La Venise du Nord, c’est le nom poétique que l’on utilise pour désigner la ville belge de Bruges. C’est également l’occasion de plonger dans le passé de cette dernière pour découvrir un jeu de gestion très original.

Le premier jeu édité par Sébastien Dujardin, avant Troyes


La venise du Nord est le premier jeu de Sébastien Dujardin à voir le jour. Toutefois, les pistes ont été quelque peu brouillées pour des raisons de planning. Le jeu est sorti chez Asyncron en 2012, mais avait été signé plusieurs années auparavant.

Entre temps, Sébastien a créé sa propre maison d’édition, Pearl Games, qui sortira rapidement le très bon Troyes. Sorti en 2010, ce dernier n’est donc pas le premier jeu signé de l’auteur, c’est juste que La Venise du Nord a mis un peu de temps à sortir.

Un jeu à l’allemande avec des dés


On le verra également dans Troyes, mais La Venise du Nord montre le savoir-faire de Sébastien Dujardin en matière de dés.

Alors que ces petits cubes à six faces font l’horreur des gros joueurs, ceux qui ne supportent pas le hasard, ils sont tellement bien utilisés ici que même le plus réfractaire des amateurs de jeux à l’allemande pourra se faire plaisir… pour peu qu’ils acceptent un poil de hasard.

Le plateau de jeu est modulable.
Le plateau de jeu est modulable.

Bienvenue dans la ville de Bruges au Moyen-Age !


L’action de La Venise du Nord se déroule à Bruges, en 1452. Chaque joueur va incarner un riche bourgeois qui devra s’enrichir.

Pour ce faire, il va falloir trouver des matières premières et fabriquer des produits. Ces produits sont matérialisés par des petits cubes en bois de différentes couleurs :
- En orange, de l’or pour fabriquer des bijoux
- En blanc, du lin pour fabriquer de la dentelle
- En violet, de la laine pour fabriquer des vêtements

L’objectif est donc de monter des ateliers (chacun pouvant traiter l’une des trois matières premières), de récolter des commandes, de fabriquer les produits pour enfin les vendre.

A la fin de la partie, c’est bien entendu le plus riche qui gagne.

Le principe de La Venise sur Nord


L’aire de jeu est modulable, et composée de plusieurs hexagones qui définissent les actions que vous pouvez effectuer :
- Récolter de laine, du lin ou de l’or
- Piocher une carte contremaître, qui permet de débloquer des pouvoirs spéciaux
- Piocher une carte commande
- Piocher une carte atelier
- Vendre les produits que l’on a fabriqué au marché
- Vendre des marchandises sur le port pour influencer le cours des marchandises

Le plateau personnel est plutôt chargé.
Le plateau personnel est plutôt chargé.

A son tour, chaque joueur lance deux de ses dés - chaque joueur a des dés et pions de couleurs différente. L’un des dés va lui permettre de se déplacer tandis que l’autre servira à activer la tuile sur laquelle il se trouve.

Les déplacements sont très originaux, puisque vous ne pouvez pas revenir sur vos pas ou passer plusieurs fois sur la même tuile. Cela force à réfléchir à chacun de ses mouvements.

Le deuxième dé sert à activer la tuile. La valeur du dé servira à définir le nombre d’actions que vous avez :
- Si c’est pour piocher une carte, sela défini le nombre de cartes que vous pouvez piocher pour n’en garder qu’une seule
- Si c’est pour récolter des marchandises, cela définit le nombre de marchandises que vous récolterez
- Si c’est pour vendre au marché, cela définit le nombre de produits que vous pourrez vendre

Ce deuxième dé, vous devez le poser sur la tuile activée, il servira pour plus tard. Toutefois, si un dé se trouve déjà sur la tuile, vous ne pouvez le poser que si votre propre dé est de valeur inférieure. Le dé qui était là avant est alors remis à son propriétaire.

Des dés pour fabriquer des ponts


Pourquoi laisser des dés sur les tuiles ? Pour deux raisons. La première, c’est que si un autre joueur active la tuile où vous possédez un dé, vous disposez d’une activation gratuite. Il est alors intéressant de parfois poser un dé de plus faible valeur. En étant moins gourmand, vous éviterez de donner une action gratuite à votre adversaire.

Une utilisation ingénieuse des dés.
Une utilisation ingénieuse des dés.

La seconde, c’est que vous pouvez construire des ponts qui faciliteront vos déplacements et vous rapporteront des points en fin de partie.

Complexe, mais très abordable


La Venise sur Nord est à la fois simple à expliquer tout en demandant un minimum de réflexion à chaque joueur autour de la table. Il conviendra donc sans problème aux joueurs du dimanche comme aux plus aguerris. Et puis hein, lancer des dés, c’est toujours sympathique non ?

Le fait de pouvoir moduler le terrain de jeu apporte une belle rejouabilité. Mais même avec la configuration de base, on enchaîne les parties avec le plus grand des plaisirs.

Certes, la chance est parfois un peu trop présente, mais on peut toujours effectuer une action. Il faut juste, parfois, revoir en partie sa stratégie en fonction des dés que l’on a lancé ou des cartes que l’on a en main.

Parfois, on attend un peu trop longtemps d’avoir la bonne combinaison qui nous permettra d’avoir cette foutue action. Certains points, en fin de partie, sont parfois coiffés au poteau par un joueur qui a eu plus de chance qu’un autre. Mais cela a le mérite de donner quelques parties bien tendues.


La Venise du Nord, un jeu pour 2-4 joueurs de Sébastien Dujardin, illustré par Elise Catros, édité par Asyncron pour des parties d'environ 60min.
Age conseillé : 12+.
bon petit jeu

La Venise du Nord en quelques mots

La Venise du Nord utilise très bien les dés. Le hasard reste bien présent, mais il est relativement maîtrisable et, surtout, il vous force à revoir régulièrement vos ambitions et vos coups. Certes, les amateurs de réflexion misant à anticiper 12 coups à l’avance en seront pour leurs frais. Les autres apprécieront.

La note : 4/6 (bon petit jeu)