Limite Limite lorgne du côté de Cards Against Humanity. Alors, plagiat ou pas ? Et surtout, bien ou pas ?

Limite Limite comme principe ?


Limite Limite sort en 2015, soit un an après Blanc Manger Coco, qui s’inspire déjà de Cards Against Humanity. Se pose à nouveau la question de plagiat.

Alors oui, le principe est exactement le même que Cards Against Humanity, ce fameux jeu américain (disponible gratuitement en print & play, soit dit en passant) dont les auteurs n’ont jamais accepté de vendre la licence pour une éventuelle traduction.

Du coup, il ne faut pas s’étonner que certaines personnes aient pris sur elles d’opérer une traduction faite maison. Alors plagiat ou pas ? Il reste du boulot de la part des “plagieurs” puisque les cartes sont totalement différentes, les questions et les expressions réponses n’étant pas reprises sur la version américaine. Et c’est peut être justement cela qui fait que Limite Limite soit bien en dessous de son modèle.

Le principe


Et comment on joue à Limite Limite ? Eh bah, c’est comme Cards Against Humanity : chaque joueur pioche sept cartes rouges, qui comprennent chacune une expression. Ensuite, un des joueurs va prendre une carte bleue et lire la phrase qui y est inscrite.


C’est une phrase à trou. Chaque joueur va alors proposer l’une de ses cartes pour compléter l’expression. La personne qui a lu la carte bleue récupère toutes les cartes des joueurs, les mélange, et les lit une par une.

Il choisit ensuite celle qu’il lui plaît le plus : celle qui l’a le plus fait rire quoi. Oui, c’est totalement arbitraire, mais c’est aussi ça qui est bon ! Et comme on mélange les cartes au préalable, on ne peut pas le taxer de partial.

Trop de trash tue le trash


En gros, Limite Limite est un Blanc Manger Coco en plus trash. Oui, c’est possible. “Jacquie et Michel”, “Une éjaculation dorsale”, “Légaliser la pédophilie”. Chaque carte est tellement trash que lors des premiers tours, on est mort de rire devant tant d’horreurs.

Mais finalement, après trois ou quatre tours, on se blinde et, finalement on se blase. Et quand il s’agit de refaire une partie, souvent, c’est une moue dubitative et un “heu, t’as pas autre chose ?”.

Tout le sel de Blanc Manger Coco - et bien entendu de Cards Against Humanity si on maîtrise l’anglais - c’est de jouer sur l’imaginaire. Ici, l’imaginaire n’a quasiment pas sa place, cela devient donc un concours de celui qui aura la carte la plus dégueulasse.


On pourrait croire que c’est la même chose avec Blanc Manger Coco, mais finalement, quand on a quelques parties au compteur, la course à la carte la plus crade est beaucoup moins présente. De plus, avec Limite Limite, impossible de s’adapter à son interlocuteur : ici, c’est tout pour le trash. D’autant que les propositions sont moins variées : beaucoup de cartes tournent autour du cul.

Si j’avais pu penser que je trouverai un jour un jeu trop trash… J’ai beau me pincer, je ne peux que confirmer : on s’habitue à tout, même aux trucs les plus dégueux.

De plus, le fait que le jeu ne se compose que d'assez peu de cartes (contre 600 pour un Blanc Manger Coco, même si Limite Limite nous fait jouer avec moins de cartes en main), cela fait que la durée de vie du jeu est encore plus limitée.


Limite Limite, un jeu pour 3-10 joueurs de on ne sait pas trop, illustré par personne, édité par Limite Limite pour des parties d'environ 30min.
Age conseillé : 18+.
à peine moyen

Limite Limite

Limite Limite porte bien son nom. Autant dans son principe que dans son concept même, c’est limite, et cela n’en fait pas un bon jeu. A trop vouloir faire dans le graveleux, on perd tout le sel du jeu.

La note : 2/6 (à peine moyen)