Après l'excellent Dead Space, Visceral Games revient avec Dante's Inferno. Le résultat n'est clairement pas aussi réussi.

Le jeu se base sur la Divine Comédie, de Dante Alighieri, une oeuvre italienne considérée comme l'une des plus importantes de la littérature toute entière.
Le déroulement du jeu reprend la trame du bouquin, à savoir la descente aux enfers de Dante, en passant par les neufs cercles de l'enfer. Le principe de l'entonnoir visant à descendre au plus profond des entrailles de la terre en fonction de la gravité de ses péchés également repris, même si cela se résume à simplement descendre constamment.

Lors de différentes interviews, les développeurs ont affirmé que leur jeu ne serait pas politisé ni ne proposerait de message religieux... Or lorsque l'on joue, il est difficile de ne pas noter le discours politique et surtout religieux de l'oeuvre. On le comprend tout à fait, car le sujet de la religion est toujours quelque chose d'épineux.
Au gré de notre progression, on comprend les actes qu'a fait Dante, par le biais des phases de dessin animé au design original et agréable. Le message est clair : lors des croisades, Dante a fait couleur le sang au nom de son Dieu, mais il semblerait qu'il ait clairement été manipulé par les curés, qui sont physiquement présentés ici avec un faciès résolument diabolique. Il en va de même pour la séquence de fin, clairement anticléricale, là où La Divine Comédie se pose dans son temps : c'est à dire très pieuse.

Dante's Inferno sur Xbox 360.
Dante's Inferno sur Xbox 360.

Au delà de ces spécificités, le scénario est somme toute très classique, et surtout, le personnage de Dante n'est pas spécialement crédible ni charismatique. A beugler des "Béatrice", le nom de sa douce possédée par sa faute, il n'arrive pas à bénéficier des faveurs du joueur, et ce malgré une introduction pourtant prometteuse (la scène de la croix sur le torse, excellente).

Mais après avoir blablaté sur le fond, voyons maintenant la forme, beaucoup moins reluisante. Le gameplay n'est qu'un repompage de God of War, la classe en moins. On ressent difficilement ce sentiment de puissance propre à tout bon beat'em all. Après avoir monté les capacités de son personnage (grâce à des bonus récupérés au gré du jeu), cela se tasse un peu, sans jamais vraiment captiver.

La où le jeu devient en revanche franchement lourd, c'est au niveau des phases de plate-formes. Il va régulièrement falloir sauter de liane en liane, éviter des flammes, et activer des leviers. C'est cette dernière partie qui m'a réellement fait hésiter à continuer.
La plupart des ficelles de progression se basent sur des actions timées : activez un levier qui va faire monter une porte, et sautez de plate-forme en plate-forme afin de passer cette porte avant qu'elle se soit terminée.
A cela s'ajoute un système de check-points qui, bien que rapprochés, sont souvent mal placés : loupez un saut, crevez en tombant dans le vide, il faut vous recoltiner la baston contre les monstres précédant cette foutue phase de plate-formes.

Une relative déception par rapport à la qualité de Dead Space.
Une relative déception par rapport à la qualité de Dead Space.

Côté durée de vie, 5 ou 6 heures seulement vous seront nécessaire pour en voir le bout. C'est assez court, mais au final on passe bien plus tant on recommence souvent certaines phases de jeu.
En bref, le jeu dispose d'une excellente réalisation, d'un matériel de base accrocheur, mais le traitement est très discutable.
moyen

Dante's Inferno

Dante's Inferno n'est clairement pas à la hauteur de nos espérances. L'idée de base est sympathique, mais son gameplay bien trop rigide et surtout des phases de plate-formes particulièrement irritantes allié à une faible durée de vie en font un jeu vraiment dispensable.

La note : 3/6 (moyen)