Mars est maintenant colonisée, mais tout n’est pas encore joué ! Il va falloir prendre soin de vos colons, sous peine de voir tout le monde crever dans d’atroces souffrances. Pour un jeu coopératif, c’est un peu bizarre comme principe non ?

Un projet Kickstarter largement financé


Lancé en juillet 2016 pour une sortie en février 2017, Martians : A Story of Civilization a fait son show et provoqué un petit buzz durant l’été, en atteignant son objectif de 30 000$ en moins de deux heures.

Il finira à 220 932$ financés par 3 298 internautes. On est loin des sommes astronomiques d’un Cool Mini Or Not et ses Zombicide, mais tout de même, ici on n’est pas face à un jeu de figurines, mais un jeu de gestion, vendu à peu près à la moitié du prix d’un jeu de plateau avec figurines.

C’est donc tout à fait honorable, surtout que le jeu ne s’adresse pas particulièrement au grand public, bien au contraire. Il suit toutefois les courants du genre, car la planète rouge a le vent en poupe. La sortie de nombreux jeux dont l’action se déroule sur Mars en témoignent. Il faut dire que le succès du film de Ridley Scott, Seul du Mars, avec Matt Damon, y est certainement pour beaucoup. Et après tout, ça change après une partie de jeu de Vikings, l’autre mode du moment !

Martians : A Story of Civilization, nous vient de Pologne et est édité par Red Imp, à qui l’on doit des jeux comme Lord of the Ice Garden, Enclave ou encore Warships, trois jeux pas forcément très connus dans nos contrées, car à ma connaissance pas disponibles en français.

Le plateau de jeu : mieux vaut avoir une grande table !
Le plateau de jeu : mieux vaut avoir une grande table !

Une horreur de règles


Sur le papier, Martians : A Story of Civilization est un jeu de gestion dont la mécanique principale est le placement d’ouvrier. A cela vient s’ajouter les mécaniques classiques du jeu coopératif : contrer une menace qui intervient à chaque round.

Sur le papier en fait non, car lorsque l’on a la notice entre les mains, c’est une toute autre paire de manches tant l’ensemble est mal expliqué. Le jeu est assez costaud dans ses règles (ce n’est pas pour rien qu’il est affiché 14+), mais pourtant, une fois assimilées, ses règles ne sont pas ultra complexes… Alors pourquoi la règle vous demande-t-elle de nombreuses lectures avant que tout ne soit limpide ?

Et, même si elle aide, la FAQ et l’erratum fournis avec la version Kickstarter ne permettent pas forcément de mieux comprendre certaines finesses de mécaniques.

Heureusement, après quelques lectures attentives, on fini par s’y retrouver. Le mieux est donc de faire ses premières parties avec un joueur qui s’est déjà coltiné ces foutues règles, histoire de gagner du temps et éviter de galérer. Lorgner du côté d’une vidéo-règle sur Youtube n’est pas une mauvaise idée non plus.

Un matériel aux petits oignons


Le matos est superbe. Venant d’un jeu financé sur Kickstarter, on n’en attendait pas moins. Le plateau - énorme - est très joliment illustré. Recto / verso, il permet d’avoir une configuration horizontale et verticale, très pratique en fonction de la taille de votre table et du nombre de joueurs assis autour.

Le plateau personnel et l'espace d'un joueur, pas mal de matos également !
Le plateau personnel et l'espace d'un joueur, pas mal de matos également !

Le jeu compte pas mal de petites cartes toilées - c’est de plus en plus rare en 2017. Les plateaux personnels sont tout aussi chouettes et faits de carton bien épais.

Bref, c’est un sans faute jusque là. Pour ceux qui auraient acheté le jeu via la campagne Kickstarter, vous trouverez pas mal de choses en plus dans la boite. Des missions supplémentaires, ce qui permet de rallonger la durée de vie du jeu, quelques cartes bonus assez dispensables, et surtout des pions en plastique.

