Broken Age, c'est un projet de point & clic lancé par Tim Schafer. Un truc pour tous les nostalgiques des jeux Lucas Art des années 1990 quoi !

Un Kickstarter qui cartonne


En 2012, Tim Schafer est alors plus connu pour ses jeux récents - Psychonauts sur Playstation 2 et Brutal Legend sur PS3 et Xbox 360 - que pour ses point & clic.

Et pourtant, ces derniers sont entrés dans la légende : après avoir fait ses armes sur Maniac Mansion, il est scénariste et programmeur sur Monkey Island, pour enfin voler de ses propres ailes ou nous pondre les mythiques Day of the Tentacle ou encore Grim Fandango.

Alors, laquelle va se faire bouffer ?
Alors, laquelle va se faire bouffer ?

Le bougre souhaite revenir à ses premiers amour depuis pas mal de temps : le jeu d'aventure textuel... mais les investisseurs réponent invariablement : "l'époque a changé Tim, ça ne marchera jamais".

Il décide donc de lancer un projet de crowdfunding pour récolter les fonds directement. Le Kickstarter est alors lancé en 2012 sous le nom temporaire de Double Fine Adventure.

Et là, les investisseurs vont retourner compter leurs thunes dans leurs petite vie où tout doit être rentable. Crac, ce sont 87 142 personnes (dont l'autiste qui écrit ces lignes) qui soutiennent le projet.

Vella n'est jamais à court de volonté.
Vella n'est jamais à court de volonté.

La barre demandée des 400 000$ est vite explosée, pour atteindre une somme record de 3 336 371 $. Une belle leçon pour tous les frileux, les blasés et leurs "ça ne marchera jamais".

A noter que la seule édition physique sortie est celle éditée par Limited Run Games.

Un développement mouvementé


Les fonds sont récoltés et dépassent les espérances les plus folles. Ok. Mais maintenant, il va falloir se mettre au boulot !

La patte graphique est vraiment reconnaissable.
La patte graphique est vraiment reconnaissable.

Le jeu prend son nom définitif de Broken Age, et le développement avance. Doucement. Très doucement. Tellement doucement que le titre sera découpé en deux parties qui sortiront à un an d'intervalle l'une de l'autre, en 2014 et 2015.

Forcément, cela ne sera pas vraiment du goût des bakers et cela contribuera notamment à réduire quelque peu l'engouement des jeux vidéo sur Kickstarter.

Il est clair que livrer un jeu en deux parties n'est pas idéal. Lorsque l'on commence la seconde, on ne se souvient plus vraiment de ce qu'il s'était passé une année auparavant. Mieux vaut donc commencer le jeu actuellement, histoire d'avoir toutes les parties en même temps et profiter de l'aventure de bout en bout sans temps mort.

Shay est plus posé que Vella.
Shay est plus posé que Vella.

Une réalisation superbe


C'était clairement ce qui m'avait plu dès le début du projet : la patte graphique a un très fort parti pris, le tout étant particulièrement esthétique et réussi.

Tout semble peint à la main, et c'est un vrai délice visuel. Une fois à l'écran, le tout est clair et lisible.

Un scénario sympathique


Le scénario vous met dans la peau de Shay et Vella, un héros et une héroïne que tout semble séparer.

Les personnages rencontrés sont souvent... originaux.
Les personnages rencontrés sont souvent... originaux.

Vous incarnez l'un et l'autre - vous pouvez switcher de l'un à l'autre à tout moment - dont l'histoire est très différente.

Shay s'ennuie à mourir dans un vaisseau dont il est le héros : il passe ses journées à sauver des petits personnages tricotés dans des sortes de simulacres d'aventure où le danger ne semble pas bien présent.

Vella s'apprête à fêter la venue d'un monstre qui doit choisir une jeune fille pour la manger. Le pire, c'est que tout le village s'en réjouit... sauf elle.

Pareil pour les mondes traversés : c'est pas banal.
Pareil pour les mondes traversés : c'est pas banal.

Peu à peu, les détails du scénario évoluent, les pièces de puzzles s'emboitent les unes dans les autres et les deux protagonistes ne sont finalement pas si éloignés que cela. Genre, vous ne vous en doutiez pas ?

Le tout est loufoque à souhait, mais sans jamais perdre le joueur.

Un point & clic très classique dans ses mécaniques


Finalement, et paradoxalement, le point faible de Broken Age, à mes yeux, ce sont justement ses mécaniques.

On est ici dans un pur jeu du genre. Aux énigmes certes moins alambiquées que les ténors du genre dans les années 1990, mais tout de même assez barrées.

Régulièrement, j'ai dû aller chercher la solution sur le net - oui, c'est là que l'on voit que l'assistance dans les jeux vidéo à énormément évolué. Et quand j'avais la solution, je me suis régulièrement dit "mais comment pouvais-je trouver ça tout seul ?".

Et finalement, là aussi c'est un hommage aux jeux de l'époque... Je me suis dit ça sur la plupart des grands jeux : Monkey Island, Indiana Jones IV, Day of the Tentacle... mais on va dire que ce n'était pas la principale de leur qualité.
bon petit jeu

Broken Age

Broken Age est un vrai point & clic comme à la grande époque. Avec sa direction artistique sublime, il souffre des mêmes défauts que les jeux de l'époque : des énigmes parfois trop alambiquées, faisant retomber le rythme. Mais bon, on dira que c'est le genre qui veut ça.

La note : 4/6 (bon petit jeu)