Moi qui suis fan de Moyen- ge et de châteaux forts, Guédelon m’a toujours attiré, d’autant que ce n’est pas rès loin de chez moi. Alors quand un jeu de plateau sort sur le sujet, je ne peux que me précipiter dessus !

Ils construisent un château fort !


C’est par ces mots que les premières campagnes de communication, lancées aux environs de 1997, ont commencé à faire parler de Guédelon. D’abord dans la région (l’Yonne), puis un peu partout en France et même au delà.

Il faut dire que le challenge était assez incroyable. L’objectif était simple, mais semblait insurmontable : construire un château fort uniquement en utilisant les techniques de l’époque. Cela a donné une sacrément belle aventure qui continue toujours à l’heure où j’écris ces lignes.

Au départ, la construction devait prendre 25 ans… Mais il y a eu un peu de retard. Normal dans le milieu du bâtiment non ?

Plus sérieusement, la construction du château de Guédelon a permis aux archéologues de reconstruire de façon empirique les techniques de construction du Moyen- ge, ce qui a fait avancer l’histoire.

La mise en place de Guédelon.
La mise en place de Guédelon.

Un Kickstarter réussi


Au départ, le jeu a été lancé via Kickstarter. Cela peut paraitre relativement étonnant dans le sens où le matériel est très classique, et relativement peu fourni, là où la plateforme de financement participatif cartonne plutôt pour des superproductions faites de boîtes remplies de figurines. On peut imaginer que c’était histoire de mesurer l’intérêt du public pour un tel jeu.

Le résultat a été relativement humble : 11 601 € récoltés auprès de 298 contributeurs. Autant dire que ça n’a pas déchaîné les foules… Il faut dire que le sujet est tout de même très particulier. On imagine que le jeu se vendra mieux sur les étals de la boutique de souvenirs de Guédelon.

Côté matos, cela ne surprendra pas les habitués de chez Asyncron : c’est particulièrement soigné.

Pour les illustrations, je suis plus mitigé. Elles ont été réalisées par Jean-Benoit Héron, l’illustrateur officiel de Guédelon. Autant sur les brochures, ce style très classique fonctionne plutôt bien, autant dans un jeu de société moderne, cela lui donne un côté daté qui n’est pas forcément bienvenu. En tout cas, cela reste très joli.

Bien plus qu’un simple jeu publicitaire


A l’image d’un Monopoly Star Wars ou des adaptations à la con du jeu de l’oie pour le skinner aux couleurs d’une région (remarque, ça peut plaire à ta grand-mère), Guédelon Le Jeu est un vrai jeu de société moderne.

Votre objectif : construire le château fort !
Votre objectif : construire le château fort !

Votre but est simple : arriver à construire le château avant la fin du délais imparti, c’est à dire entre 1228 et 1245, soit 18 tours. Pourquoi pas entre 1997 et 2015 ? Car le château est bâti selon les mêmes méthodes que celles utilisées au XIIIème siècle. Il était donc plus réaliste d’utiliser une chronologie de l’époque.

Un jeu coopératif accessible


Chaque joueur incarne un œuvrier (oui, ça se dit comme ça en vieux français) qui va devoir contribuer à la construction de Guédelon. Pour ce faire, il va placer son pion œuvrier sur les différents endroits du plateau pour effectuer diverses actions, en fonction de l’endroit où il se trouve.

Tout tourne autour des matériaux : l’argile, que l’on transforme en tuiles, le bois, que l’on transforme en charpente, et la pierre, que l’on taille. Chaque partie du château demande donc un certain nombre de ces éléments pour pouvoir être construite. A chaque partie du château que l’on construit, on enlève le pion en carton correspondant, laissant apparaître le château dans sa version finale.

Mais cela ne suffit pas ! Car il faut également du mortier pour pouvoir commencer la construction des différentes parties du bâtiment, et des cordes pour pouvoir bâtir en hauteur. Autant de choses à travailler, et à anticiper, car le temps est compté !

Des visiteurs casse-pied


Guédelon tire une bonne partie de ses revenus de la présence des visiteurs, qui viennent admirer l’évolution des travaux et découvrir les techniques utilisées à l’époque. Une sorte de parc d’attraction culturel, un musée en live.

Le plateau du joueur, simple et efficace.
Le plateau du joueur, simple et efficace.

Et cela s’intègre parfaitement dans les mécaniques du jeu ! Régulièrement, des meeples viendront faire un périple sur le plateau. Et lorsque l’un d’entre eux est sur une case, vous ne pouvez pas utiliser l’action de cette case… Frustrant non ? Et en plus, vous devrez les initier, sinon, ils ne pourront pas quitter le plateau !

Cela me fait me poser la question : est-ce que les ouvriers de Guédelon voient les visiteurs comme des casse-couilles qui ralentissent leur travail ? Certainement, et c’est une façon humoristique de le souligner.

Idéal en solo… ou à quatre


Comme souvent dans ce genre de jeu, l’effet leader est énorme, et rien n’est fait ici pour le limiter. Ainsi, c’est certainement la configuration à deux joueurs qui est la moins fun, car l’un des deux prendra forcément le commandement à un moment ou à un autre.

A quatre, cela force les gens autour de la table a s’accorder. Les parties sont alors beaucoup plus longues, mais l’intérêt est également décuplé.

A noter que la version solo est loin d’être anecdotique. Via un petit ajustement, on s’y retrouve bien et on prend plaisir à construire son château, tout seul.

Avouez que c'est tout de même plus joli lorsque le château est enfin construit, non ?
Avouez que c'est tout de même plus joli lorsque le château est enfin construit, non ?

Un principe sympathique, mais qui manque de renouvellement


Le jeu tourne très bien, les mécaniques ne sont pas très originales, mais fonctionnent parfaitement. Le jeu ira parfaitement pour du jeu en famille (l’effet leader permettant de jouer avec des enfants), où même pour les amateurs de jeux coopératifs (le jeu proposant divers niveaux de difficulté).

Le seul soucis, c’est que la stratégie est sensiblement toujours la même. La difficulté du jeu est réglée par les cartes événement - comme souvent dans les jeux coopératifs. Cela ajoute également une certaine variété aux parties, mais cela ne suffit malheureusement pas pour enchaîner des dizaines de parties…

Mais finalement, ce n’est peut-être pas l’objectif du jeu, son objectif premier étant peut être de vous faire découvrir Guédelon tout en jouant à un jeu de société qui n’a pas à rougir au sein de la production actuelle.


Le tombereau, pour porter plus de matières premières, est particulièrement volumineux.
Le tombereau, pour porter plus de matières premières, est particulièrement volumineux.



Guédelon Le Jeu, un jeu pour 1-4 joueurs de Xavier Faure, illustré par Jean-Benoît Héron, édité par Asyncron pour des parties d'environ 60min.
Age conseillé : 7+.
moyen

Guédelon Le Jeu

Guédelon Le Jeu est beaucoup plus qu’un souvenir promotionnel. C’est un vrai jeu de société moderne très sympathique à découvrir et à jouer. Son manque de renouvellement d’une partie à une autre ne lui donne pas une énorme durée de vie, mais vu la pléthore de jeux qui sortent actuellement, est-ce réellement un problème ? Car vous pourrez enchaîner un certain nombre de parties avant de commencer à voir pointer la lassitude.

La note : 3/6 (moyen)