Il y a des jeux qui sont de véritables énigmes. Deadly Premonition est-il une merde ou un jeu de génie ? A priori, un peu les deux mon capitaine.

Lorsque j'ai inséré la galette dans ma Xbox 360, je m'attendais à du moche : le jeu se traine la réputation d'être atroce au niveau de sa réalisation mais génial dans son ambiance et son scénario. J'étais prévu. Mais tout de même, ça fait vraiment mal.

Pour excuser cette réalisation totalement à la ramasse qui permet de décerner au jeu la palme du titre le plus moche sur Xbox 360 et Playstation 3, il faut revenir sur l'histoire de son développement. Au départ, il est prévu pour une sortie en 2004 sous le nom de Rainy Woods. Il sera par la suite retouché pour sortir sur Xbox 360, laissé de côté quelques temps, puis repris, pour finalement sortir en Europe dans le plus total anonymat fin 2010 après avoir eu un succès d'estime aux Etats-Unis et au Japon.

Deadly Premonition sur Xbox 360.
Deadly Premonition sur Xbox 360.

Voilà pourquoi le jeu est si moche. Passons maintenant à son contenu proprement dit. L'ambiance est assez atypique, et surtout énigmatique. Les allusions à la série Twin Peaks sont très nombreuses et totalement assumées par les développeurs qui n'arrêtent pas de faire des clins d'oeil à David Lynch. Vous êtes donc prévenus : l'ambiance est vraiment décalée, et c'est clairement ça qui fait de Deadly Premonition un jeu a ne pas rater.

Côté gameplay, c'est globalement du survival horror bien classique, piochant à la fois dans Resident Evil pour le gameplay rigide (le premier, parfaitement !), Silent Hill pour l'ambiance et la dualité des univers (monde normal / monde du tueur) et enfin Clock Tower pour le côté flippant de son tueur en ciré... heu, en série, enfin, les deux quoi.

On incarne donc Francis York Morgan, un jeune agent du FBI qui va devoir enquêter sur un énigmatique meurtre dans une petite bourgade du fin fond des Etats-Unis. Les personnages sont vraiment particuliers, avec une réflexion propre, et le ton est totalement décalé. Lors différentes scènes, on se prend à écouter avec plaisir les élucubrations du héros sur le cinéma bis des années 1980, avec notamment une allusion à l'Attaque des Tomates Tueuses, du culte quoi !

Graphiquement, il va falloir vous habituer !
Graphiquement, il va falloir vous habituer !

Tout cela donne envie de continuer. Ce qui rebute énormément en revanche, c'est le gameplay calamiteux. C'est très lent, très lourd et chiant comme la mort. Les combats sont lourds et peu précis, certains monstres resteront certainement comme les pires que j'ai pu croiser dans un jeu tant il est chiant de les abattre. Non pas qu'ils soient difficiles, mais juste longs et ennuyeux. Lors de la bataille contre le dernier boss, j'ai bien cru que j'allais y perdre ma santé mentale ! Mais l'envie de connaître la suite a été plus forte que le reste. J'ai eu beau pester contre ces développeurs à qui l'on devrait interdire de faire des jeux, je continuait en parallèle de bénir ce scénariste qui avait pondu une histoire aussi barrée.

Vous allez me dire : "oui mais pour un rétro gamer, un jeu moche, c'est pas un drame". En effet. Ce qui est plus problématique c'est que le gameplay est proprement à chier. On peut excuser la réalisation, mais pas cette manière de jouer qui, en plus d'être d'un autre âge, est clairement mal maîtrisée. On trouve par exemple des Quick Time Event qui donnent envie de partir seul sur une île désertant tant ils sont mal foutus ou passer Yu Suzuki sur la table d'équarrissage pour avoir remis au goût du jour ce principe de jeu chiant comme la mort avec le pourtant génial Shenmue.

Pourtant, les choses sont assez variées : conduire (j'ai failli m'endormir un sacré paquet de fois, on ne peut pas monter à plus de 50 miles à l'heure), se battre, et surtout discuter. Et là, même si les personnages ont l'expression d'un poireau planté dans le cul d'un lemming, on se prend à les apprécier, et surtout à vouloir connaître la suite de l'aventure.

Et elle est longue l'aventure ! Il faut compter entre quinze et vingt heures pour en voir le bout. Pour un survival horror, c'est vraiment long... mais il faudra vous calmer et avoir des nerfs solides, parce que le manque de rythme plombe une grosse partie du plaisir.

Deadly Premonition est donc totalement à part. Pour avoir un avis, il faut l'essayer, et quelques heures, quelques minutes ne suffisant qu'à se faire un avis négatif. Le jeu éclos au fil des heures, pour vous accrocher et finalement ne plus vous lâcher. C'est difficile à expliquer tant il a de défauts, mais le fait que pour moi, ça s'est passé ainsi.
bon petit jeu

Deadly Premonition

Quand on s'essaie à Deadly Premonition, on reste dubitatif. L'ambiance et le scénario sont aussi excellents que sa réalisation et son gameplay sont laborieux. Il faut vraiment l'essayer pour se faire un avis, et passer à côté serait tout de même une erreur.

La note : 4/6 (bon petit jeu)