up.
Au niveau des jeux 16 bits, le constat est beaucoup plus mitigé. Certes, la console donne une vision plus complète de ce qu'elle a dans le ventre, c'est à dire d'excellentes possibilités en 2D – je n'ai pas vu de jeux en 3D et je ne pense pas qu'il en existe. Le soucis est que ces jeux étant spécialement développés pour JungleTac, la qualité s'en ressent énormément. On a ainsi beaucoup de puzzle game qui reprennent des principes connus en leur apportant quelques modifications. Par exemple, pour Puzzle Bobble : maintenant les balles se lancent en rond autour du joueur qui se trouve au milieu de l'écran. C'est donc généralement assez prenant, mais souvent très simple. On revient cette fois aux jeux classiques et simplistes trouvés sur les consoles de ce type.
Un autre des jeux proposés qu'il m'a été donné d'essayer est un shoot visuellement très sympa. Le challenge est élevé, mais la qualité est au rendez-vous.
Concernant tous ces jeux, il faut savoir qu'ils ne sont pas vendus avec la console (même si, dans la boite, un emplacement est présent). Il faut donc les acheter à part, aux environs de 10 dollars pièce. Les cartouches 16 bits embarquent environ 20 jeux tandis que les 8 Bits en ont généralement 35.
A noter également la présence d'autres cartouches, beaucoup plus originales, qui ne sont pas des jeux. On retrouve ainsi une caméra, et tout un tas de cartouches qui permettent entre autre de lire des e-book, jouer à des jeux en flash, lire une SD Card, écouter de la music, recevoir du WiFi ou encore visualiser des images et se placer en GPS. Je n'ai pas pu tester toutes ces fonctionnalités. Elles sont annoncées mais les cartouches semblent introuvables.
Finalement, cette chose totalement inconnue est une vraie bonne surprise. Là où beaucoup de firmes asiatiques font dans la copie sans vergogne, ici c'est une machine sous licence, et d'une qualité technique réellement étonnante. La qualité de l'affichage est réellement époustouflante étant donné le prix de vente de la console, plus que modique.
Après la question de l'utilité d'une telle console se pose immanquablement : quel intérêt d'acheter cette machine qui n'est valable qu'au niveau de ses adaptations NES ? Certes le prix de vente des cartouches est très faible, mais tout de même. Si l'on possède une bonne ludothèque
Famicom et une
Pocket Fami, Game Axe ou encore Game Thory Admiral, on peut passer son chemin mal grès la qualité technique bien en dessous des trois consoles sus-citées. Pour les autres, l'achat est tout à fait envisageable. Je ne parle pas des collectionneurs fous qui prennent tout ce qui passe, bien entendu. De toute façon eux n'y joueront pas !