En
effet, il faut classer les machines informatique en trois
familles : les micro-ordinateurs, les mini-ordinateurs,
et les mainframes. Mais commençons par voir comment tout
cela est arrivé.
Les
premiers ordinateurs prennent naissance durant la seconde
guerre mondiale, et même un peu avant. On ne sait pas
trop qui à inventé quoi : tout le monde a aux lèvres
les fameuses lettre ENIAC, inventé en 1947 pour l’armée
américaine. Mais on peut même remonter quelques années
auparavant en Allemagne, où en 1937 des chercheurs avaient
mis au point une grosse machine permettant de réaliser
les calculs beaucoup plus rapidement que l’homme. La Seconde
Guerre Mondiale fut ce qu’elle fut, avec ses massacres
et autres atrocités, mais elle a indéniablement fait décoller
les technologies.
Néanmoins,
on ne peut pas encore classer ces ordinateurs dans un
des trois domaines sus-cités, ils font figure de dinosaures
et rien d’autre. A titre d’exemple, l’ENIAC était aussi
grand qu’un terrain de basquet et consommait énormément
d’électricité : lorsque l’on allumait la machine,
les lumières de la ville dans laquelle il était implanté
baissaient ! Techniquement, la machine fonctionnait
avec des tubes à vide, par milliers, montés en série,
tout ceux qui connaissent un peu l’électricité l’auront
compris, la machine était un casse tête à elle toute seule :
une seule lampe grillée l’empêchait de fonctionner !
La bête n’avait évidemment pas d’écran,
on se servait de lampes afin de compter les chiffres donnés.
Concernant l’entrée des données, on se servait de cartes
perforées, déjà très utilisées par les machines IBM qui
se chargeaient alors des recensement, et pas encore d’informatique
à proprement parler.
Mais
laissons-là les ancêtres pour nous lancer dans leur descendants.
L’ENIAC
évoluera en UNIVAC, avec une utilisation toujours aussi
confinée et limitée aux seuls militaires et gouvernements
les plus fortunés. Le monde de l’informatique n’en est
encore qu’à ses balbutiements puisque certains acteurs
majeurs du secteur diront à l’époque qu’il n’existe guerre
plus de place que pour quatre ordinateurs dans le monde.
La phrase fait maintenant sourire, mais elle souligne
les murs que certains ont du franchir afin de populariser
ce qui fait aujourd’hui notre vie quotidienne.
src="hist/mainframe/eniac.jpg" align=right>Mais pourquoi ne pas utiliser ces machines, dont le prix
ne cessait de baisser, dans le milieu professionnel ?
L’évolution donnait de grand écarts de prix et de puissance,
mais leurs capacités, même si elle étaient largement inférieures
aux nouveaux calculateurs de l’armée, suffisaient largement
pour automatiser de nombreuses tâches.
La
brèche était ouverte, des grands noms comme IBM l’ont
très vite compris pour dominer le marché. On trouve aussi
d’autres challengers de taille comme les français de chez
Bull, qui proposaient des mainframes très bien pensés,
selon les personnes qui les ont utilisées.
Ces
machines fonctionnaient encore à base de cartes perforées,
principe qui sera utilisé très tard, jusque dans le début
des années 1970. Toutefois, elles restaient extrêmement
onéreuses, et étaient ainsi réservées aux entreprises
les plus grosses, disposant d’assez de moyens pour pouvoir
pérenniser ce type d’achat. Le nombre d’ordinateurs n’a
donc pas vraiment décollé à cette époque. D’ailleurs la
plupart des machines étaient louée, une technique qu’IBM
utilisait depuis le début du siècle avec ses trieuses.
Les
technologies, déjà à cette époque, évoluaient très vite :
les machines gagnaient en puissance tout en baissant leurs
prix. Par contre, les systèmes étant propriétaires, une
machine pouvant fonctionner des années sans poser le problème
du renouvellement, un autre problème se posait :
le client était captif de son vendeur informatique, car
changer de système impliquait obligatoirement une remise
à niveau de tout le personnel à un nouveau système totalement
différent.
