D'ordinaire réservé au monde du PC avec des hits comme X-Wing, X3 ou I-War, le genre du space opera n'en a pas moins fait l'objet de quelques portages de qualité sur consoles de salon. On pourra citer Starlancer adapté sur Dreamcast, ou plus récemment Darkstar One sorti en 2006 sur PC et adapté sur X-Box 360 quatre ans plus tard, flanqué pour l'occasion du titre Broken Alliance. C'est de ce dernier dont il s'agit aujourd'hui...

Darkstar One relate donc l'histoire d'un jeune pilote du nom de Kayron Jarvis, qui vient de perdre son père victime d'un sabotage de son vaisseau. En guise d'héritage, il se voit léguer le Darkstar One, petit bijou de technologie équipé des tout derniers équipements. Aux commandes de ce surprenant engin, Kayron va se donner pour but de venger son père en retrouvant le responsable de sa mort, un certain Jack Forrester. Une quête qu'il devra mener en parallèle d'un conflit grandissant entre les Thul, redoutable peuple guerrier, et l'Union Galactique faisant autorité dans la galaxie. Au fil de son enquête, Kayron découvrira petit à petit que les choses sont loin d'être si simples, et que ses alliés ne sont pas forcément ceux qu'il croyait.

Doté d'un scénario relativement simple, mais également assez riche en rebondissements, Darkstar One bénéficie d'une scénarisation efficace au travers de dialogues (en anglais, sous-titrés français) faisait mouche et permettant de suivre l'histoire sans aucun souci, au même titre que les divers bulletins d'information consultables sur les terminaux des stations de commerce et permettant de se tenir constamment au courant de la situation dans la galaxie. Mais là où le soft fait fort, c'est dans l'énorme richesse de l'univers exploré. Ce ne sont ainsi pas moins de quatre cent systèmes solaires que le joueur sera amené à visiter (en utilisant l'hyperdrive via une carte stellaire affichable à n'importe quel moment), répartis en une grosse vingtaine de quadrants, eux-même divisés entre six races qui gouvernent la galaxie. Une richesse conséquente donc, basée sur un système politique des plus complexes. Chaque système solaire est constitué d'une planète (où il sera impossible de se poser, à l'exception de quelques missions du scénario principal) autour de laquelle orbite une station de commerce. C'est dans ces installations que le joueur pourra avoir accès à tout ce dont il aura besoin afin de devenir un pilote émérite. Outre les missions suivant la trame principale, il pourra ainsi s'adonner à une multitude de missions annexes dont les objectifs seront plutôt variés : élimination d'un gang de pirates, convoyage d'un conteneur de matériel de recherche, assassinat d'une personnalité ou escorte d'un convoi sont quelques exemples parmi tant d'autres des possibilités offertes par les missions secondaires de ce Darkstar One. A chaque succès à ce niveau, le joueur glanera une prime venant gonfler son petit pécule.

Un space opera sur console!
Un space opera sur console!

Outre le fait d'accepter des missions, les manières de gagner de l'argent sont légion, et chacun pourra prendre l'orientation voulue selon sa manière de jouer : faire du commerce en vendant des marchandises (légalement ou en contrebande), tuer des pirates (chaque pirate abattu donnant une prime variant entre 1000 et 3000 crédits), passer du côté obscur en pillant les vaisseaux cargo sont autant de moyens de gagner plus ou moins rapidement des crédits. Attention cependant, car chaque action agira directement sur la réputation de Kayron, déclenchant de fait des effets positifs ou négatifs. Faites un massacre dans les rangs des pirates en devenant chasseur de primes, et ces derniers vous attaqueront plus souvent à la sortie de l'hyperespace. Pillez des cargos, et vous vous attirerez les foudres de la police en gonflant votre casier judiciaire, ce qui dissuadera les marchands de vous confier des cargaisons et vous fera même refuser l'accès à certaines stations de commerce. Remplissez un grand nombre de missions, et vos services se monnaieront de plus en plus cher. Selon l'orientation prise, la partie sera donc radicalement différente (même si cela n'aura finalement aucune incidence sur le déroulement de la trame principale) ce qui octroie un gros potentiel de rejouabilité au soft. Il sera en effet possible de changer son fusil d'épaule à l'occasion d'une nouvelle partie, en devenant par exemple le bras armé d'une autorité bien précise, ou bien en passant de chasseur de primes à pirate.

