Sur la voie tracée par le vénérable jeu de plateau coopératif Horreur à Arkham, Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes vient proposer des mécaniques radicalement différentes, basées sur des cartes.

Un vénérable ancien


Le jeu de plateau Horreur à Arkham est d’abord sorti en 1987, pour se voir très largement moderniser en 2006. C’est sur cette dernière version que se base Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes.

Le résultat est très différent, tant dans son fond que dans sa forme. Certes, la collecte d’indices est toujours au centre du jeu, mais cette fois il n’est pas nécessaire de fermer des portails… Tout du moins, pas dans le scénario fourni dans la boîte de base.

Car Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, c’est surtout une matrice qui permet de très facilement évoluer au gré des scénarios qui seront proposés par la suite. Le principe est vraiment bien foutu et très malin. Il permet de jouer des parties radicalement différentes en fonction du chapitre choisir.

Les tests de compétences


Outre les indices, les tests de compétence sont également au centre du jeu. Basés sur vos aptitudes (intelligence, recherche, combat et fuite), vous devrez sans arrêt en effectuer. Votre objectif est alors simple : faire un score plus élevé que celui demandé.

L'espace du joueur, avec ses cartes et ses pions.
L'espace du joueur, avec ses cartes et ses pions.

Par exemple, pour combattre un monstre qui a 4 de force, vous devrez faire un test de compétence combat(4), et devrez donc faire un score de 4 ou plus pour gagner le combat. Vous pouvez faire monter vos statistiques en équipant des objets ou en jouant des cartes de soutien… Mais cela ne serait pas aussi retors si le hasard n’entrait pas en jeu.

Pas de dés dans Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, mais un petit sac (non fourni) dans lequel on place tout un tas de jetons qui serviront à modifier le test de compétence, et à ajouter une sacrée dose de hasard.

Les pions ont différentes valeurs qui viennent perturber le résultat : -1, -2, -4, de temps à autre un 0 ou un +1 viennent jouer en faveur du joueur, mais c’est tellement rare… D’autres pions ont des effet qui changent en fonction du scénario.

C’est d’ailleurs la valeur des pions que l’on place dans le sac qui définissent la difficulté choisie. Dans tous les cas, cela ne sera pas une partie de plaisir.

Il faut aimer avoir mal, et ne pas avoir peur de la chance


La difficulté est pour le moins relevée. Le jeu est loin d’être insurmontable, mais tout au long de la partie, on est en souffrance.

Les actes, l'intrigue et les banques de pions.
Les actes, l'intrigue et les banques de pions.

En cela, le côté lovecraftien est particulièrement bien rendu. C’est sombre au possible, et on se sent clairement impuissant face ces putains de cartes qui vous en mettent plein la gueule à chaque tour. On flippe à chaque fois que l’on doit tirer une carte Rencontre, car on sait que cela sera forcément néfaste.

Et on peut aussi parler du hasard. Ce dernier tient déjà une bonne place dans le Horreur à Arkham d’origine. Avec cette version jeu de cartes, c’est encore pire.

Seulement 3 chapitres dans la campagne proposée ?


Trois chapitres, c’est forcément assez court. Cela représente entre une et deux heures de jeu pour chacun d’eux.

Toutefois, et contrairement à bon nombre de jeux basés sur des chapitres, le scénario appelé La Nuit de la Zélatrice, fourni de base avec Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, propose une bonne rejouabilité.

Déjà, on a un réel arc narratif, qui change la donne en fonction des résultats du chapitre. A cela s’ajoute pas mal de hasard dans la pioche des cartes et des lieux pour que les parties s'enchaînent et ne se ressemblent pas.

L'espace de jeu, avec les lieux à visiter, peut prendre un peu de place !
L'espace de jeu, avec les lieux à visiter, peut prendre un peu de place !

Ensuite, les différents chapitres sont très différents dans leurs objectifs et leur déroulement. Le principe d’avoir deux trames parallèles - la bonne que les joueurs tentent de faire avancer en réalisant les objectifs demandées, et la mauvaise, qui complexifie encore un peu le jeu a chaque étape - est une excellente idée.

Une très bonne expérience en solo


A noter également que Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes se prête particulièrement bien au jeu en solo.

Cela reste plus sympa à deux - c’est toujours plus agréable d’échanger avec quelqu'un sur la stratégie à mettre en place - mais seul, l’ensemble reste très immersif et équilibré.

Du coup, Horreur à Arkham, c’est mieux en jeu de cartes ou pas ?


Difficile de répondre clairement à cette question. Les deux sont aussi immersifs l’un que l’autre. Et la version jeu de carte propose un spectre beaucoup plus large d’expériences, et dispose donc d’une durée de vie potentiellement plus longue.

Au niveau de la mise en place, c’est le jeu de carte qui gagne haut la main. On en met aussi plein la table, mais c’est beaucoup plus rapide !

Les lieux et les indices, au centre des mécaniques d'Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes.
Les lieux et les indices, au centre des mécaniques d'Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes.

Pourtant, personnellement - et ce de façon totalement subjective - je préfère le jeu d’origine, car le hasard me semble moins présent. J’ai moins l’impression de tout subir et tout prendre dans la gueule comme dans la version jeu de carte.

Dans tous les cas, cette version jeu de cartes vaut clairement le coup d’oeil.


Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, un jeu pour 1-2 joueurs de Nate French et Matthew Newman, édité par Edge pour des parties d'environ 60-120min.
Age conseillé : 14+.
Excellent !

Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes en quelques mots

Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, c’est de l’ameritrash dans toute sa splendeur. Comprenez par là que c’est un jeu très immersif où les mécaniques sont très largement dictées par le hasard. Un sentiment de souffrance constant lors des parties qui ne sera pas du goût de tous.

La note : 5/6 (Excellent !)