Cela faisait quelques épisodes qu'Assassin's Creed commençait à tourner en rond. Le changement d'époque ne suffisait plus pour faire illusion. Il était temps de revenir aux origines.

Retour aux origines


On n'en pouvait plus de ce gameplay, au point que, finalement, l'époque importait peu.

On avait l'impression d'une matrice sur laquelle on greffait une époque, le tout saupoudré d'une belle direction artistique, et hop, un coup la Révolution Française (Unity), un autre Londres époque victorienne (Syndicate). Oui, j'exagère, mais c'est justement pour dire que l'on commençait à se lasser...

Dès le début du jeu, la vue est plutôt à tomber par terre non ?
Dès le début du jeu, la vue est plutôt à tomber par terre non ?

Il était donc grand temps de changer. Si certains attendaient un épisode se déroulant au XXème siècle - après tout, la série n'a fait que suivre le fil des époques depuis le premier épisode et le Acre des croisades - ils en sont pour leurs frais.

Et pour cause, ici, on revient aux origines des Assassins, ce fameux courant qui s'opposera farouchement aux Templiers. Et tout cela remonte à bien plus loin que les croisades et à Altaïr, son désormais légendaire héros séminal...

Et c'est parti pour l'Egypte Antique, époque Jules César et Cléopâtre VII (soit environ -50 avant JC).

Au loin, on apperçoit Alexandrie.
Au loin, on apperçoit Alexandrie.

Mais comme dit plus haut, en plus de cette époque particulièrement riche et finalement très peu vue dans le jeu vidéo, la série va totalement revoir sa copie au niveau des émotions ressenties manette en main.

Un scénario un peu moyen


Vous incarnez Bayek, un Medjaï - un ancien soldat censé protéger le Pharaon. Et une fois de plus, il sera question de vengeance.

Je ne vous en dit pas plus, et préfère vous laisser le plaisir de la découverte. Sachez juste que Bayek a vraiment la classe, tout comme Aya, sa femme, qui est bien plus qu'un sidekick ou un faire-valoir.

La ville d'Alexandrie, d'un peu plus près...
La ville d'Alexandrie, d'un peu plus près...

Simplement, le scénario reste très sobre, comme trop souvent chez Ubisoft. Et c'est vraiment dommage, car avec une plus grande profondeur scénaristique, on aurait tenu là un jeu d'une sacrée ampleur !

Assassin's Creed x Whitcher : un gameplay totalement repensé


La marque de fabrique d'un Assassin's Creed tient en deux éléments principaux : le fait de pouvoir crapahuter partout, et des combats très souvent assistés, où vos adversaires font la queue pour se prendre une raclée.

En cela, le début de l'aventure prend un délicieux plaisir à casser les codes, pour vous plonger dans une aventure où le déroulé rappelle plutôt celui d'un The Whitcher plutôt que les précédents épisodes de la saga des assassins.

La navigation est très présente dans Assassin's Creed Origins.
La navigation est très présente dans Assassin's Creed Origins.

Des combats plus techniques


Le système de combat est beaucoup plus technique et propose une variété particulièrement agréable. Vous pouvez ainsi choisir votre arme (lance, épée, doubles lames, masse, etc.), ce qui influencera votre rapidité et votre force.

Contrer, esquiver, parer, seront autant de compétences et de réflexes que vous pourrez acquérir pour assurer votre survie dans l’Égypte ancienne.

Vous disposerez également de plusieurs types d'arcs, ce qui facilite énormément l'approche discrète. Le fait de voir directement si vous allez tuer ou non votre adversaire vous donne alors un joli sentiment de puissance.

Les régions traversées sont plus variées qu'on ne pourrait le croire.
Les régions traversées sont plus variées qu'on ne pourrait le croire.

De plus, pour la première fois, vous pourrez définir le degré de difficulté qui vous convient. Ceux qui, comme moi, appréciaient la facilité des précédents opus de la série pourront continuer à se faire plaisir sans se prendre la tête.

Du loot à mort


Vous allez enchainer un sacré paquet de combats, car pour augmenter votre efficacité, vous allez devoir récupérer plein d'objets.

Pour augmenter votre équipement, vous devrez partir à la chasse, chaque animal laissant un type de peau différente. A vous d'en collecter assez pour améliorer votre force au corps à corps, à distance, votre santé, la taille de vos munitions, etc. A la manière d'un Far Cry quoi.

