Allez moussaillons, c’est parti pour une bonne virée en mer ! C’est toujours aussi excitant de jeter des poignées de dés, surtout quand on est un pirate.

Ignacy Trzewiczek se met au jeu de société familial ?


Alors déjà, arrêtez d’essayer de prononcer le nom de l’auteur à haute voix, ce n’est a priori pas possible si vous n’êtes pas d’origine slave.

Quand on voit la boite de Galions, Canons & Doublons, avec son artwork cartoon du plus bel effet, et que l’on lit l’accroche, “Un jeu de dés, de Cape et d'Épée pour 2 à 5 pirates”, on se dit que l’on tient là un jeu familial que l’on pourra sortir chez papa et maman quand tonton et tata seront là.

Bon, déjà on ne peut y jouer qu’à cinq maximum… Mais ce n’est finalement pas ça le problème. Le truc, c’est que même si le jeu est basé sur des dés et que son design est très accessible, ses règles, elles, le sont beaucoup moins.

Comment on joue à Galions, Canons & Doublons ?


Eh bien on joue avec des dés. Chaque joueur dispose de dés correspondant à sa couleur et qui correspondent aux bateaux de sa flotte.

La boite, c'est la mer, et les dés, ce sont des bateaux, vous suivez ?
La boite, c'est la mer, et les dés, ce sont des bateaux, vous suivez ?

Galions, Canons & Doublons se base sur des scénarios (la boite en contient trois, dont un d’initiation). Chaque manche se déroule comme suit :
- On part à l’aventure (c’est à dire en mer)
- On revient au port pour dépenser son butin

C’est évidemment la première phase qui va vous prendre le plus de temps. Chaque aventure se base sur une carte tirée aléatoirement, et qui vous spécifie ce qu’il faut faire durant cette aventure. Elle définit également les navires adverses (c’est à dire les dés) que vous allez pouvoir couler.

Car dans Galions, Canons & Doublons, les dés correspondent aux bateaux et la boîte de jeu correspond à la mer ! C’est clairement le principal trait de génie qui donne tout son charme au jeu.

Au début de l’aventure, chaque joueur défini combien de bateaux (c’est à dire de dés, vous suivez ou pas ?) qu’il va envoyer. On mélange l’ensemble les dés des joueurs avec les dés des bateaux adverses, et on jette sauvagement le tout dans la boite du jeu (qui correspond à la mer, vous me suivez toujours ?).

On active alors les pouvoir spéciaux des dés adverses, en fonction des faces sur lesquelles ils sont tombés.

L'espace d'un joueur, avec ses dés, son bateau et son personnage.
L'espace d'un joueur, avec ses dés, son bateau et son personnage.

C’est ensuite le tour des joueurs, qui peuvent influencer le hasard en utilisant leurs voiles pour se déplacer ou leurs canons pour tirer.

Ensuite, c’est la bataille finale, où les bateaux se coulent les uns les autres en fonction de leur emplacement et de leur résultat sur le dé. Chaque bateau que vous coulerez vous rapportera de l’argent… mais chacun de vos bateaux coulé vous coûtera un butin pour le réparer.

Une fois que l’on a terminé l’aventure, on pioche des butins au hasard. Toutefois, ils n’est pas possible de les stocker tous ! Vous ne pouvez en porter qu’un par bateau (c’est à dire par dé). Vous pourrez éventuellement en transporter plus si vous achetez une cale (lors de votre retour au port).

Cela vous donnera forcément à réfléchir sur ce que vous souhaitez garder.

Retour au port


Lors du retour au port, vous allez dépenser votre butin. Vous pourrez échanger du rhum contre un pirate qui vous donnera divers bonus, ou encore acheter un nouveau canon, une cale ou une nouvelle voile.

Le retour au port : il y a de quoi faire !
Le retour au port : il y a de quoi faire !

Vous pourrez également acheter des améliorations, qui vous permettent de vous doter de pouvoir spéciaux que les autres joueurs vous envieront forcément !

Enfin, vous pourrez également acheter des points de victoire, sachant qu’à la fin du jeu, c’est votre argent et ces points de victoire qui désignent si, oui ou non, vous êtes le plus grand pirate du jour.

Un jeu pas vraiment complexe, mais surtout brouillon


Bref, vous n’avez pas forcément bien compris toutes les règles en lisant ma prose dans les paragraphes précédents ? C’est normal, car si vous y jouez sans quelqu’un qui connaît bien le jeu, vous allez en chier.

Après tout, on n’a jamais dit que la vie de pirate, c’était facile. Mais bon, c’est tout de même rageant d’avoir autant de questions qui restent sans réponses.

Vous n’aimez pas les jeux basés sur la chance ? Alors passez votre chemin


Oui, avant de jouer à Galions, Canons & Doublons, il est important de savoir une chose : le jeu est régulièrement injuste. C’est même clairement stipulé dans la règle, et l’auteur s’en excuse.

Venant de l’auteur du génial Robinson Crusoé : aventures sur l’île maudite, voir un jeu sortir comme Galions, Canons & Doublons est assez destabilisant.

Il faut donc le prendre pour ce qu’il est : un jeu de fun, où les coups bas sont légion et très largement encouragés par les règles, et où la chance est omniprésente.

En gros, votre boulot, c’est de vous équiper en conséquence afin de vous armer pour pouvoir influencer cette chance. Mais rien de plus. A cela s’ajoute un dose de gestion afin de pouvoir optimiser au mieux le transport de vos butins.

Un jeu qui aurait mérité d’être plus épuré


Régulièrement dans Galions, Canons & Doublons, on ressent un côté “pas fini” vraiment désagréable. Déjà dans les règles, auxquelles on se réfère beaucoup trop souvent durant les premières parties.

Pire que ça, mes premières parties ont évolué au niveau des règles, le puzzle se mettant peu à peu en place. Non pas que les règles soient réellement complexe, c’est juste qu’elles sont nombreuses et pas toujours très claires.

Mention spéciales aux cartes de scénario qui sont régulièrement trop imprécises et peuvent créer des désaccords sur leur signification autour de la table. Vraiment dommage.

Et pourtant, ça marche !


Quand on s’est armé contre la malchance, contre la haine de ce connard d’autre joueur qui vient vous pourrir la vie avec ses pouvoirs spéciaux de merde, et ces saletés de dés qui ne tombent jamais au bon endroit ni sur la bonne face, on se dit que Galions, Canons & Doublons est tout de même sacrément original et, finalement, bien agréable.

Après, comme vous venez de le lire, c’est un jeu qui demande clairement à être essayé avant de pouvoir se faire un avis, tant il se démarque de la production actuelle dans le jeu de société. De mon côté, malgré quelques moments de rage aveugle après ces règles imprécises et cette chance si versatile, j’ai pris beaucoup de plaisir à enchaîner les parties.


Galions, Canons & Doublons, un jeu pour 2-5 joueurs de Ignacy Trzewiczek, édité par Edge pour des parties d'environ 45-60min.
Age conseillé : 8+.
bon petit jeu

Galions, Canons & Doublons en quelques mots

Galions, Canons & Doublons est très original. Basé énormément sur la chance, il s’avère être un faux jeu familial, dans le sens où ses règles sont relativement complexes. A essayer avant de vous forger votre propre avis.

La note : 4/6 (bon petit jeu)