Nier Automata est un jeu énigmatique : shoot'em up ? Beat'em all ? RPG ? Un peu tout ça, et finalement bien plus.

Un jeu culte... à retardement


Il y a des jeux comme ça, qui sortent de façon totalement inaperçue, se vendent mal, puis se retrouvent auréolés d'une espèce d'aura de "chef d'oeuvre injustement méconnu".

Les ventes redécollent, mais le tirage est alors tellement réduit que le jeu devient collector, les collectionneurs et autres charognards se mettant en chasse des quelques exemplaires que l'on pourrait grapiller ici et là.

Nier Automata et son monde en ruines.
Nier Automata et son monde en ruines.

Peu de gens ont donc essayé le premier Nier. Le résultat n'était pas parfait, mais bénéficiait d'une ambiance qui venait casser les codes d'un monde du jeu vidéo un peu trop formaté. De quoi ravir les passionnés du genre et suffir pour donner au titre une aura quasi mythique.

Du coup, quand une suite à Nier est annoncé, on n'y croit pas trop, puis on ne peut que se réjouir, surtout quand on voit qui se trouve derrière le nouveau venu.

Nier Automata : un auteur de génie et une équipe talentueuse


Derrière cette suite sortie d'on ne sait où se trouvent deux entités. D'un côté l'auteur originel de Nier, Yoko Taro, et de l'autre Platinium Games (Bayonetta, Vanquish, Metal Gear Rising : Revengeance.

Bon avouez-le, ce n'est quand même pas si moche que ça, si ?
Bon avouez-le, ce n'est quand même pas si moche que ça, si ?

Platinium, c'est une équipe talentueuse qui, au gré des sorties, s'est embourbée. Un développeur garant d'un savoir-faire nippon en termes de jeu vidéo là où le medium se démarque maintenant par ses production occidentales (Assassin's Creed et autres Uncharted).

Le soucis, c'est que Platinium fini par tourner en rond. Son point fort, c'est clairement le gameplay. Son point faible, c'est le scénario et l'univers. Il n'y a qu'à jouer à Vanquish pour s'en convaincre. Et concernant Yoko Taro, c'est exactement l'inverse.

Du coup, les points forts et points faibles de chaque entité viennent ici se compenser. Sur le papier, c'est merveilleux. Dans la pratique, on retrouve un jeu avec d'excellents bons côtés, mais des points faibles plutôt chiants.

La direction artistique est très bonne, c'est la réalisation qui merde un peu.
La direction artistique est très bonne, c'est la réalisation qui merde un peu.

En fait, Nier Automata, c'est super moche ?


Oui, c'est très moche. Le savoir-faire ne fait pas non plus des miracles. On voit clairement que le projet Nier Automata a de la bouteille, et le résultat fait plutôt remake HD d'un jeu PS2 sur PS3. C'est dommage, car pour certains joueurs cela risque de devenir rédhibitoire. On sent également que le budget n'est pas aussi conséquent que pour un bon vieux blockbuster.

Il faut pourtant s'accrocher, car la réalisation n'est pas le seul côté rugueux de Nier Automata.

C'est dommage, car la direction artistique est plutôt bonne. Notamment au niveau des personnages. Enigmatiques au possible avec leur yeux bandés, ils ont un look particulièrement sexy.

Absence de marques


La destabilisation est à la fois le bon et le mauvais côté de Nier Automata. On se retrouve dans un monde que l'on ne connait pas, avec un jeu qui oscille entre le beat'em all et le RPG. Un jeu hybride sur bien des points et qui semble prendre un malin plaisir à brouiller les pistes.

Ainsi, on trouve un gameplay qui, s'il privilégie clairement le beat'em all, opte pour quelques spécificités du RPG. Le mélange est bizarre, souvent bordélique, mais pas inintéressant, bien au contraire.

A cela s'ajoute également une bonne dose de shoot'em up. Un choix particulièrement osé à une époque où le genre est totalement tombé en désuétude. Une marque de plus de la volonté de proposer quelque chose de nouveau avec des mécaniques qui ont déjà fait leurs preuves.

Tout pour continuer le mythe


Le premier Nier avait d'excellentes bases un peu foutues en l'air par des erreurs parfois grossières. Nier Automata souffre du même syndrome, le résultat étant tout de même un bon cran au dessus.

Il y a déjà cette accessibilité restreinte, ce côté "si tu veux jouer, il va falloir donner de toi-même pour trouver ce qu'il faut faire" qui tranche avec le côté assisté des productions actuelles.

A cela s'ajoute le fait que Nier Automata sort entre deux autres énormes titres, que sont Horizon Zero Dawn et Zelda Breath of the Wild. Autant dire que le grand public n'étendra même pas parler du jeu qui nous intéresse ici.

Une aventure qui pose des questions


L'aventure principale est vraiment intéressante, pose des questions sur le statut des personnages, de qui ils sont et de ce qu'ils combattent. Je ne vous dit rien de plus, le meilleur étant encore de ne rien savoir de l'histoire ou même du principe de jeu lorsque l'on commence la partie.

Sachez juste que tout est énigmatique, on ne comprend pas tout mais, peu à peu, certaines pièces du puzzle viennent nous en apprendre plus. Une méthode typiquement japonaise largement répandues dans les mangas, et qui vient rappeler un certain Ghost In The Shell.

On termine l'aventure principale en une dizaine d'heures. les quêtes annexes sont nombreuses, mais chiantes au possible. A passer notre temps à faire le facteur, on tombe dans les travers du RPG à la japonaise.
Excellent !

Nier Automata en quelques mots

Essayez de passer outre la première impression que vous aurez de Nier Automata : ce n'est pas la bonne !
Le jeu revêt de multiples formes, et il va falloir donner de vous-même pour les découvrir. Un jeu rugueux, qui ne se laisse pas facilement approcher. Non pas qu'il soit trop difficile, mais juste qu'il prend plaisir à casser les repères, tant au niveau du gameplay que du level design ou de l'histoire.

La note : 5/6 (Excellent !)