Eh oui, cette merde qui ne fonctionne jamais a aussi une histoire, racontée dans ses grandes lignes dans ce dossier. On ne parlera pas seulement du standard IBM, mais aussi de tout ce qui tourne autour, le jouet ayant quelque peu échappé des main de Big Blue.

Ben oui, PC, beaucoup de collectionneurs les détestent et ne les collectionnent pas, mais le fait est que ces machines prennent de plus en plus de place dans la vie actuelle. Je pense donc qu'il serait intéressant de savoir un peu comment cette vague est arrivée... Personnellement, je ne suis pas très intéressé pas les PC, tout simplement parce que les jeux ou logiciels de l'époque tournent sur les PC d'aujourd'hui (en bidouillant un peu, on branche un lecteur 5"1/4 et c'est parti !). Voici un article paru dans PC-team N°1... Avril 1995...

La PC-Mania
Entre Français et Américains, les querelles sont une habitude dans le domaine des sciences et techniques. Les uns veulent toujours avoir inventé quelques chose avant les autres, bisque bisque rage. En ce qui concerne la micro-informatique, impossible de savoir qui a commencé. Qui a eu le premier l'idée géniale de réduire les composants d'un ordinateur ? Difficile d'être sûr. D'autant qu'au début des années 70, tout informaticien sérieux a autre chose à faire que de s'occuper de l'avenir du micro-ordinateur.

Pré-histoires
En France, le Micral N est cocoricomercialisé en juin 1972. Il sera produit à 15 000 exemplaires en neuf ans. Mais c'est surtout aux Etas-Unis que le micro-ordinateur trouve les conditions d'un marché exploitable. "20 fois plus grand qu'en France, et prêt à recevoir toute innovation pourvu qu'elle soit américaine.", dixit André Truong (lui-même) au magazine Intel News. En 1975 apparaît l'Altair. C'est un micro-ordinateur vendu en kit. Il ne fonctionnera jamais véritablement bien. Il est considéré dans le monde entier comme l'ancêtre historique du PC. Il sert surtout de déclic à deux des plus grands génies de la micro-informatique : Steve Jobs et Bill Gates.

En 1976, Steve Jobs et Steve Wozniak sont deux étudiants passionnés d'informatique, du genre "cheveux longs, idées longues". Au fond d'un garage de Cuppertino (Californie), ils bricolent une machine révolutionnaire. Ils la baptisent Apple. Cinq ans plus tard, l'Apple II s'est vendu à 300 000 exemplaires. C'est le premier micro destiné au grand public. Son succès vient d'un logiciel inconnu sur les gros ordinateurs : Visicalc. Il s'agit d'un tableur, un outil idéal pour faciliter les activités de bureau. Dès lors, les entreprises vont commencer à s'intéresser à cet objet si pratique au look encore hésitant.

Et l'IBM PC fut !
En août 1981, IBM réplique à ce vent de micro folie. Le géant de l'informatique lance le Personal Computer, l'ordinateur individuel. L'IBM PC possède 64 Ko de mémoire et n'a pas de disque dur. Il n'est utilisable qu'après l'entrée de codes obscurs, inscrits à l'écran sur fond noir dans une couleur verte ou orange d'une pâleur exemplaire (NDN : faudrait pas trop exagérer !). Plus qu'à ceux qui voudraient croire en l'informatique, il est essentiellement destiné aux "pratiquants". C'est à dire aux gens qui connaissent déjà l'informatique, comme les ingénieurs de Big Blue. Ce surnom est donné à IBM en référence à la tenue réglementaire en costume bleu de sombre des ses employés. La campagne publicitaire de l'IBM PC utilise Charlie Chaplin, sa canne et son chapeau melon. IBM prévoit la vente de 500 000 unités en cinq ans. Elles seront toutes écoulés avant la fin de l'année 1982.

