Voilà un bel OVNI dans une industrie du jeu vidéo de plus en plus frileuse quand il s'agit de prendre des risques artistiquement parlant.

Car le sujet de Catherine, s'il est bateau dans tous les autres milieux artistiques, est limite tabou dans le jeu vidéo : la sexualité, et plus particulièrement ici, l'adultère.

Alors déjà, mettons les choses au point. Non, Catherine n'est absolument pas une simulation d'adultère. C'est juste son point central. Pour résumer, vous incarnez un bon vieux geek dont la copine s'appelle Katherine, et qui va tromper cette dernière avec une certaine Catherine. Tout est dans la nuance... Dans les mots seulement.

Catherine sur Xbox 360.
Catherine sur Xbox 360.

Car pour atténuer leurs propos, les développeurs ont exagéré leurs personnages : Katherine est l'archétype de la femme rangée, parlant de mariage, de bébé, de normalité dans le sens large alors que Catherine propose tout l'inverse.
Durant la première moitié du jeu, le plaisir grisant de la découverte est bien présent. En revanche, j'ai été beaucoup plus dubitatif quant à la seconde partie du jeu. Certes, il est possible de faire des choix, mais la plupart du temps on reste spectateur, prisonnier des idées des développeurs là où on aurait bien voulu pouvoir mettre son grain de sel. C'est certainement voulu, puisque la relation amoureuse n'est jamais totalement maitrisée, mais tout de même...

Reste la fin, ou plutôt les fins. Vous aurez celle que vous aurez mérité, en fonction de vos réponses aux diverses questions posées dans le jeu. Le tout finit un peu trop en moralisation à deux balles là où toute le reste prône quelque chose de barré, et c'est peut-être en ça que Catherine m'a un peu déçu : ça ne va pas assez loin dans l'idée, et surtout ne laisse pas assez de liberté dans l'évolution des choses.

Mais je m'attarde sur le scénario ; Catherine ne serait donc qu'un jeu d'aventure ? Non, certes pas, et c'est peut-être là que j'en attendais trop. Catherine, c'est avant tout un puzzle game au gameplay diaboliquement bien trouvé et au challenge particulièrement relevé.

Pourtant, tout est basé sur un principe simple : tirer des blocs afin de monter le plus haut possible. Se jouant sensiblement de la pesanteur, il en résulte des niveaux vraiment bien foutus, qui ne reprennent pas vraiment des principes déjà vus. Bien loin d'un faire valoir à un scénario qui pourrait paraître racoleur, ces phases constituent au contraire le réel point fort du jeu.

En revanche, la difficulté est diaboliquement élevée. Par rapport à la version européenne, le jeu a été édulcoré. Mais même avec cette difficulté vue au rabais, il va falloir vous accrocher.
Excellent !

Catherine

Catherine est un bel OVNI a essayer de toute urgence. L'aventure est originale, bien que, une fois le jeu terminé, on peut la trouver un peu timide dans ses idées. En revanche, le puzzle game qui constitue la plus grande partie de l'oeuvre, elle, est un modèle du genre, inventive et corsée. Alors, vous êtes plutôt Katherine ou Catherine ?

La note : 5/6 (Excellent !)