Madame Ching vous lance le visage au vent de la mer de Chine, histoire d’essayer de piller un maximum de trésors pour le compte de la célèbre pirate. Votre arme spéciale ? Des cartes ! Oui, dans un jeu de société, ça marche mieux qu’un sabre, et la rejouabilité est meilleure.

Qu’est-ce qu’on trouve dans la boîte ?


Sur la boîte de Madame Ching, on reconnaît aisément la patte de Vincent Dutrait, son illustrateur. Le style est classique, pas trop old school, et toujours aussi réussi.

A l’intérieur, on retrouve des cartes et un plateau tout aussi bien illustrés : cela ajoute clairement au plaisir de jeu. On a en outre pas mal de tuiles en carton bien épais, des pièces en carton et des pépites en plastique.

Au final, le matériel est riche et beau. Bref, question édition, c’est irréprochable !

Le principe de jeu : monter des expéditions


Nous sommes en 1808 sur la mer de Chine. Vous êtes un jeune pirate aux ordres de Madame Ching. Vous lancez votre jonque au fin fond de l’océan histoire de pouvoir atteindre des terres qui intéressent votre patronne. Le but du jeu est simple : accumuler le plus de butin !

Le plateau de jeu, avec toutes les cartes, c'est très chouette.
Le plateau de jeu, avec toutes les cartes, c'est très chouette.

Vous disposez de quatre cartes en main. A votre tour, vous devez en jouer une face cachée. Toutes les cartes sont ensuite retournées en même temps. Le nombre qu’elles indiquent définissent l’ordre du tour : la plus haute défini le joueur qui commence, et ainsi de suite.

La carte viendra ensuite enrichir votre expédition ou en commencer une autre :
- Si le nombre présent sur la carte est plus élevé, on continue l’exploration : si la couleur de la carte est déjà présente sur les autres cartes de l’expédition, vous avancez votre bateau d’une case tout droit. Si au contraire la couleur est différente, vous avancez en diagonale.
- Si le nombre est plus petit que la dernière carte de votre expédition, cela veut dire que vous allez en recommencer une autre.

Avancer tout droit rapporte moins de points d’expédition, mais vous permet de piocher des cartes rencontre. Ces cartes sont très importantes pour la victoire, car elles apportent pas mal de choses : des points supplémentaires, mais également la possibilité de pourrir la vie de vos adversaires (notamment en leur piquant des pépites !).

Une fois que vous avez posé votre carte sur votre expédition, vous devez choisir parmis les cartes de la pioche. Et comme il y en a autant que de joueurs présents autour de la table, autant tâcher de commencer le plus tôt possible.

Sauf que si vous commencez tôt, c'est que votre carte propose un nombre élevé, et que si ce nombre est élevé, c’est que votre expédition est bientôt terminée. Bref, ce n’est pas simple la vie de pirate sous les ordres de madame Ching.

Les petits bateaux contribuent bien à vous mettre dans l'ambiance.
Les petits bateaux contribuent bien à vous mettre dans l'ambiance.

Votre objectif : terminer des expéditions


Lorsque vous terminez une expédition (c’est à dire quand la carte que vous posez affiche un nombre plu petit que la dernière carte de votre expédition en cours), vous défaussez les anciennes cartes et regardez la valeur de la case sur laquelle se trouve votre bateau. Cela vous permet de prendre une tuile expédition (présente en bas du plateau) d’une valeur inférieure à celle de la case sur laquelle vous vous trouvez.

Donc en gros, plus vous arrivez loin, plus le trésor est important.

De plus, vous devez compter le nombre de symboles sur les cartes expéditions : si vous en cumulez trois identiques, vous bénéficiez d’une carte bonus souvent bien utile.

Du coup, vous avez plusieurs stratégies possibles : faire des expéditions courtes mais plus nombreuses, et récupérer des tuiles expéditions de valeur moindre, mais plus nombreuses. Ou encore tenter d’aller le plus loin possible histoire de viser les tuiles expédition les plus fortes, et aux récompenses les plus juteuses.

Un thème bien foutu


Avec ses cartes numérotées, on pourrait penser que Madame Ching est un jeu de cartes agrandit pour tenir sur un plateau. Mais c’est plus complexe que cela.

Votre objectif : amasser les richesses !
Votre objectif : amasser les richesses !

La mécanique principale, ce sont clairement les cartes. Mais au final, les déplacements sur le plateau et les objectifs à atteindre font que l’on se prend vraiment au jeu, on comprend clairement qu’on lance des expéditions et que l’on ne fait pas qu’accumuler des cartes les unes sur les autres dans un ordre précis, comme c’est le cas dans Les Cités Perdues par exemple (ce qui n’enlève rien au génie de ce dernier, bien entendu).

A deux, c’est plus tactique…


Madame Ching propose un ajustement de taille pour jouer à deux : chaque joueur ne mène plus une seule mais deux expéditions.

Du coup, cela demande beaucoup plus de stratégie puisque l’on endosse le rôle de deux joueurs à la fois.

Pour augmenter un peu les choix, chaque joueur dispose d’une carte supplémentaire en main, pour un total de cinq cartes.

Cela donne des parties plus tendues, et moins immédiates puisqu’elles demandent un peu plus de choix, surtout pour définir la carte de départ.

Des aléas très présents


Le problème principal avec Madame Ching, c’est le double hasard : celui de la pioche, et celui du tour… Même si le second est très relatif.

Ce principe de gestion de tour sera en partie repris par le génial Kingdomino (toujours de Bruno Cathala), mais ici, il fonctionne beaucoup moins bien. Cela vient principalement du fait que la carte posée (sa valeur) est trop dépendante de votre expédition.

On est donc régulièrement prisonnier de la pioche et le choix de cartes ne proposera pas tout le temps ce qui nous intéressera réellement.

Cela influence donc forcément vos expéditions, mais on se sent régulièrement trop limité par le choix des cartes, comme si le jeu jouait pour nous.

C’est d’autant plus vrai à deux joueurs, où l’on gère deux expéditions en même temps avec seulement cinq cartes.


Madame Ching, un jeu pour 2-4 joueurs de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc, illustré par Vincent Dutrait, édité par Hurrican pour des parties d'environ 45min.
Age conseillé : 8+.
moyen

Madame Ching

Madame Ching propose un jeu aux visuels très réussis, mais où le hasard de la pioche ne conviendra pas à tout le monde. Cela est relativement tempéré grâce à de nombreux à côtés, comme les cartes rencontre et les cartes compétences, mais l’action de ces dernières reste tout de même bien lié au hasard de la pioche.

La note : 3/6 (moyen)