Les raisons d'un succès fulgurant et inespéré
L'IBM PC est construit autour d'un "moteur", le microprocesseur conçu par Intel, et d'un "cerveau", le système d'exploitation (Ms-Dos) développé par Microsoft. Aucun contrat d'exclusivité ne lie Big Blue au couple infernal Intel-Microsoft. L'IBM PC, facile à copier, engendre la génération des fameux "clones". La norme standard "compatible IBM" s'impose. Elle permet à l'industrie du logiciel de démarrer. Comme les acheteurs découvrent enfin de multiples applications au savoir du micro-ordinateur, le ventes s'envolent. Les lettres PC ne sont plus un privilège de la légende du communisme. Elle écrivent maintenant l'histoire du capitalisme. Avec Bill Gates au clavier. Son père, avocat, l'aide à imposer l'indépendance de sa petite société vis à vis d'IBM. Résultat : aujourd'hui, plus de 80 % des micro-ordinateurs fonctionnent avec un système Microsoft et une puce fabriquée par Intel ou sous licence. Bill Gates est devenu à 39 ans la première fortune des USA. Elle est évaluée à 8 milliards de dollars. Paul Allen est entre temps parti fonder Asymetrix. Il n'a pas gagné au jackpot.

Au printemps 1983, l'IBM PC arrive en France. Il sera présenté lors du salon IBM-PC devant quelques milliers de visiteurs à l'hôtel PLM Saint-Jacques. Il coûte la modique somme de 30 000 francs pour qui en veut bien. C'est aussi l'année où le PC découvre la comptabilité, avec le programme de gestion 1-2-3 de Lotus. La demande de PC de bureau explose. Des milliers de clones ont déjà commencé à envahir le marché. Ils entraînent une chute prix vertigineuse.

1984 ne sera pas comme 1984
Comme dans toute guerre commerciale soigneusement organisée, c'est au tour d'Apple de répliquer. En 1984 naît le Macintosh. Ce micro-ordinateur divise le monde pacifique des utilisateurs en deux camps antagonistes : les PC et les Mac. Jef Raskin, le créateur du Macintosh, lui donne le nom d'une variété de pomme qu'il adore. La principale révolution est là : dès l'allumage, le Mac est prêt à l'emploi. A l'aide d'une souris, on peut cliquer sur des icônes afin d'ouvrir des fenêtres ou des documents, ou accéder à des menus déroutants. Plus besoin d'apprendre, à la virgule près, les prières codées dans les documentations d'IBM pour voir ses voeux exaucés. Les caractères n'ont plus une taille uniforme. Le fond de l'air devient blanc. L'écran graphique permet de faire apparaître textes et dessins dans l'état où ils seront imprimés. La micro-informatique devient conviviale. Elle ne s'adresse plus qu'aux scientifiques et aux gestionnaires mais – dorénavrant ? - aux artistes. Au niveau de la transmission de fichiers, le Mac est incompatible avec le PC. Steve Jobs l'a imposé. Dans une publicité tournée par Ridley Scott, on le voit même monter à l'assaut d'un IBM aux allures de Big Brother, le dictateur du roman 1984 de Georges Orwell. Le slogan de la campagne précise : "1984 ne sera pas comme 1984". Le Mac est pourtant d'abord un échec commercial. D'une lenteur exaspérante, son traitement de texte gère au maximum des documents de huit pages! A 20 000 francs l'unité, ça fait cher l'ennui. Il en coûtera sa place à Steve Jobs. Il est remplacé par l'expert en marketing John Sculley qu'il avait lui-même recruté. Le monde de la micro-informatique est plus impitoyable que Dallas.

Dallas au pays des merveilles
Les réducteurs de têtes continuent de frapper. 1985 est l'année Jivaro. Don Estrige, le chef du projet PC chez IBM est limogé. Motif invoqué : IBM n'est plus le leader de la micro. Une logique qui ne surprend pas J.R. Dès l'année suivante, Big Blue n'est plus le premier à profiter des innovations technologiques. Compaq a été une des premières entreprises à fabriquer des clones dès 1982, et commercialise avant lui des PC construits autour de la nouvelle puce 386 d'Intel. En 1987, IBM tente avec le PS-2 d'endiguer l'érosion de ses parts de marché. Les géant de l'informatique propose une nouvelle gamme de matériels en rupture avec le passé. Le but est d'éviter le clonage des IBM PC. La bande des neuf (dont Compaq, Hewlett Packard et Olivetti) ne tarde pas à riposter. Elle trouve en 1990 un allié de poids pour fonder sa norme informatique : Bill Gates, l'ancien compagnon de route d'IBM. Microsoft vient de mettre au point Windows (NDN : Faux ! ils l'ont acheté !). Le PC est devenu plus convivial que jamais. Avec le lancement de l'OS/2, le système d'exploitation concurrent d'IBM, la rupture est consommée. La guerre commerciale dure encore aujourd'hui : OS/2 Warp s'apprête à affronter Windows 95, le prochain bébé (NDN : qui a dit grosse Merde ?) de Bill Gates. Un des ces derniers épisodes est l'affaire du Pentium. En 1991, il existe dans le monde 60 millions de PC pour dix fois moins de Mac. De fait, les développeurs ont tendance à privilégier la mise au point d'un logiciel sur PC. Apple amorce alors un rapprochement avec l'ennemi héréditaire, IBM, dont la love story avec Microsoft s'est brisée. Les Mac traitent désormais les documents PC. Apple et IBM, les anciens frères ennemis, décident de mettre au point une génération de micros qui fonctionnera sans les logiciels et systèmes d'exploitation Microsoft. Ce sera le Power PC, construit avec Motorola, le fournisseur de puces d'Apple. Comme dans Dallas, les remariages ne comptent plus.

