Aller, encore un nouveau jeu dans le monde du Seigneur des Anneaux. Ici, plus exactement, c’est du Hobbit qu’il s’agit. En fait, le thème, on s’en fout un peu, mais ça m’a tout de même donné envie d’y jouer.

Un joli matériel


La boite du jeu Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté est de taille moyenne et ne contient pas des tonnes de matériel. Des cartes, un petit plateau de jeu, et surtout tout plein de diamants en plastique de différentes couleurs. Il n’est donc pas question “d’or enchanté” mais plutôt de pierres précieuses, ou de gemmes, comme vous préférez.

Ah oui, aussi, un grand sac noir pour pouvoir y mettre les précieux, il servira alors de pioche.

Le tout est richement illustré. Après tout, c’est Le Seigneur des Anneaux, une licence qui ne manque pas d’illustrations de grande qualité. Tomasz Jedruszek, l’illustrateur, a fait un très beau boulot qui s’intègre parfaitement dans l’imaginaire de Tolkien.

Le jeu a été imaginé par Rüdiger Dorn, à qui on doit notamment Waka Waka.

Le plateau de jeu, avec les monstres à abattre.
Le plateau de jeu, avec les monstres à abattre.

Tuer des monstres à grands coups de pierres précieuses


Bon, rien qu’en lisant ce titre, vous comprenez vite que le thème de Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté est totalement plaqué. Ce n’est pas forcément un soucis, le plaisir de retrouver des personnages connus étant tout de même présent.

Le jeu se déroule en quatre chapitres. Pour chacun d’eux, on place sur le plateau de jeu les six cartes du chapitre concerné. On a cinq cartes verticales qui correspondent à autant de monstres à abattre, plus un boss dont la carte se situe horizontalement au dessus des autres. Pour vaincre le boss et passer au chapitre suivant, il faut avoir préalablement battu les cinq sous-fifres.

Lorsque l’on a battu le boss du quatrième chapitre, la partie s’achève et on compte le nombre de points de victoire présents sur les cartes des ennemis que l’on a vaincu. On compte également un point de victoire supplémentaire par lot de quatre pierres précieuses qu’il nous reste. Le vainqueur est bien entendu celui qui a le plus de points.

Principe de jeu


Lors de votre tour, vous effectuez trois actions :
Jouer une carte de votre main. Ces cartes représentent des héros du roman de Tolkien. Chacun vous permet de piocher un certain nombre de pierres précieuses. La plupart ont également un bonus qui vous permettra de piocher (ou de perdre !) des pierres précieuses supplémentaires en fonction des adversaires présents en jeu.

Certaines cartes ont même un bonus particulier : les aigles vous permettent de mélanger votre défausse et votre pioche pour retrouver un deck tout neuf tandis que Gandalf vous permettra de donner deux pierres précieuses de la même couleur à la place d’une pierre précieuse de la couleur que vous souhaitez.

Les cartes que chaque joueur peut jouer.
Les cartes que chaque joueur peut jouer.

Faire des rencontres. Mais des rencontres pas forcément sympas puisqu’il s’agit de se battre. Ici, il faudra donner un certain nombre de pierres précieuses correspondant aux couleurs en bas de la carte du monstre pour le tuer.

Oui, bon, ils auraient aussi pu leur jeter des cailloux, ça aurait coûté moins cher.

A son tour, un joueur peut vaincre jusqu’à deux adversaires. Une fois vaincu, le joueur prend la carte du monstre et son éventuel bonus : lui donner de nouvelles pierres précieuses à utiliser ou encore lui permettre de piocher un certain nombre de pierres précieuses.

Fait péter les pierres précieuses.
Dans Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté, tout tourner autour des pierres précieuses. Même dans les combats (il faudra qu’on m’explique comment).

Le truc, c’est que le nombre de gemmes diffère en fonction de leur couleur. Certaines, comme les vertes, sont beaucoup plus rares que les autres (il n’y en a que trois). Il n’est donc pas rare de voir l’un des deux joueurs faire de la rétention des pierres précieuses de cette couleur.

Les pierres précieuses qui seront au centre des tractations.
Les pierres précieuses qui seront au centre des tractations.

Heureusement, la carte Gandalf et l’obligation de battre un monstre lorsqu’on dispose des pierres précieuses nécessaires à sa défaite viennent limiter cet effet.

Ce qui pose en revanche beaucoup plus de problèmes, c'est le hasard omniprésent : dans la pioche des cartes que vous aurez en main et, surtout, dans les pierres précieuses que l’on pioche. Le hasard est donc prépondérant dans la victoire, et il faut donc voir Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté comme un simple petit jeu d’apéro, mais rien de plus.

Dans tous les cas, il faut apprécier le hasard et toutes les mauvaises frustrations qu’il peut engendrer.

Un manque de renouvellement des parties


Enfin, le fait que le jeu se déroule tout le temps de la même façon va finir par lui donner un aspect profondément lassant après seulement quelques parties. C’est bien simple : il n’y a aucun renouvellement des parties puisque le plateau de jeu est tout le temps identique.

On se contente donc de jouer les cartes les plus puissantes que l’on possède en espérant tomber sur les pierres précieuses de bonne couleur qui nous permettront de tuer du monstre et d’engranger des points.

Le Hobbit / Splendor, même combat ?


Je n’ai pas pu m’empêcher de rapprocher Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté d’un jeu que j’affectionne tout particulièrement : Splendor (des Space Cowboys).

Il est marrant de noter que Le Hobbit est sorti la même année que Splendor. Dans Splendor, il est également question de pierres précieuses que l’on utilise pour payer, mais le résultat est tout autre.

D’un côté on a un diamant brut du jeu de société où la réflexion est de mise, et de l’autre, pour le Hobbit qui nous intéresse ici, on n’a qu’un petit jeu qui se base beaucoup trop sur le hasard pour réellement donner envie d’enchaîner les parties.


Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté, un jeu pour 2 joueurs de Rüdiger Dorn, illustré par Tomasz Jedruszek, édité par Edge pour des parties d'environ 30min.
Age conseillé : 8+.
à peine moyen

Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté en quelques mots

Le Hobbit : Bilbo et l'Or Enchanté est joli, plutôt agréable à jouer, mais les parties de ne se renouvellent pas et se contentent de jouer sur la chance sans être vraiment fun.

La note : 2/6 (à peine moyen)