1997. Lors de la conférence de presse Warp, Kenji Eno présente son nouveau jeu, Enemy Zero. Et c'est à la fin de la présentation que, sous les yeux médusés des pontes de Sony se targuant d'avoir l'exclusivité du jeu, le logo Playstation, triomphal, se mue narquoisement en celui de la Saturn. Un démarrage qui aura fait beaucoup de bruit pour déboucher au final sur un jeu complètement barré mais doté d'un atout majeur : un concept béton.

Enemy Zero c'est tout d'abord la suite spirituelle de D, ou presque. En effet, à l'instar de D sorti quelques temps plus tôt, Enemy Zero nous propose de retrouver la même héroïne, prénommée Laura (Palmer ? Non, pas loin) Lewis.

Le scénario n'est pas à proprement parler "basique" mais on peut parler sans problème de décalque d'Alien... En gros, vous êtes sur un vaisseau spatial et tous les membres de l'équipage se sont fait bouffer par un monstre sanguinaire (sauf vous bien sur, sinon pas d'intérêt). C'est limite plagiat mais bon, ça passe, et puis ce n'est pas désagréable (niveau script, disons que c'est préférable de plagier Alien plutôt qu'un film de Jean-Claude).

Enemy Zero, un pur jeu de flippe.
Enemy Zero, un pur jeu de flippe.

Alors maintenant pour le fameux concept. Le jeu reprend les bases de D au niveau exploration (à savoir que c'eeeeeesssst leeeeeeennnnt mais si on aime on ne compte pas) et rajoute une partie pseudo-FPS qui donne tout son piment au soft : l'ennemi est ici invisible, le son sera le seul moyen pour vous de le repérer. Et là vous pouvez commencer à flipper grave. Parce que ce jeu est un modèle de difficulté, et pas dans le sens gentillet, non, dans le sens qui fait mal. Pas glop, quoi.

Si vous comptez le finir, ne serait-ce qu'avec un score moyen, il va falloir vous accrocher. Surtout que les sauvegardes sont gérées au score, et chaque sauvegarde enlève des points : le compteur est à zéro ? Vous ne pouvez plus sauvegarder. Ce qui fait que vous avez intérêt à gérer et vu la difficulté du soft je peux vous garantir que ça ne va pas se réaliser d'un claquement de doigts, ooh non ! Parce que au début vous allez bouffer du Game Over au petit-dèj, au midi, au dîner et avec beaucoup de rab'. Surtout qu'il y a 4 cd et donc pas mal de fun en perspective.

Mais si vous accrochez au concept, vous allez adorer et en redemander parce qu'il faut bien avouer que l'idée de base est génialissime : le must est d'y jouer tard, la nuit, avec une bonne stéreo voire idéalement avec un 5.1 et là l'immersion est totale. Le moindre bruit suspect peut vous faire sursauter et le 'ding' du détecteur de présence est craint à chaque instant (tiens un détecteur de présence, un petit coup d'Alien en plus). Détecteur de présence qui est d'ailleurs absent du dernier niveau, le chemin de croix du gamer acharné...
bon petit jeu

Enemy Zero

En bref, Enemy Zero est un jeu qui ne plaira pas à tout le monde, bien loin de là. En effet, comme la plupart des productions du studio, il a une forte propension à diviser l'opinion publique. Personnellement, j'adore ce jeu, j'y joue régulièrement et je me plais à errer dans les stages, le dolby à fond, dans le silence total, rien que pour casser de l'alien invisible.

La note : 4/6 (bon petit jeu)