Phénomène de masse
Pour ses dix ans, le PC s'offre un baptême de l'espace dans la navette Atlantis. On dénombre plus de 1000 fabricants de micro. Les deux-tiers sont situés en Asie du Sud-Est et 140 en France. Le PC est alors accessible pour 5000 francs nouveaux, même froissés. Il commence à faire son appartition dans la grande distribution. Le magazine PC direct, spécialisé dans la vente en direct, tire déjà 70 000 exemplaires quelques mois après son lancement en octobre 1992. En décembre, une Fnac consacrée à la micro s'installe sur 1000 m² dans l'ancien théatre de Cluny. Des grandes surfaces de même taille, spécialisées en micro micro-informatique, s'ouvrent actuellement. Elles répondent à une demande d'une nouvelle clientelle, attirée par le multimédia. Tout un rayon complet de votre buraliste préféré a fleuri en un an.

Le confidentiel salon IBM-PC est devenu le PC forum, puis l'IT-Forum. Le salon concerne maintenant le vaste domaine des systèmes d'informations. "Cette année, les 400 exposants attendaient 80 000 visiteurs professionnels. Auparavant, seules les directions informatiques venaient. Aujourd’Hui, il y a une ouverture vers les utilisateurs à l'intérieur de l'entreprise" affirme Jean-Claude Muratore, le directeur de l'IT-Forum. La même affluence de masse se reconnaît dans la quatrième édition du Supergames. En raison de la file d'attente qui s'accumulait sur le Parvis de la Défense, le salon de la high-tech de loisirs avait déjà dû emménager Porte de Versailles. En décembre dernier, il a accueilli près de 90 000 visiteurs en cinq jours. Il existe même un salon du portable, l'Expo micro Toshiba. Il est à l'initiative du constructeur japonais. Toshiba a été le premier à "cloner" avec succès le portable IBM PC dès 1986. Le salon a placé les années 90 sous le signe de la mobilité. 30 % des PC de bureau seraient purement et simplement remplacé par des portables dès l'an prochain aux Etats-Unis.

Le PC fait perdre du temps
1993 est l'année de création de la superpuce Pentium. On s'inquiète dans les entreprises du temps passé à "farfouiller son PC". Selon 3M, 30% des utilisateurs perdent des données. Ils mettent en moyenne une semaine à reconstituer ou à les récupérer. D'après une enquête menée par SBT accouting systems auprès de ses clients, les salariés américains consacrent cinq heures par semaine à bidouiller sur leur PC. Ce bon temps se partage entre cinq activités : l'aide aux collègues en difficulté, la réorganisation de fichiers, l'apprentissage de nouveaux programmes, et les jeux informatiques. Pour ne rien perdre du plaisir, de nombreux jeux sur PC s'équipent de la "boss key". Cette touche magique affiche un plan de travail sérieux en cas d'arrivée inopinée d'un gêneur. L'hebdomadaire Newsweek confirme, au mois de juillet 1993, le chiffre d'une heure de jeu par semaine et par personne au bureau. Sans compter la joie de peaufiner à l'infini documents et calculs. Le virus du PC est entré en nous.

