Comme son nom l’indique, dans Histoires de Hobbits, vous allez devoir vous raconter des histoires. Attention, cette chronique peut contenir des morceaux de hobbit.

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne histoire, quand on a une bière à la main


Le principe de Histoire de Hobbits rappelle celui du vénérable Il Était une Fois, sorti chez Asmodée en 1993. Il est donc ici question de raconter des histoires en fonction des cartes que l’on a en main, et en les plaçant sur un plateau central.

Pour corser la chose, vos adversaires vont pouvoir jouer des cartes événements pour venir pourrir votre histoire. “José le hobbit à poils roux se baladait dans la forêt”. Vous posez alors une carte “Taverne accueillante” pour continuer votre histoire, mais l’un de vos adversaires joue un “Troll des bois” en s’écriant : “Mais non ! Il n’a jamais trouvé la taverne puisqu’il est tombé sur un troll des bois !”.

Pour savoir si cette carte événement peut être jouée, l’adversaire joue un dé. Si sa valeur est supérieure à la valeure de la carte, le conteur doit adapter son histoire à cette nouvelle carte à la place de celle qu’il a posé.

L’histoire se termine quand le conteur a posé des cartes sur les 5 emplacements du plateau central, ou quand il n’a plus de cartes et qu’il s’est une fois de trop fait contrer par un adversaire.

Chaque joueur bénéficie d'un dessous de verre. A côté, les points de victoire à piocher au hasard et le dé à dix face qui vous permettra de savoir si vos objections sont retenues ou pas.
Chaque joueur bénéficie d'un dessous de verre. A côté, les points de victoire à piocher au hasard et le dé à dix face qui vous permettra de savoir si vos objections sont retenues ou pas.

Très fun lors des premières parties


Lors de la première partie, c’est un peu comme lorsque l’on parle une langue étrangère : on a un peu honte de commencer à raconter son histoire.

Puis l’assurance vient vite, et on se prend à avoir envie de raconter une autre histoire, puis une autre… On prend également plaisir à écouter les histoires des autres, tout en tâchant de les contrer avec les cartes événement que l’on a en main. Quand c’est possible, car la pose de ces cartes est basée sur la chance… et de la chance, il y en a un peu trop dans Histoires de Hobbits.

Beaucoup trop de chance, et un comptage de points totalement à l’ouest


Toutes les mécaniques du jeu sont basées sur la chance. Pour raconter des histoires, le hasard des cartes est une très bonne chose. En revanche, pour les jets de dés et l’utilisation des cartes événements, c’est tout autre chose.

Dans un party game, souvent, les points n’ont pas d’importance. Ici c’est encore pire car, vu qu’ils sont piochés au hasard dans un sac, autant jeter tout de suite un dé et définir qui a gagné.

En gros, le nombre de points n’a strictement rien à voir avec la qualité de votre histoire. Et ça, c’est tout de même très frustrant.

Le plateau central, une fois l'histoire terminée.
Le plateau central, une fois l'histoire terminée.

Le principe de jeu en général est donc assez bancal, mais largement contrebalancé par le plaisir de raconter des histoires. C’est d’ailleurs cela qui sauve le jeu, avec le matériel et les illustrations qui font honneur à l’oeuvre de Tolkien… tout du moins lors des premières parties.

Un peu beaucoup répétitif à la longue


Le soucis avec ce genre de jeu, et même avec tous les jeux d’imagination en général, c’est que l’on se rend compte que de l’imagination, ben on n’en a pas beaucoup.

Comme souvent avec les party games, nous constatons (parfois douloureusement) que nous ne sommes pas égaux. Pour certains c’est la rapidité, pour d’autres c’est l’imagination. Histoires de Hobbits demande en plus une bonne dose de tchatche. Mettez autour de la table une personne trop timide, et elle passera certainement un sale moment.

Au gré des parties, et grâce aux cartes qui donnent quelques indications bienvenues, on se prend à trouver des petites histoires, à rebondir sur les péripéties imposées par les autres joueurs… et à y prendre plaisir.

Après quelques parties, on constate malheureusement que le schéma est toujours le même : on calque notre histoire sur la trame imaginée par Tolkien. En gros, on imagine un voyage.

Histoires de Toto


“Alors là le hobbit il est dans une forêt”. “Là le hobbit il est dans une taverne”. “Là il traverse une rivière”. On se retrouve avec un syndrome “Toto fait ci” et “Toto fait ça” sauf qu’à la place de Toto, on a un hobbit.

Il est bien entendu possible de sortir de ce carcan, mais cela demande une grande habitude et de réels talents de compteur. Talents dont je suis clairement dépourvu.

Du coup, après quelques parties, la boîte de Histoires de Hobbits retourne sur les étagères pour ne sortir qu’en faisant tourner les groupes de potes, sous peine de s’ennuyer assez rapidement.

A noter que Histoires de Hobbits peut s’intégrer dans le jeu de rôle du Seigneur des Anneaux. Les joueurs étant généralement plus aguerris concernant le travail de l’imaginaire, cela peut donner un beau résultat.


Histoires de Hobbits, un jeu pour 2-5 joueurs de Marco Maggi et Francesco Nepitello, édité par Edge pour des parties d'environ 30min.
Age conseillé : 14+.
moyen

Histoires de Hobbits

Histoires de Hobbits est très agréable durant ses premières parties. Bien entendu, il faut être fan du monde du Seigneur des Anneaux, mais raconter des histoires a quelque chose de grisant. Le soucis, c’est que l’on finit par tourner en rond après quelques parties.

La note : 3/6 (moyen)