NORTH n'est pas vraiment un jeu vidéo. En tout cas, il n'est pas là pour vous divertir, mais plutôt pour vous faire réfléchir. Enfin, c'était visiblement son objectif, mais c'est raté.

Dans la peau d'un migrant


NORTH vous met dans la peau d'un migrant. Un sujet on ne peut plus sérieux que détonne avec tout ce que l'on trouve sur l'eshop de la Nintendo Switch. Car oui, pas de boite ni de cartouche pour ce "jeu" détonnant, mais une disponibilité uniquement en dématérialisé.

Dès le début du jeu, vous êtes plongé dans un monde atypique, sorte de dystopie qui rappelle le 1984 de Georges Orwell, avec un soupçon de cyberpunk en plus.

Les premiers pas sont particulièrement déstabilisants.
Les premiers pas sont particulièrement déstabilisants.

Au fil des lettres


Là où NORTH est vraiment intéressant, c'est dans sa narration. Le jeu en lui-même vous propose une vue à la première personne dans un monde aux couleurs bizarres, très sombres, et où tout va très lentement.

On ne comprend pas grand chose, jusqu'à ce que l'on envoie une lettre à sa soeur. C'est même le coeur du jeu. Au travers les lettres que vous écrivez à votre soeur, vous expliquez ce que vous devez faire dans le jeu. Une astuce narrative plutôt maline.

Il vous faudra entre une et deux heures pour voir le bout de NORTH. Ce n'est pas long, mais c'est déjà bien assez. Le jeu, sous son couvert de serious game, souffre de nombreux défauts de gameplay... et même de narration.

Les photos que vous croiserez sont particulièrement WTF.
Les photos que vous croiserez sont particulièrement WTF.

Serious game = réalisation pourrie ?


C'est souvent le cas avec les jeux qui affichent un propos bien plus profond que de "terminer le niveau avec toutes ses vies" : la réalisation et le gameplay ne sont pas terribles.

NORTH est TRES lent au niveau de ses déplacements... et en plus imprécis. Il n'y a pas de challenge à relever, cela ne pose donc pas vraiment de problèmes, mais la réalisation est également à la ramasse.

Le jeu est très sombre, et souvent trop sombre, si bien que l'on peine à se déplacer et à s'y retrouver. C'est peut être voulu, histoire de souligner qu'il est très difficile pour un migrant du sud de trouver sa place dans le nord.

Ambiance.
Ambiance.

Pas très fin


Et c'est là que NORTH rate également un truc. Son propos est si attendu que c'en devient un cliché. Le nord concentre un ramassi de gros cons égoistes, leur monde est sombre, sale, et impitoyable.

C'est toujours un peu le problème avec ce genre de propos : il est difficile de ne pas être d'accord, mais le but, normalement, c'est de faire réfléchir. Et là ce n'est absolument pas le cas tant la caricature est grande.

Si le but était de faire réfléchir en suscitant l'émotion, c'est malheureusement raté.


Les lettres que vous écrivez à votre soeur sont le seul lien scénaristique que vous avez.
Les lettres que vous écrivez à votre soeur sont le seul lien scénaristique que vous avez.


Ambiance (bis).
Ambiance (bis).


Esthétiquement, c'est travaillé. Techniquement, c'est plutôt naze.
Esthétiquement, c'est travaillé. Techniquement, c'est plutôt naze.

à peine moyen

NORTH

NORTH est un jeu intello mal dégrossi. Son seul bon point, c'est son propos. Pour le reste, c'est assez lourdingue, tant au niveau de la réalisation que du gameplay, et même du propos.

La note : 2/6 (à peine moyen)