La vitesse croisière est atteinte, après la genèse, le boom du début des années 80. On est encore loin de la Playstation…

Petit Rappel.

Pour ceux qui auraient la mémoire courte (mémoire morte ?), ou qui n’ont tout simplement pas lu le premier chapitre, commençons donc par un petit résumé de l’épisode précédent. Non ce n’est pas Atari qui a inventé les jeux vidéo ! Remonter aussi loin est très difficile, on peut même penser que l’idée de jouer avec les ordinateurs provient des essais de plusieurs personnes, chacun dans son coin. Le mythe de l’Inventeur des Jeux Vidéo en prend donc un coup dans l’aile.

En vrac, on peut penser à Willy Higinbotham et son jeu de tennis fonctionnant à base de tubes à vide, à Steve Russell, géniteur de Space War sur PDP-1, à Ralf Bear et son Odyssee ou encore à monsieur Atari, Nolan Bushnell, est son fameux Pong, avec le quel la firme aux cinq prestigieuses lettres a marqué le début de l’ère jeux vidéo d’un quasi monopole.

Mais l’arrivée de la concurrence fut rude, et, en dehors des simples copies du jeu de tennis fétiche, sortirent des machines révolutionnaires. Atari pensait sortir une machine de salon permettant de changer de jeu par l’intermédiaire de cartouches, mais Fairchild le prit de vitesse en lançant sa Channel F avant lui.



Un nouvel horizon.

Eh oui, désormais, on peut changer de jeu sans changer de console ! Ce principe tombe sous le sens de nos jours, mais à l’époque, cela fit grand bruit dans la petite communauté des joueurs. Basée sur un processeur maison, le F8, la machine sorti en 1976 sous le nom de Video Entertainment System. Elle disposait de nombreux petits détails qui ne trompaient pas sur l’avance qu’avait pris la machine : les manettes étaient détachable, ce qui commençait à peine d’arriver au niveau des Pong et dérivés ; en outre, elles proposaient une croix directionnelle de quatre angles, à l’heure où les Tennis ne proposaient qu’un simple truc à tourner.

Le potentiel était énorme, principalement parce que le nombre de jeu pouvait l’être aussi. Malheureusement ça n’a pas été le cas. Dès Septembre 1977, Atari lance sa désormais légendaire VCS (pour Video Computer System), renommé en 1982, lors de la sortie de la 5200, 2600. Plus puissante, cette dernière était suivie par beaucoup plus de développeurs, et de quelques vingt et uns jeux sortis sur la console de Fairchild, on en compte des centaines sur la console d’Atari.

Néanmoins La Channel F – renommé ainsi à cause de son nom beaucoup trop proche de celui de la VCS - reste la première console à cartouche, c’est donc à elle que revient les honneurs de la course à la technique de cette fin des années 1980.



Puissance mondiale.

Il faut dire aussi qu’Atari s’était remis de ses problèmes financiers : à contrecœur, Nolan Bushnell a vendu sa société à la Warner. Cela lui a tout de même permit de remporter la bagatelle de vingt-huit millions de dollars, lui permettant d’exercer ses talents dans une nouvelle branche, en lançant les Chuck E. Chesse, une chaîne de pizzas qui connaîtra elle aussi un grand succès.

On ne part pas comme ça d’une société comme Atari, Nolan restera encore quelques temps dans sa firme en tant que président du conseil d’administration. Mais voilà, la firme pleine de hippies est désormais tombée entre les mains des costars cravates : la Warner dicte sa loi. Et cette loi va dans le projet Stella : la future VCS. Bushnell n’y crois pas, arguant que le prix de vente sera trop grand. A bout il quitte la firme qui ne l’écoute désormais plus pour quelques cent millions de dollars d’indemnités.

Pourtant, lors de la sortie de la machine, les ventes mettent quelques temps à décoller, puis c’est l’envol ! La console s’impose sur le marché, balayant tout sur son passage. Tous les joueurs ne jurent que par elle !

L’année de la consécration est 1979 : rendons-nous compte, Atari n’a pas de réel rival, a part quelques petits, Fairchild n’arrivant pas à sortir de la mouise. La console avait donc deux ans avant de trouver des consoles qui peuvent rivaliser avec leur produit !



La concurrence.

Elle sera principalement identifiée par deux consoles : l’Odyssee^2 de Philips, et l’Intellivision de Mattel.

Commençons par la console de Philips. La console sort dans l’année 1979 et reprend le nom de la première console de salon qui ait existé, l’Odyssee. Un bon argument marketing pour démarrer ? Cette orientation est assez discutable, puisque la console de Magnavox n’a pas connu un succès énorme, même au pays de l’oncle Sam.

On dénombre beaucoup de nom à cette machine : en Europe c’est G7000, en France c’est C52… Chacun à son nom pour ainsi dire.

Techniquement, c’est une console très limitée, architecturée autour d’un processeur Intel very light, l’ensemble des sprites (on appelait ça des lutins) et autres données des jeux sont présents en ROM dans la console, les cartouches ne sont donc que des listings en quelques sorte. Mais cela a permis de faire des jeux très bon marché, la mémoire morte coûtant très à cette époque. Il en résulte une soixantaine de jeux de qualité très moyenne, mais peu chers.



Barbie Vs Donkey Kong.

Qu’est-ce qui a bien pu pousser l’inventeur de la poupée Barbie à se lancer dans ce nouveau monde ? L’appât du gain bien entendu ! Le marché des jeux est en pleine expansion, et malgré une petite baisse durant l’année 1978 dû à la surcharge du marché de Pong et dérivés, le business se porte bien.

N’y connaissant strictement rien en matière de jeux vidéo, la meilleure idée était de faire sous-traiter.

Néanmoins, il ne fallait pas se lancer n’importe comment, et un test fut réaliser dans la région de Fresno en Californie durant l’année 1979 où 200 000 unités furent écoulées. Les ventes étant très satisfaisantes, l’Intelligent Television, ou Intellivision, un nom au marketing oh combien évocateur, fut commercialisée à grande échelle.

Afin d’ajouter à l’envie de se procurer cette console, Mattel annonce que la console pourra être transformée en réel micro-ordinateur en lui ajoutant un module. Beaucoup de gens sont tombés dans le panneau et nombre de personne achetèrent la console à avec l’intention de la transformer en micro quand l’ultime accessoire sortirait. Mais il mit énormément de temps à sortir.

Un test fut réalisé au niveau de ce module, mais son prix de vente beaucoup trop élevé en fit un échec. Une nouvelle version sorti plus tard, mais trop tard.



Tout va bien ?

Pas sûr, les console se vendent bien, les éditeurs sortent des jeux à la pelle, avec beaucoup de daubes cachées sous des licences plus ou moins prestigieuses. Ça devait mal finir. Encore quelques consoles de qualité à sortir, puis ce qui devait arriver arrivera…