Une puce qui démange
Signe des temps, le seul évènement majeur de l'année 1994 est l'affaire du Pentium. Le PC quitte l'Histoire pour entrer dans l'actualité. Il s'absente des bureaux pour alimenter les conversations de comptoir. Il a suffi pour cela que Thomas Nicely découvre une faute dans une division effectuée par son PC équipé d'un Pentium. Il prévient Intel, déjà au courant du bug depuis l'été. Puis diffuse l'information sur Internet. La cas du Pentium tient à la précision du calcul dont a besoin le chercheur. Il n'a pas ému que la communauté scientifique. Tous les médias s'en sont emparés. Et pour quelques chiffres après la virgule de plus, le PC est devenu une affaire d'état. Au moment où il pénètre en force dans les foyers, l'affaire du Pentium est une aubaine pour IBM. En effet, seulement 5% des ventes de PC sont concernées par le bug. Et surtout, rappelez-vous, IBM veut imposer ses nouveaux PC. La prochaine grande bataille est d'ores et déjà prévue pour 1996. Avec l'arrivée des nouveaux Power PC, construits par le triumvirat IBM-Apple- Motorola. Intel et Microsoft, alliés à des constructeurs tels que Compaq et Packard Bell, les attendent de pieds fermes. Dire qu'il n'existe même pas de dernier épisode à Dallas...

150 millions de PC, et nous, et nous, et nous...
Si les chiffres parlent d'eux-mêmes, il faut au minimum les lire. On dépasse les 150 millions de PC installés dans le monde. L'an passé, les ventes de micros ont augmenté de 20%. Elles ont atteint le record de 46,5 millions. Plus de la moitié des ventes de l'informatique sont réalisées dans la micro. En France, la parc des micro-ordinateurs atteint 6 millions. 80 à 90% des entreprises sont informatisées. "Jusqu'au petit artisan qui en a besoin pour sa comptabilité", précise Christophe, vendeur à la Fnac micro. Et les nouveaux utilisateurs sont déjà des débutants confirmés. Nous devons d'ailleurs vous révéler un secret douloureux : il existe réellement des personnes qui ont découpé des disquettes 5 pouces 1/4 pour les faire rentrer dans des lecteurs 3 pouces 1/2. Une autre a carrément ôté le boîtier protecteur d'une disquette 3 pouces 1/2 pour n'insérer que la bande magnétique dans le lecteur. Il y a eu aussi une personne qui voulait changer son tapis de souris et qui a exigé un tapis d'exactement 6 millimètres d'épaisseur, "parce que dès qu'on change les moindre truc en informatique, ça ne fonctionne plus". Effectivement, tout va bien trop vite pour nos têtes. Songez que le Pentium traite 112 millions d'instructions par seconde ! Nous avons maintenant retenu l'essentiel. "Il y a encore cinq ans, les gens se sentaient contraints. Aujourd'hui, c'est l'outil du 20° siècle" confirme Christophe.

Une nouvelle gamme de clients : les retraités
L'utilisateur moyen du PC n'est plus que l'étudiant qui en a absolument besoin pour faire sa thèse. Ou celui qui commence à prendre un PC pour sa cellule familiale parce qu'il se le cogne toute la journée au bureau. Une nouvelle gamme de clients est apparue : les retraités. On en voit depuis deux ans. A force de perdre leur temps, ils se mettent à l'informatique. Pour une collection de timbres ou la généalogie. C'est un nouveau jouet pour eux. Le phénomène PC a traversé le temps. Maintenant, il traverse les âges. Pour Christophe, l'explication de sa réussite est simple : "L'utilisateur en entreprise s'est créé le besoin d'en avoir un à la maison. Les personnes sont prêtes à s'investir pour comprendre, afin de gagner du temps. Il y a tellement de solutions avec ce petit machin qu'on a toujours envie de l'allumer". Autre raison à la PC-maina : l'évolution du PC au niveau de la puissance et de la baisse des prix. "Si l'automobile avait connu un développement similaire, un véhicule familial coûterait aux alentours de 200 francs, sa vitesse serait cinq fois supérieure à celle d'un Concorde, avec un plein effectué à la petite burette", rappelle Daniel Ichbiach dans Planète Multimédia.

Le jeu favorise l'engouement
Bill Gates l'avait prédit voici dix ans. A l'époque, on en avait bien ri chez IBM. Mais aujourd'hui, le PC fait bel et bien partie des meubles. D'ici à 1998, le cabinet d'études Dataquest pense qu'on vendra autant de PC pour la maison que pour les entreprises. En France, le PC est domestiqué dans un foyer sur six. C'est moitié moins qu'aux Etats-Unis. On prévoit même, d'ici l'an 2000, que 60% des foyers américains seront équipés d'un PC.