Autant les pions premier joueur, foreuse et le compte-tour sont plutôt réussis. Je préfère très largement utiliser les petits meeples en bois que les pions en plastique que l’on dirait tout droit sortis d’un jeu de société des années 1980. Bon, on ne peut pas faire du top à chaque fois, hein ?

Un jeu de gestion coopératif


Une fois que l’on s’est dépatouillé avec les règles, on découvre un jeu finalement assez classique.

A son tour, chaque joueur dispose de trois actions. Pour matérialiser une action, il pose l’un de ses trois astronautes à l’endroit du plateau où se trouve l’action concernée. Classique, comme dans un Caylus ou un Agricola. Si tous vos astronautes sont déjà posés sur le plateau, vous pouvez les reprendre en payant une action.

Les pions sont personalisés et de belle qualité.
Les pions sont personalisés et de belle qualité.

Votre objectif ? Survivre à quatre rounds de jeu tout en subvenant aux besoins de la colonie. Oxygène, nourriture et maladie sont autant de boulot pour vous. Car si, à la fin du tour, il reste l’un de ces jetons dans la colonie, c’est un malus pour vous, voir la mort de l’un de vos astronautes !

En revanche, si vous faites bien votre boulot, vous contribuerez à de nouvelles naissances, ce qui vous donnera un tour de jeu supplémentaire par round. Autant dire une belle aubaine !

Des missions pour varier les plaisirs


Le jeu peut se jouer tel quel, mais des fiches missions viennent varier un peu l’expérience de jeu. Pour chacune, ce sont des objectifs annexes qu’il faudra atteindre en plus de ceux de la survie de la colonie.

Cela apporte un peu de variété dans le jeu et force les joueurs à utiliser certaines capacités et actions qu’ils n'auraient pas forcément utilisées sans cela.

Mais les missions ne brisent jamais le fonctionnement classique du jeu, cela renouvelle finalement relativement peu les stratégies, puisque le coeur du jeu consiste à produire et gérer au mieu sa colonie pour que tout le monde puisse survivre.

Les fiches scénarios : il y a de quoi faire.
Les fiches scénarios : il y a de quoi faire.

Coopératif, solo, compétitif, il fait le café aussi ?


Martians : A Story of Civilization peut se jouer en solo, en coopératif, en semi-coopératif et même en compétitif ! En gros, on a un jeu à tout faire, dont les règles se modifient en fonction du nombre de joueurs et de leurs envies avant de commencer la partie.

Mais comme souvent quand on veut taper à tous les râteliers, on se gauffre sur pas mal de choses. Le jeu est à la base pensé comme un jeu de plateau coopératif, et cela se ressent clairement dans les autres modes, et notamment le compétitif, finalement assez peu intéressant. Les mécaniques étant celles d’un jeu coopératif, le rendre compétitif augmente la frustration. C’est par exemple le cas de la météo, qui ne vient que nuire aux joueurs en compétition alors qu’il faut s’entendre et faire avec lorsque l’on joue en coopération.


Un jeu de placement d'ouvrier et de gestion de ressources.
Un jeu de placement d'ouvrier et de gestion de ressources.


Les add-on de la version Kickstarter (en haut), et les éléments standards (en bas)... Le plastique, ce n'est pas toujours fantastique...
Les add-on de la version Kickstarter (en haut), et les éléments standards (en bas)... Le plastique, ce n'est pas toujours fantastique...



Martians : A Story of Civilization, un jeu pour 1-4 joueurs de Krzysztof Wolicki et Grzegorz Okliński, illustré par Paweł Niziołek, édité par Redimp Games pour des parties d'environ 90-150min.
Age conseillé : 14+.
moyen

Martians : A Story of Civilization

Sous ses airs de touche à tout, Martians : A Story of Civilization est avant tout un jeu coopératif. Très agréable à l’oeil, il ne renouvellera toutefois pas le genre, se contentant de proposer un jeu de pose d’ouvriers classique, mais efficace.

La note : 3/6 (moyen)