L'arlésienne la plus réputée du jeu vidéo à fini par pointer le bout de ses pixels... quelques treize ans plus tard.

Rien que pour l'histoire du développement de jeu, il y a un énorme dossier à faire. Duke Nukem est au départ une série de jeux de plate-formes / action commercialisés sous forme de sharewares au début des années 1990. La reconnaissance arrivera réellement avec le mythique Duke Nukem 3D en 1996. Porte-étendard des Doom-like pouvant réellement rivaliser avec le hit d'ID Software, il se sera fait un sacré paquet de fans.

Mais voilà, après l'annonce d'une suite en 1997, le développement été totalement chaotique. Déjà, le jeu en lui-même ne dispose pas d'un concept clair. Au départ, il devait même proposer un gros retour aux sources et être un jeu de plate-forme action en scrolling en vue de côté ! Le développement de ce principe est abandonné au profit du FPS, économiquement bien plus porteur.

Duke Nukem Forever sur Xbox 360.
Duke Nukem Forever sur Xbox 360.

Les années passent, et les développeurs de chez 3D Realms ne semblent pas pressés de sortir leur titre. Duke Nukem Forever continue de se faire attendre, ne se dévoilant que sporadiquement au détour d'un salon de jeu vidéo. Pire que ça, les porte-paroles de la firme s’expriment tellement mal qu'ils font passer leurs techniciens pour des feignants ! A la question "pourquoi ce retard", un RP répond maladroitement "World of Warcraft". Les développeurs n'avancent pas à cause du MMORPG de Blizzard ? Peut-être, mais le pauvre RP voulait certainement avancer que le monde du jeu vidéo avait évolué, avec l'avènement du jeu en ligne notamment - et qu'ils fallait qu'ils s'y adaptent.

Adaptation, voilà le terme qui ne sied absolument pas au produit final qu'est Duke Nukem Forever. Avec toutes ces années, le résultat bancal au possible. Le titre mélange des gameplays de la fin des années 1990, avec des hordes de monstres à défourailler sans discontinuer et un manque flagrant d'ambition dans le level design. Le tout manque incroyablement de rythme.
En parallèle, des mécaniques plus récentes ont été inculquées, souvent dans la douleur : barre de vie (ou plutôt d'égo, ce qui est bien vu !) qui remonte après quelques secondes sans se faire toucher ou encore quelques scripts et interactions avec les décors.

La réalisation est totalement datée, mais cela ne m'a finalement pas tant gêné que cela. En revanche, là où j'ai clairement pris mon pied, c'est au niveau de l'univers, et de l'humour débile qui en découle. Les répliques du Duke, bien qu'en français (dommage de ne pas pouvoir avoir les voix anglaises), m'ont vraiment fait marrer. On est totalement dans le nanar assumé. Les réparties de notre gros lourdeau blond son bien pipi / caca comme je les aime. Certains pourront d'ailleurs trouver que cela joue trop la carte de la parodie d'un jeu qui était déjà à la base une parodie, mais in fine ça prend bien. C'est peut être malheureusement la seule chose réussie dans ce jeu... A part peut-être la campagne de communication, qui aurait bien contribué aux ventes initiales du jeu.

Le jeu joue la carte de la nostalgie dès les premières minutes.
Le jeu joue la carte de la nostalgie dès les premières minutes.

Malgré cela, on s'emmerde : c'est trop redondant, trop long, et la difficulté est parfois trop mal dosée. A cela s'ajoutent des temps de chargement à vous faire hurler d'impatience, ce qui fini par vous faire reconnaitre que oui, c'est un jeu au statut culte, mais que, finalement, vous n'allez peut-être pas en voir le bout...


La communication aura joué à fond la carte du second degré.
La communication aura joué à fond la carte du second degré.

à peine moyen

Duke Nukem Forever

Duke Nukem Forever est une belle déconvenue. Certes, je ne m'attendais pas au jeu de l'année (ni même du mois), mais là, c'est tout de même vraiment décevant. Il n'y a bien que l'humour totalement con qui sauve le titre du naufrage.

La note : 2/6 (à peine moyen)