On est pas des pigeons ! Même que dans Columba, on va les attraper, parce que les pigeons, c’est pratique, ça vole loin et en plus ça peut se manger.

Un thème pas banal


Au moyen-âge, le pigeonnier était un signe ostentatoire de richesse : avoir beaucoup de pigeons signifiait que l’on avait beaucoup de terres. Cela se voyait particulièrement bien à la taille du pigeonnier, puisque chaque pigeon y avait son alcôve.

Dans Columba, chaque joueur incarne un seigneur qui va devoir étendre son territoire en capturant des pigeons.

Le jeu est un hommage à l’Histoire avec un grand H, et principalement au sud-ouest de la France où le boss de Ludocom, l’éditeur, a élu résidence. Un côté terroir parfaitement assumé qui pourrait faire peur. Les jeux qui essaient de mettre en avant une région et que l’on trouvait entre les mugs et les t-shirts à l’office de tourisme, ce n’est généralement pas un gage de qualité.

Ici, on a la preuve que ça peut être le cas… Columba est un chouette jeu de société moderne, et n’a rien à voir avec une sorte de jeu de l’oie maquillé pour mettre en avant une région.

Le plateau de jeu vous met directement dans l'ambiance.
Le plateau de jeu vous met directement dans l'ambiance.

Et puis ce n’est pas non plus le premier coup d’essai de Ludocom dans le genre puisqu’il y a eu Ariala un peu avant, et dont le sujet mettait en avant la construction du canal de Garonne.

Visuellement pas banal


Visuellement, Columba est également assez original, principalement grâce à son illustratrice, Sylvie Eder. Cette illustratrice et chanteuse (comme précisé sur la boite) semble avoir un univers bien à elle qui vient donner une vraie âme au jeu qui nous intéresse ici.

Accessoirement, c’est également la compagne de Laurent Escoffier, l’auteur de Columba. Ce dernier se fera largement remarquer pour son Loony Quest quelques années plus tard.

Le principe de Columba


Au départ, chaque joueur prend un plateau personnel et les gros pions en bois de leur couleur. Il prend également une carte de départ qu’il pose sur son plateau de jeu.

Le jeu est principalement composé de cartes carrées séparées en quatre parties identifiant les quatre terrains différents dans lesquels nichent les pigeons.Ces terrains sont de quatre couleurs : bleus, blancs, marrons et verts.

Le plateau central, après quelques tours de jeu.
Le plateau central, après quelques tours de jeu.

A son tour, le joueur pioche une carte au hasard et doit la poser dans l’aire de jeu, au centre de table. Il peut alors recouvrir certaines zones, mais dans des conditions bien précises. Il prendra alors des pions correspondant aux couleurs qu’il vient de recouvrir et les placera sur la carte de son plateau personnel.

Lorsque les quatre cases de la carte de son plateau personnel sont remplies, le joueur les met de côté. Ces pions sont alors disponibles pour pouvoir être placés sur l’aire de jeu.

C’est pour qui le plus grand territoire ? C’est pour moi !


Le but de Columba est d’avoir le plus grand territoire. Le fait de recouvrir les cartes sur l’aire de jeu n’est pas un but en soi, mais juste un moyen histoire de récupérer des pions qui nous permettront d’intervenir plus finement dans l’aire de jeu.

Et pour bloquer un territoire, il suffit de placer l’un de ses pions en bois dessus (vos pigeonniers quoi). Le truc, c’est qu’une fois que vous avez placé un pigeonnier, vous ne pourrez plus le bouger… Autant dire que Columba est une affaire de choix pas toujours évidents !

Un jeu abstrait finalement très profond


Malgré son thème bien présent et bien intégré, Columba est un jeu abstrait où c’est la réflexion et l’opportunisme qui l’emportent. Les pigeons sont bien vite mis de côté dans votre tête et seules les couleurs qui les représentent subsistent alors.

L'extension promotionnelle officia, permet d'ajouter quelques actions secondaires supplémentaires.
L'extension promotionnelle officia, permet d'ajouter quelques actions secondaires supplémentaires.

Certes, il y a un belle dose de hasard puisque les cartes sont piochées au hasard, mais ce hasard est compensé par votre stratégie.

Il faudra donc bien analyser le jeu de vos adversaires et tenter de les bloquer, et pas seulement essayer de travailler dans votre coin… Car il y en aura toujours un pour venir briser votre stratégie savamment préparée depuis plusieurs tours !

Les coups de bec sont nombreux, et Columba n’est pas pour les pleureuses, les interactions entre les joueurs sont rarement directement mais peuvent tout de même faire très mal !

Malin à 2, 3 ou 4 joueurs


Malin, et finalement assez différent ! A deux, Columba est très stratégique. A trois, c’est un peu plus le bordel, mais comme les joueurs ont moins de pigeonniers à leur disposition, cela limite relativement le chaos.

A quatre, il est intéressant de voir que l’on est dans du semi-coopératif puisque les joueurs jouent deux contre deux. Il crée alors de la discussion et des échanges - parfois animés - entre les joueurs.


Columba, un jeu pour 2-4 joueurs de Laurent Escoffier, illustré par Sylvie Eder, édité par Ludocom pour des parties d'environ 30 min.
Age conseillé : 8+.
bon petit jeu

Columba

Columba est une belle surprise. Un jeu de stratégie finalement abstrait, mais joli, tactique, et où le hasard assez présent vient ajouter la dose de piment nécessaire à créer la tension qui liera toute la partie.

La note : 4/6 (bon petit jeu)