L'argent collecté pourra être utilisé pour acheter de nouveaux équipements à installer sur le Darkstar One. Avant d'aborder ce sujet, il convient de faire un petit point sur le système d'évolution de ce dernier. Dans certains systèmes solaires, il sera possible de récupérer des reliques, items (au nombre total de cent) permettant une fois un certain nombre atteint de faire augmenter le niveau du vaisseau dans un domaine bien particulier. Améliorer la coque augmentera sa résistance tout en permettant d'y installer un plus grand nombre de tourelles automatiques, tandis que faire évoluer les ailes boostera la manœuvrabilité du DO tout en augmentant le nombre d'armes avant installables. Le moteur, quant à lui, augmentera la vitesse du vaisseau tout en permettant d'améliorer de manière tangible la vitesse de rechargement des armes et des boucliers. Selon le niveau atteint dans chacune de ces caractéristiques, les équipements disponibles pour chaque aspect du vaisseau augmenteront eux aussi de niveau donnant ainsi accès à des boucliers, armes et autres tourelles toujours plus performants. Le joueur devra donc faire évoluer le vaisseau selon sa manière de jouer, ce dernier pouvant aussi bien ressembler à un croiseur hérissé de tourelles, qu'à un chasseur ultra-rapide et maniable. Attention néanmoins à conserver un certain équilibre à ce niveau : si vous augmentez le nombre d'armes et que les générateurs ne suivent pas, la faiblesse au niveau de la cadence de tir rendra lesdites armes inutilisables en combat!

Au fil des niveaux gagnés par le Darkstar One, il sera également possible d'améliorer le canon à plasma via un arbre de compétences. Comme son nom ne l'indique pas, ce dernier n'est aucunement une arme mais un équipement de soutien prodiguant, une fois enclenché, divers bonus assez insignifiants au début de la partie, mais diablement utiles à la fin de cette dernière. Ainsi, le bouclier plasma ne vous permettra ni plus ni moins que d'être totalement invulnérable pendant un court laps de temps. Un bon moyen de se sortir d'une situation délicate, lorsque les boucliers conventionnels commenceront à être dangereusement bas!

Darkstar One : Broken Alliance sur Xbox 360
Darkstar One : Broken Alliance sur Xbox 360

Concernant la maniabilité durant les combats, celle ci a bénéficié d'un énorme travail de la part des développeurs afin de passer du couple clavier/souris au pad 360. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est plutôt réussi tant la jouabilié fait mouche avec son assistance à la visée aussi bienvenue que bien conçue. L'interface des menus a elle aussi été totalement repensée pour s'adapter à l'ergonomie offerte par la manette, pour un résultat tout aussi probant malgré quelques passages assez peu intuitifs (je pense notamment à l'interface d'achat d'équipements pour le Darkstar One). En grand adepte de la version PC, j'avoue avoir été quelque peu inquiet au moment de m'essayer à cette version console mais je ne peux que reconnaître mon erreur, le jeu se laissant dévorer sans anicroche.

Jusqu'ici, le bilan peut paraître extrêmement positif, mais il convient de souligner quelques points faibles du soft. Tout d'abord, ce dernier n'a pas le moins du monde évolué visuellement parlant depuis sa sortie PC quatre ans auparavant. Graphiquement daté, ce défaut est aisément pardonnable compte tenu de la beauté déjà plus que satisfaisante de la version originelle. En revanche, sont nettement moins admissibles les incessantes chutes de framerate rendant certains affrontements vraiment pénibles! Une explosion un peu trop proche, un nombre trop grand de vaisseaux à l'écran, et l'on se retrouve avec des lags insupportables et surtout inadmissibles pour un jeu de 2010. Engagez un affrontement dans un champ d'astéroïdes, et ce sera deux fois pire! Toujours sur le plan de la réalisation, quelques bugs parfois très gênants seront également de la fête, pouvant parfois carrément planter le jeu dans certaines situations précises. D'autres dysfonctionnements mineurs se mêleront également à la fête, sans pour autant nuire à l'expérience de jeu. A côté de cela, on regrettera également que la police d'écriture ne soit pas plus lisible sur des écrans cathodiques, la lecture des informations à l'écran étant quasiment impossible par moments. Enfin, malgré le grand nombre de missions annexes proposées, le joueur ne sera pas sans remarquer une certaine redondance à ce niveau, ces dernières se regroupant finalement autour d'une demi-douzaine de classes d'objectifs différentes.
bon petit jeu

Darkstar One : Broken Alliance

Objectivement, Darkstar One : Broken Alliance n'est clairement pas un hit, la faute à des limitations techniques assez incroyables pour le portage d'un jeu de quatre ans d'âge. Et pourtant, dès les premières minutes de jeu, on est irrémédiablement happé par l'ambiance de ce soft qui a cette capacité à vous garder collé à votre siège des heures durant, sans discontinuer. Probablement l'un des meilleurs space opera jamais sortis sur console, un genre peu représenté qui se dote ici d'un représentant de choix agrémenté en prime de nombreux éléments inhérents au RPG... Mention spéciale pour la mission finale qui ne sera pas sans rappeler des souvenirs aux fans de Star Wars...

La note : 4/6 (bon petit jeu)