Dans Claustrophobia, vous allez devoir affronter une belle horde de démons… ou d’humains.

Qui sont réellement les vilains ?


A trop creuser sous la Nouvelle Jérusalem, les hommes ont ouvert les portes de l’enfer. Depuis, une horde de démons n’ont de cesse de remonter les myriades de tunnels qui constituent les soubassements de la ville.

Dans Claustrophobia, un joueur prend le contrôle des humains, et l’autre des démons. Toutefois, il n’est pas vraiment ici question de bien ou de mal. En effet, les hommes sont tellement dépeints comme des culs bénits qu’ils en deviennent foncièrement antipathiques. A chacun de choisir la faction qu’il préfère, sachant qu’il n’y a pas vraiment de bons et de méchant, mais plutôt uniquement des vilains.

Mise en place de Claustrophobia


CLaustrophobia est un jeu asymétrique qui se joue à deux. Le côté humain se joue donc de façon radicalement différente du côté démoniaque. Toutefois, les deux côtés sont réellement plaisants à jouer, avec leurs forces et leurs faiblesses.

L’équilibrage est surtout effectué en fonction des scénarios. La boite de base en propose six, mais il existe quelques extensions et, surtout, de nombreux autres scénarios proposés sur le site officiel du jeu.

Les plateaux des joueurs humains.
Les plateaux des joueurs humains.

Force est de constater que les chances de victoire de l’un ou de l’autre camp sont assez différentes d’un scénar à l’autre. Non pas que cela soit foncièrement déséquilibré, mais certaines quêtes - notamment la première, nommée “Les survivants” - manquent d’équilibrage. Ne prenez donc pas peur lors de votre première partie !

Mais en fait, on joue comment ?


Eh bien vous allez être surpris (ou pas) : on joue chacun son tour ! Claustrophobia reprend le principe du dungeon crawler, tout en apportant des règles sensiblement différentes.

Le joueur contrôlant les humains bénéficie de cartes personnelles pour chacun de ses personnages. Avant son tour, il lance autant de dés que de personnages en sa possession, puis place les dé sur les cartes, leur valeur définissant les capacités de déplacement, d’attaque et de défense de chacun de ses personnages.

Original, et efficace ! Car a chaque fois qu’un humain se fait toucher, il perd l’une de ses lignes, et ne peut donc plus placer un dé de cette valeur sur sa carte en début de tour sous peine de voir son personnage tellement affaibli qu’il ne pourra pas jouer durant ce tour.

De son côté, le joueur contrôlant les démons lance également les dés, mais cette fois pour les placer sur un plateau qui lui permettra d’acquérir certains pouvoirs : points d’action lui permettant de mettre des monstres sur le plateau de jeu et diverses améliorations pour ses monstres en place (meilleure attaque, meilleure résistance, déplacements plus élevés, etc.). De quoi réfléchir à différentes stratégies et, surtout, anticiper sur les tours à venir.

Les dalles du jeu, modulables à souhait !
Les dalles du jeu, modulables à souhait !

Vous voulez faire grand mal ?


Côté démons, c’est plus simple. Un seul démon peut intervenir, accompagné de plusieurs petites saloperie appelées troglodytes. Ces derniers n’ayant qu’un point de vie, ils sont beaucoup plus simples à occire...

Le joueur contrôlant les démons va pouvoir anticiper et récupérer des points d’action qui lui permettront de faire apparaître des monstres. Il va ainsi pouvoir harceler le joueur contrôlant les humains à grands coups de troglodytes.

Seul le joueur humain peut explorer les lieux. Il poche alors des tuiles qu’il remet au démon qui les placera dans le sens de son choix sur le plateau. Autant dire qu’il vaut mieux prévoir une grande table pour les parties qui traînent un peu en longueur… Heureusement, les scénarios sont généralement bien foutus et posent des limites qui permettent de jouer sur une table de taille normale.

Claustrophobia : un jeu magnifiquement démoniaque !


Je n’ai pas encore parlé de la beauté des figurines. Il est assez rare de voir des jeux de société dont les figurines sont peintes. Ici, le travail est bien fait, et renforce l’immersion et le plaisir de jeu de façon certaine.

On regrettera juste le fait qu’il soit relativement difficile de différencier les figurines de spadassins et de brutes. Chaque personnage étant uniquement différencié par sa couleur de cheveux différentes, il n’est pas rare de se tromper de brute ou de spadassin lors d’une partie. Il faut avoir l’oeil.

Les figurines pré-peintes sont superbes.
Les figurines pré-peintes sont superbes.

L’ensemble des illustrations sont un vrai régal, tant sur les cartes de jeu que dans le design des figurines. Cela ajoute un réel plaisir au jeu, et on enchaîne les parties avec un joli petit goût de reviens-y.

Les missions sont assez variées pour que l’on ait envie de les refaire, juste histoire de voir si, cette fois, la chance ne va pas tourner.


Claustrophobia, un jeu pour 2 joueurs de Croc, illustré par Bertrand Benoît et Stéphane Gantiez, édité par Marabunta pour des parties d'environ 1h.
Age conseillé : 14+.
Excellent !

Claustrophobia en quelques mots

Claustrophobia est un excellent représentant du genre Dungeon Crawler où deux joueurs s’opposent. Les mécaniques sont simples, et la stratégie est de mise, sans jamais prendre la tête. Le truc, c’est que le système de jeu est tellement asymétrique que certains joueurs pourront se sentir floués - tantôt en tant qu’humain, tantôt en tant que monstres, en fonction du scénario. Toutefois, cette relative frustration est compensé par un plaisir de jeu bien présent.

La note : 5/6 (Excellent !)