Kratos revient, mais il a bien changé. Après des aventures qui commençaient à s’essouffler, notre Dieu change de mythologie, et surtout : il est papa.

Une série qui commençait à tourner en rond


Si les deux premiers épisodes de God of War, sortis sur Playstation 2, étaient juste dantesques, les suivants avaient positionné la franchise sur une mauvaise pente, celle consistant à se reposer sur ses acquis.

On retrouvait donc ce qui faisait l'ADN de la série : du bon gros beat'em all, des scènes et adversaires aux proportions démesurées, et une réalisation dantesque qui pousse la console dans ses derniers retranchements.

Dès le début de l'aventure, Kratos se la pète façon Schwarzy dans Commando.
Dès le début de l'aventure, Kratos se la pète façon Schwarzy dans Commando.

Mais voilà, au bout d'un moment, il est temps de changer les ingrédients, voir la recette elle-même, et c'est clairement ce que fait God of War sur PS4.

Un reboot, une suite ? Les deux mon capitaine !


Ce God of War n'est pas un reboot de la série, c'est au contraire une suite : tout ce qui s'est passé dans les précédents épisodes est toujours bien présent, même si Kratos semble bien peu motivé pour l'évoquer auprès de son fils.

Toutefois, si ce n'est pas une suite d'un point de vue scénaristique, c'est un sacré reboot en termes de mécaniques et de gameplay. Ici, le jeu se modernise, mettant le beat'em all old school de côté pour un système de combat plus proche de celui d'un Dark Souls.

Entre Kratos et Atreus, ce n'est pas toujours l'entente cordiale.
Entre Kratos et Atreus, ce n'est pas toujours l'entente cordiale.

Après Zeus, Odin


Kratos a migré bien plus au nord, et visiblement, pas mal d'années ont passé.

Les dieux grecs sont donc remplacés par les dieux nordiques... Mais dans les deux cas, Kratos ne semble pas les porter dans son coeur.

Le jeu commence de façon assez abrupte, on ne sait pas trop ce que l'on fout ici. On sent clairement que l'on est à l'opus zéro d'une nouvelle saga, celle de Kratos dans le monde des Vikings.

Oui, la réalisation de God of War est vraiment splendide.
Oui, la réalisation de God of War est vraiment splendide.

Et c'est plutôt sympa, car on découvre que l'on ne connait finalement pas très bien ce monde, ses dieux et ses mythologies.

"Je suis ton père"


Bon ok, God of War ne se la joue pas Star Wars, mais retrouver Kratos avec un enfant a quelque chose de déroutant.

Le rapport entre les deux est pour le moins compliqué. Il faut dire que la mère du garçon vient de décéder et que père et fils, pour répondre à la dernière volonté de la défunte, se rendent sur le plus haut sommet du monde pour y disperser ses cendres.

Certains passages ne sont pas vraiment très accueillants.
Certains passages ne sont pas vraiment très accueillants.

Et forcément, cela ne sera pas aussi simple qu'une petite marche en montagne. L'occasion de comprendre un peu mieux les liens entre le père et le fils, qui sont plutôt bien rendus, bien que très prévisibles.

En ce sens, le scénario est simpliste, mais les personnages sont réussis. Une fois le jeu terminé, on regrette que les informations soient si... spartiates.

Un level design chiadé, mais rétrograde


Le level design fourmille d'éléments cachés. L'ensemble possède un côté metroidvania souvent frustrant : "ah, là je ne comprend pas comment atteindre ce coffre, je pourrai le faire plus tard je pense, ou pas".

Le hub central du jeu...
Le hub central du jeu...

Car les aller-retours sont très nombreux entre les différents lieux visités. Et lorsque l'on revient, on a acquis différents pouvoirs et, souvent, les lieux eux-même ont changé (notamment le niveau de l'eau qui évolue sans cesse).

C'est bien foutu, mais c'est également ultra rigide et totalement daté. Le fait de voir un coffre et de ne pas pouvoir l'atteindre tout simplement parce que Kratos ne peut pas passer par dessus un petit muret ou refuse de sauter alors qu'il passe sans problème par dessus des précipices est particulièrement frustrant.

C'est juste honteux de retrouver ça dans un jeu de 2018. Surtout que l'ensemble n'a rien d'ouvert, c'est juste un amas de couloirs à suivre, ce qui fait que les lieux traversés ont beau être magnifiques, il se ressemblent finalement tous beaucoup.

Le bestiaire est plutôt... original.
Le bestiaire est plutôt... original.

Mais c'est quoi cette hype autour de God of War ?


Gof of War est un très bon jeu, mais je ne comprend pas les 10/10 qui pleuvent et les critiques dithyrambiques qui sortent de partout.

Je suis régulièrement sorti du jeu à cause de ce level design beaucoup trop rigide et téléguidé. Sans arrêt, on se dit "ah non, là les développeurs n'ont pas voulu que je fasse ça", et hop, on sort encore un peu plus du jeu !

Les mécaniques sont un patchwork de tout ce qui fonctionne bien maintenant : un scénario simple, prétexte à une grande aventure avec des personnages bien écrits, des phases de combat à la dark souls, du loot dans tous les sens pour améliorer son équipement, un monde pseudo ouvert où l'on peut aller et revenir.

Vous vous ferez même de nouveaux amis.
Vous vous ferez même de nouveaux amis.

Derrière sa pléthore de contenu, God of War est fait pour toucher le grand public : ne pas se prendre la tête, quitte à se reposer sur des mécaniques à la mode. Et là dessus, Assassin's Creed Origins s'en sorte mille fois mieux.

Je me dit que, vu que les testeurs de jeu ont vieilli, beaucoup sont devenus parents. Du coup, ce lien entre Aterus et Kratos doit certainement beaucoup les toucher, ce qui fait qu'ils en oublient les défauts du jeu... Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
Excellent !

God of War

God of War est très bon, mais à mes yeux il n'est clairement pas digne de la note maximale, la faute à un level design certes très travaillé, mais finalement trop rigide pour être fun.

La note : 5/6 (Excellent !)