Rêvons un peu au milieu de cette allée de statistiques avec le véritable attrait du PC : les jeux. 16% du temps passé devant l'écran est consacré au traitement de texte et 13% aux comptes et au budget. Certes, certes... Mais le PC est essentiellement utilisé dans un tiers des cas pour les jeux (source : Inteco). Dans l'attente de la réplique de Nintendo et Sega, les consoles sont pour l'instant dépassées par les capacités vidéo du PC. L'essor du CD-Rom n'est pas étranger à cet engouement. Rappelons que sur 12 cm de diamètre, le CD-Rom peut stocker l'équivalent de 460 disquettes, de 27 000 pages imprimées et de 74 minutes de musque. D'une cinquantaine de titre en 1991, on en dénombre maintenant plus de 6000. L'an dernier, le nombre de lecteurs de CD-rom a quadruplé dans l'Hexagone, pour atteindre 400 000 unités. Le côté ludique et éducatif des programmes sur CD-Rom a séduit le public féminin. C'était le dernier bastion souvent réticent à voir débarquer le PC à la maison. La visite guidée du Louvre en est l'exemple emblématique. Autre attrait de ces jeux du savoir : le désir des parents d'éduquer leurs enfant par l'amusement. Car maintenant, l'ordinateur vous cause dans le poste.

L'ère du multimédia
Ecran couleur, carte sonore et lecteur de CD-Rom : tous les ingrédients du multimédia sont maintenant intégrés en version standard. Si vous ne les possédez pas, il suffi de jouer la bonne carte? Grâce à la carte d'acquisition du signal TV, vous pourrez regarder Les enfants de la télé sur votre PC. Avec une carte de décompression d'images Mpeg, votre PC, transformé n téléviseur, pourra aussi faire magnétoscope. Le PC a maintenant appris à lire des films vidéos sur CD-vidéo. Ses gros progrès scolaires préparent des horizons sans limites. Le PC fera aussi bientôt chaîne Hi-Fi, table de mixage ou table de montage de films. Ou vous pourrez l'utiliser pour des retouches photographiques. En dehors, bien entendu, des toutes ses fonctions traditionnelles. Compaq proposera, dès cette année, un appareil domestique construit autour d'un microprocesseur qui fera télé, chaîne hi-fi et console de jeux. A suivre... Et Microsoft prévoit qu'avant la fin de ce siècle, une vingtaine de millions de foyers dans le monde seront équipé de PC multimédia. Une formation multimédia se met en place à la rentrée prochaine à l'école des Beaux-Arts.

Le futur proche du PC : Internet
Le réseau Internet est créé en 1969 par le Département américain de la Défense. Au départ, il ne sert qu'à la communication entre chercheurs et universitaires. Aujourd'hui, toutes les portes sont ouvertes à qui sait taper la bonne adresse sur son clavier. En 1994, Internet représente plus de 40 000 serveurs interconnectés et près de 20 millions d'interlocuteurs possibles dans 135 pays. Internet est l'objet de toutes les rencontres. Un Texan perdu au fin fond de son désert peut entretenir depuis dix ans des rendez-vous hebdomadaires avec des amis du monde entier. Tout comme un petit garçon britannique peut s'introduire dans le carnet d'adresse de sa Royale Majesté et diffuser les numéros de téléphone de personnalités. En bon père du monde PC, Bill Gates répond personnellement aux messages déposés dans sa boîte électronique.

L'avenir est peut-être à distance, comme l'inspire la tranquillité promise du télétravail. Aux Etats-Unis, 10% de la population active travaille déjà à son domicile. Alors que fin 1993, Thierry Breton estime le nombre de télé travailleurs en France à 16 000. Le développement n'est que permis. Selon une enquête menée par Intel, 80% des récents ou futurs acheteurs de PC pensent l'utiliser pour travailler à distance. Il y en a, parmi les futures générations, qui n'auront jamais à partir au boulot.

Bientôt, il existera la télé médecine. Le patient sera consulté par visiophone. Il y aura aussi le départ en télé-vacances : on visitera et choisira sa chambre d'hôtel depuis son domicile. Histoire de vérifier si elle a vue sur la mer ou l'amer... Qu'on se le dise, la PC-mania ne fait que commencer.