Dire que Bioshock Infinite était attendu, c'est aussi important que d'expliquer le fonctionnement d'une manette à un gamer. Oui, le jeu d'Irrational Games était énormément attendu. Mais le plus important, c'est surtout qu'il a fait mouche comme rarement.

Le premier Bioshock avait déjà fait sensassion dans les chaumières : en reprenant des éléments de Shellshock et Systemshock, les développeurs avaient su proposer un FPS qui n'en était pas vraiment un. Plus axé jeu d'aventures qu'autre chose, le résultat était totalement atypique, aussi bien dans sa narration que dans son scénario, et surtout dans sa direction artistique à tomber par terre. Et ce nouvel épisode ne va pas déroger à la règle : certes, on pourra discuter de la qualité graphique (à mes yeux pourtant excellent), mais c'est la direction artistique qui va forcément vous faire vous émerveiller très régulièrement.

Avec Bioshock Infinite, on quitte le monde de Rapture pour s'élever dans les airs et découvrir Columbia, une ville volante que vous, Booker Dewitt, chasseur de prime de votre état, allez arpenter en cette belle année 1912. Le changement est radical : les étouffants mondes sous-marins de Rapture laissent la place au gigantisme des espaces aériens de Columbia.

Bioshock Infinite sur Xbox 360.
Bioshock Infinite sur Xbox 360.

De la même façon, vous n'arriverez pas dans un monde en ruine, mais dans une bourgade où les gens semblent heureux et bien-pensants. Vous déchanterez vite, évidemment. Bioshock Infinite recelle de joli passages subversifs comme on aimerait en voir plus souvent dans le jeu vidéo. En ligne de mire ? La société en général, et la religion en particulier. Mini spoil au passage, puisqu'il intervient dès le début du jeu : il n'y à qu'à voir son propre baptème au début du jeu, qui fait plus penser à une noyade qu'à un sauvetage, pour se faire une idée sur la sensibilité et l'ouverture d'esprit des bien-pensants de Columbia...

Et pourtant, cela ne sera pas si simple ! Car, une fois, de plus, c'est son scénario qui distingue Bioshock Infinite de la masse des productions jeu vidéo. Déjà, on n'a pas à proprement parler de cinématiques. Ces dernières sont très peu nombreuses, l'ensemble des clés qui font progresser l'intrigue sont rencontrées directement dans le jeu. Ainsi, Bioshock Infinite joue la carte du donnant / donnant, à l'image du premier Bioshock : si vous le traversez à fond de cale sans vous attarder sur les personnages et autres situations, vous perdrez de précieuses informations !

Ce qui faisait le plus gros défaut du premier Bioshock, c'était sans conteste son gameplay. Trop old school et trop mou, il plombait passablement le jeu. Dans Bioshock Infinite, on est toujours dans le old school, mais avec cette fois un dynamisme qui fait mouche à chaque fois. L'action est beaucoup plus présente, mais également beaucoup plus digeste et maîtrisée.

Un dernier mot sur l'emblématique personnage principal : Elizabeth. Jamais je n'avais vu un personnage secondaire géré par le jeu aussi bien fait. Non seulement elle n'est jamais un boulet (elle est invincible dans les combats et ne reste jamais bêtement au milieu des balles), mais en plus elle vous aide. De plus, elle a toujours des choses à dire, mais pas seulement des lieux communs, mais surtout des choses qui vont vous faire réfléchir, voir vous mettre la puce à l'oreille concernant le déroulement du scénario. Un personnage avec une réelle profondeur quoi.

Et là fin, putain la fin ! Il fallait oser... A vous de la découvrir.
culte, indispensable !

Bioshock Infinite

Bioshock Infinite est un grand jeu, c'est une certitude. L'ensemble est maitrisé de bout en bout, pour finir sur un final comme on en aura rarement vu. Même chose pour le personnage d'Elizabeth, totalement inoubliable.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)