La fameuse Cléopâtre...
La fameuse Cléopâtre...

De plus, Bayek, votre personnage, monte de niveau en niveau. De quoi vous inciter à vous balader partout dans le monde ouvert proposé par Assassin's Creed Origins.

La découverte du monde se fait comme dans The Whitcher : fini la carte qui se dévoile quartier par quartier, avec toutes les missions qui s'affichent d'un coup ! Ici, il faudra aller voir les points d’interrogation afin de découvrir de quoi il s'agit.

Petit bémol, vous ne pouvez pas monter au delà du niveau 40. Pourtant, le jeu vous permet de monter bien plutôt haut, théoriquement (si vous faites toutes les quêtes). La fin du jeu est donc assez frustrante, car on ne fait plus que gagner des points de compétences, mais votre puissance n'évolue plus.

Bayek et Aya, deux héros particulièrement charismatiques !
Bayek et Aya, deux héros particulièrement charismatiques !

Des quêtes annexes par dizaines


Si on a assez souvent des quêtes annexes de type Fedex (allez cherchez ceci et ramenez-le là-bas), beaucoup de quêtes annexes vous permettent d'en apprendre plus sur les personnages secondaires.

On retrouve bien entendu les habituels forts (avec cette fois des Romains dedans) qu'il va falloir défoncer, mais l'ensemble est beaucoup plus fluide que dans les précédents épisodes.

Les quêtes, quant à elles, sont beaucoup plus variées, et ne se calquent pas sur deux ou trois modèles différents : elles sont réellement différentes les unes des autres.

Cenou, vous fidèle rappace. Elle vous rendra bien des services !
Cenou, vous fidèle rappace. Elle vous rendra bien des services !

Senu, de là haut je vois ma maison !


Senu, c'est votre oiseau de proie. Fini le sixième sens des assassins, place à la vue de votre rapace qui s'élance dans les airs, vous permettant de voir au loin et de marquer vos ennemis.

La vue est alors époustouflante, et trouver des objets cachés ou les objectifs deviendra un jeu d'enfant. Senu pourra augmenter son rayon de détection en multipliant les points de vision (il y en a une cinquantaine dans le jeu).

Une durée de vie excellente


La durée de vie d'Assassin's Creed Origins est excellente. Il est impossible de terminer l'aventure en ligne droite, le jeu vous incitant très fortement à vous balader sur la carte.

Aller, encore une petite vue d'ensemble. On ne s'en lasse pas.
Aller, encore une petite vue d'ensemble. On ne s'en lasse pas.

Et il faut dire qu'il y a de quoi faire : Alexandrie, les pyramides de Kheops, Khephren, Mykerinos, Siwa, autant de régions particulièrement riches et magnifiques que l'on prend un plaisir immense à découvrir.

Il m'a fallu environ 65 heures pour en voir le bout, mais j'ai été voir chaque parcelle de la carte et me suis tapé toutes les quêtes annexes, il est donc possible de faire beaucoup plus court.

Toutefois, a aucun moment je n'ai trouvé de longueurs, contrairement aux précédents épisodes.

Et la méta histoire ? On s'en branle !


Ah oui, c'est vrai qu'il y a une meta histoire... Personnellement, je fais partie des amateurs de la série qui se targuent d'un "Et meeeeerde" dès que l'on sort de l'animus.

Heureusement, ici, on sort très peu de l’Égypte ancienne pour revenir de nos jours. En se penchant un peu sur ce qui se déroule de nos jours, on peut en apprendre un peu plus sur le combat des Assassins contre Abstergo, l'ensemble s'efforçant de lier le film au reste de la série.

Mais bon, on jette un oeil, et on replonge avec le plus grand des délices dans l'aventure égyptienne. Parce que monter tout en haut du Phare d'Alexandrie, c'est quand même carrément la classe, non ?
culte, indispensable !

Assassin's Creed Origins en quelques mots

Assassin's Creed Origins est le reboot dont avait besoin la série pour rester en bonne place dans le coeur des joueurs. Je me suis totalement éclaté sur cet opus à l'univers particulièrement marqué. On prend donc son temps, essayant de retarder l'irrémédiable moment où on se dit : "bon, ben j'ai tout fait", et que l'on éteint sa console, avec un petit pincement au coeur.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)