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Peu à peu, une nouvelle gamme de produits
à trouvé sa voie, les minis, ces mainframes ultra lights
permettaient de réaliser bon nombre de travaux que pouvaient
réaliser leur aînés. Relativement peu coûteux, ils permettaient
de brancher un réseau en entreprise sans problèmes, permettant
d’automatiser la comptabilité par exemple. Arrivée dans
les années 1960, cette famille à réellement pris de l’ampleur
à partir des années 1970. Chaque utilisateur disposait
d’un terminal relié directement au serveur qui centralisait
toutes les données et traitements.
Physiquement les machines ressemblent
beaucoup à nos PC… en beaucoup plus gros ! Une tour
de mini fait environ quatre à huit PC de type moyen tour
empilés les uns sur les autres sur deux colonnes. Ils
restent tout de même beaucoup moins gros que les mainframes
qui, eux, atteignent la taille d’une armoire. Les tailles
sont restées sensiblement les mêmes à partir de l’utilisation
de la technologie Bus, inventée par Digital, qui a permis
de
class=SpellE>réduir la taille des mainframes d’une pièce à une celle d’une
armoire.
Suivant
le même ordre d’évolution, c’est à dire de miniaturisation,
est arrivée la dernière famille, celle que nous connaissons
tous : la micro !
Dès 1970,
la miniaturisation fait rage, avec notamment la présence
de plus en plus systématique du transistor, pourtant déjà
assez ancien puisqu’il a été inventé par les laboratoires
Bell en 1947. On trouve en premier lieu l’
class=SpellE>Altair, créé par un français, André Truong.
Cette machine est facilement assimilable à une grosse
calculatrice, mais préfigure tout de même quelque chose
d’important.
On
trouve ensuite, dès la seconde moitié des années 1970,
bon nombre de micro-ordinateurs réservés à un public professionnel.
En vrac, on peut ainsi parler de l’Apple I, du Model I
de Tandy, et encore bien d’autres. IBM mettra le temps
avant de se rendre compte que ce nouveau marché avait
un gros potentiel, il mettra en place à la va-vite une
équipe de vingt personnes chargée de trouver la solution
ultime, qui donnera en 1981 l’IBM PC (pour
class=SpellE>Personnal Computer). Le succès est vite impressionnant :
face à d’autres concurrents de taille comme
class=SpellE>Atari ou Commodore, Big
class=SpellE>Blue se taille la place de leader du marché. Son secret :
l’ouverture, l’IBM PC devient un standard bientôt suivi
par Compaq, HP et bien d’autres grands noms de l’informatique.
Tout ce
petit monde va évoluer très vite…
src="hist/mainframe/ibm_pcxt.jpg" align=right
hspace=12 v:shapes="_x0000_s1028"> Aujourd’hui
le monde de la micro est presque exclusivement réservé
au PC, Apple tente de remonter la pente, mais reste un
challenger. Les réseaux de micros se généralisent, allant
même jusqu’à s’intégrer à la maison.
Mais les autres familles n’en
sont pas pour autant perdues ! On trouve encore bon
nombre de minis, toujours dans les entreprises, avec par
exemple la gamme AS/400 d’IBM. Ils sont toujours utilisés
en tant que serveurs, mais avec cette fois des micros
en guise de postes clients et non plus des terminaux.
Les
utilisations sont diversifiées : par exemple, ce
sont des minis qui s’occupent de gérer les distributeurs
de billets. Il en va de même pour toutes les activités
où l’erreur n’est pas permise. C’est vrai qu’avec un serveur
Windows NT, il faut souvent se méfier…
Les
mainframes sont toujours aussi peu nombreux et aussi coûteux
(plusieurs millions de francs, contre environ 100 000
francs pour un mini), et servent toujours à effectuer
des gros calculs, on les retrouve dons dans le monde de
la recherche, les universités et les entreprises qui ont
besoin d’une capacité de calcul énorme. Le plus connu
des mainframes est le Cray,
une gamme qui s’est étoffée au fils des ans.
On
voit donc que le monde de la micro-informatique n’est
que le dessus de l’iceberg Informatique. On parle souvent
d’IBM, non pas parce qu’il a inventé le standard PC, mais
bien plutôt parce qu’il est premier dans le domaine de
l’informatique, et ce très loin devant Microsoft !
Il n’y a qu’à voir ses usines de productions de gros systèmes,
situées à Montpellier pour la France, pour s’en rendre
compte.
Un
grand merci à Yves (http://www.bolo.ch)
pour la photo de l’IBM System/3 !