Shoot semi-amateur développé pour une Dreamcast décidément increvable, l'histoire de la sortie de DUX a été émaillée de nombreux retards.

A l'origine annoncé pour la fin de l'été 2008, il aura fallu attendre le 17 juin 2009 pour voir sortir le fameux DUX. Ce jeu, on le doit à l'équipe d'Hucast.net, à savoir René Hellwing aux graphismes et game design, Martin Konrad au code et Andre Neumann au musiques et bruitages.

On en a déjà eu la démonstration plusieurs fois, le monde homebrew est généralement assez impatient. Alors quand le projet projet prend un tel retard, il n'est pas étonnant de voir les joueurs commencer à grincer des dents. D'autant que les pré-réservations ont été ouvertes dès le début de l'été 2008 et que ces tracas ont été prononcés sans grande communication (en dehors de son site Internet).
Les développeurs, visiblement à cran également, auront certaines réactions assez discutables sur les forums et en réponse des joueurs les plus impatientes, entachant l'image de Hucast de quelques pépins amers que certains ne leur pardonneront pas.

Malgré de nombreux retards, DUX est enfin sorti sur Dreamcast !
Malgré de nombreux retards, DUX est enfin sorti sur Dreamcast !

Planter de bâton monsieur DUX !
Elle est trop facile, mais j'en mourrais d'envie, désolé. Néanmoins, une fois le jeu entre les mains, force est de constater que l'on est bien loin d'une production homebrew classique. La boite est superbe, avec un boitier DVD blanc qui rappelle les jeux Wii tant à la mode. La notice est de la même trempe, et la sérigraphie du CD est tout aussi belle.

Une fois le jeu en main, le talent de René est une fois de plus mis en avant. Commençons ensuite à jouer... Et c'est là que ça commence à être moins reluisant.
Certes, graphiquement c'est superbe. Avec cette touche typiquement web 2.0 faite de doux dégradés de couleurs, DUX accuse une identité visuelle forte... mais affreusement brouillon.

C'est bien simple, on peine énormément à différencier les éléments du décor des adversaires, et surtout de leurs tirs. Très bon graphismes donc, mais game design totalement à la ramasse. Le fait que ces deux pans du jeu soient dus à une seule et même personne n'était peut-être pas une bonne chose.

Screen editeur (source : Hucast.net)
Screen editeur (source : Hucast.net)

Fort heureusement, il est possible, dans les options, de désactiver le décor de fond. Le jeu devient alors désespérément blanc, mais gagne énormément en lisibilité, ce qui permet de réellement apprécier sa partie. Il est tout de même dommage de devoir choisir entre un jeu graphiquement vide mais jouable et un beau jeu totalement confus.

L'autre soucis vient de la vision. On a la mauvaise impression d'être étriqué, d'être trop près. Les sprites sont-ils trop gros ? Je ne sais pas exactement, mais cela allié à la difficulté très élevée (et non réglable !) fait que le joueur ressent immanquablement un sentiment de frustration. Tout du moins dans les premières parties.
Ensuite c'est quitte ou double. Soit on aime les jeux à la R-Type, où il faut apprendre par coeur dans la douleur, soit on laisse bien vite tomber de peur de tout foutre par la fenêtre : jeu, console, télé, et le chien s'il se met à aboyer.
Pourtant, même le diabolique Rayxanber 2 sur PC Engine ne m'avait pas fait cet effet de frustration intense que j'ai ressenti en jouant à DUX. Je dois également avouer que R-Type n'est clairement pas ma tasse de thé.
moyen

DUX

DUX est à réserver aux amateurs de shoots à mémoire, sous peine de se décourager bien trop vite. Malgré un excellent enrobage, on sent bien que le jeu est amateur, ce qui conduit à le juger peut-être un peu trop durement.

La note : 3/6 (moyen)