Après Heavy Rain, Dave Cage et son équipe reviennent pour nous proposer une pierre supplémentaire à un édifice vidéoludique attisant les avis divergeants.

Quantic Dreams, des productions qui divisent le public



Quantic Dreams, c'est une sorte d'histoire d'amour de la polémique et des avis opposés. The Nomad Soul avait mis tout le monde d'accord, ou à peu près. C'est loin d'être le cas des deux productions suivantes du studio français que sont Fahrenheit et Heavy Rain. Et ce n'est pas Beyond : Two Souls qui va changer la donne.

Beyond : Two Souls sur Playstation 3.
Beyond : Two Souls sur Playstation 3.

Pas vraiment un film, pas vraiment un jeu vidéo, Beyond : Two Souls est à l'image des précédentes productions : un produit hybride qui ne conviendra pas à tout le monde.

Le terme de film interactif vient immédiatement à l'esprit, mais il ne me semble que très peu approprié tant les interactions dans le jeu vous font entrer dans l'histoire. C'est aux antipodes d'un Dragon's Lair par exemple, où on appliquait un gameplay de jeu vidéo très limité à un déroulement cinématographique.

En gros, Beyond : Two Souls reprend le meilleur de Fahrenheit et Heavy Rain, tout en apportant sa petite touche à lui. On retrouve l'immersion du premier et le côté cinématographique du deuxième, tout en délaissant ces QTE qui nous ont tant cassé les burnes.

Le press kit de Beyond Two Souls.
Le press kit de Beyond Two Souls.

Le résultat est très simple d'accès, instinctif, et jamais difficile. Que les amateurs de dextérité et de challenge passent leur chemin, Beyond : Two Souls ne connait pas le game over et se focalise sur son histoire et le ressenti que peut avoir le joueur plutôt que sur ce qu'un jeu vidéo peut habituellement procurer en termes d'auto-satisfaction. Je m'explique : habituellement, un jeu vidéo est gratifiant pour le joueur lorsqu'on lui permet de relever un défi. Ici, il n'en est absolument pas question. En revanche, le jeu plonge le joueur au centre de l'histoire, exacerbant le ressenti.

Beyond : Two Souls, avec des vrais morceaux d'âme derrière les pixels



L'autre innovation saute au yeux lorsque l'on observe la jaquette, c'est le nom de deux acteurs connus : Willem Dafoe et Ellen Page. Encore un petit emprunt au cinéma.

Reste que les protagonistes sont tous joués par des acteurs, et que, malgré quelques raideurs par-ci et par-là, l'ensemble sonne particulièrement vrai. De plus, le doublage en français et particulièrement excellent, ce qui est assez rare pour être écrit.

On suit les aventures de Jody, qui n'est pas seule dans sa tête... puisqu'elle est constamment suivie par une entité du nom de Aiden. L'histoire, très morcelée, vous fait découvrir la jeune femme à diverses époques de sa vie. Peu à peu, le puzzle va se former.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle en a vécu des aventures, Jody ! Peut-être un peu trop pour certains. De mon côté, j'ai au contraire trouvé l'ensemble très varié, avec un côté grand spectacle contrebalancé par des scènes plus intimistes, voir touchantes.

Les influences font penser à un croisement entre Carrie de Stephen King et divers épisodes de X-Files. Les mécaniques pourront ainsi sembler un peu vieillottes pour certains, mais cela n'a pas été mon cas : j'ai été pris dans l'aventure de bout en bout.

Le scénario est bien construit, bien que l'ensemble perde cet arbre scénaristique immense que l'on trouvait dans Heavy Rain. En revanche, on y gagne un rythme beaucoup plus maitrisé.
culte, indispensable !

Beyond : Two Souls

Beyond : Two Souls, comme les autres productions de Quantic Dreams, ne plaira pas à tout le monde. Reste que si on prend la peine de rentrer dans l'histoire, on va prendre un belle claque.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)