Paper Tales vous plonge dans un monde médiéval fait de papier collé. Toutefois, ne vous y trompez pas : derrière ses jolis atours se cache un jeu exigeant et profond.

Dans la boîte : plein de cartes


Il n’y a pas énormément de matériel dans la la boîte de Paper Tales… Après tout, c’est un jeu de cartes, non ?

Outre les cartes (81 cartes unité, et 5 cartes bâtiments par joueur), on y trouve un plateau central pour compter le score et les tours de jeu, quelques pions pour les joueurs et des pièces en carton qui serviront d’argent aux joueurs.

Rien de plus. La boîte est donc un peu grande pour son matériel, mais on sait bien que ce n’est pas le matériel qui fait les grands jeux. Et là, une fois de plus, c’est clairement le cas ici.

Les mécaniques de Paper Tales


Paper Tales est principalement un jeu de cartes basé sur le draft. Il se déroule principalement en six étapes.

Votre aire de jeu comporte quatre à cinq cartes... pas plus.
Votre aire de jeu comporte quatre à cinq cartes... pas plus.

Recrutement : Chaque joueur reçoit cinq cartes, qui représentent toutes des unités (et donc des personnages). A son tour, il va en prendre une, la poser face cachée devant lui et passer le reste des cartes au joueur à sa gauche. Et comme ça jusqu’à ce que chacun ait constitué une main de 5 cartes.

Déploiement : Devant vous, vous posez vos cartes, toujours face cachée, sur deux ligne de deux cartes. Vous ne pouvez donc jouer que quatre cartes au maximum (et jusqu’à 5 avec quelques améliorations). Une fois que tout le monde a déployé ses cartes, on les retourne, et chacun paye ses cartes avec son argent (il est donc crucial d’avoir toujours un peu de sous, sous peine de ne pas pouvoir poser de nouvelles unités !).

Guerres : Oui, forcément, il faut bien se foutre sur la gueule à un moment ou à un autre. On compte alors les points d’attaque des unités qui se trouvent sur la première ligne (ceux de la deuxième ligne ne comptent pas, sauf quelques exceptions). Les joueurs qui gagnent des guerres marquent des points de victoire. Mais personnes n’est tué, tous les personnages restent en place.

Revenu : Chaque joueur gagne deux pièces, plus des pièces bonus qu’il peut avoir sur ses bâtiments ou ses unités.

Construction : Chaque joueur peut construire ou améliorer un bâtiment. Les bâtiments apportent des bonus de type argent ou des matériaux bien utiles pour déployer de nouvelles unités.

Les 6 phases de jeu vous demanderont une bonne dose d'anticipation, et surtout d'optimisation.
Les 6 phases de jeu vous demanderont une bonne dose d'anticipation, et surtout d'optimisation.

ge : Chaque unité qui a déjà un jeton ge sur elle est défaussée, elle meurt. Chaque autre unité reçoit un jeton ge.

Et ainsi de suite pendant quatre tours. A la fin, celui qui a le plus de points sur le plateau central remporte la partie.

Le twist qui fait de Paper Tale un excellent jeu de société, c’est que vos cartes ne restent jamais bien longtemps posées devant vous. En effet, vos personnages vieillissent et meurent.

Un effet de déjà-vu très vite dissipé


Sur le papier, Paper Tales rappelle furieusement un certain 7 Wonders, mais ça, c’est uniquement sur le papier. Car une fois en jeu, les sensations sont très différentes.

Déjà, il s’agit d’un jeu beaucoup plus casse neurones que le jeu d’Antoine Bauzat. Surtout lors des derniers tours, où optimiser au mieux ses cartes va vous demander pas mal de concentration.

Les jetons de vie : ils sont au cœur de la mécanique de Paper Tales.
Les jetons de vie : ils sont au cœur de la mécanique de Paper Tales.

En ce sens, Paper Tales n’est pas à mettre entre les mains de joueurs débutants, de peur de les rebuter. Non pas que le jeu soit trop dur, simplement, il est beaucoup moins léger que ses illustrations ne le laissent entendre.

L’énorme différence avec 7 Wonders, c’est déjà que les cartes récupérées lors de la phase de draft sont posées devant nous face cachée : on ne dévoile donc pas son jeu immédiatement. Cela permet aussi de changer le cap de votre stratégie au gré des cartes que vous récupérez. Et là, ça fait déjà une sacrée différence.

L’autre élément important, c’est que vos cartes ne restent pas en place toute la partie, et que l’on ne retrouve pas le système des types de cartes et des constructions gratuites. La comparaison s’arrête donc au système de draft et de pose de cartes, mais rien de plus.

Au final, Paper Tales est clairement un jeu totalement différent de 7 Wonders.

A la base de Paper Tales était Vorpals


Et pour ceux qui imaginaient que Paper Tales s’est inspiré des mécaniques de 7 Wonders, sachez juste que Paper Tales est une re-thématisation de Vorpals, un jeu sorti en 2010… Soit la même année que 7 Wonders. Le hasard est parfois très étonnant.

Le compte-tour sert également à compter les points. Sobre, et efficace.
Le compte-tour sert également à compter les points. Sobre, et efficace.

La localisation française a gardé des mécaniques imaginées par Masato Uesugi, son auteur, mais les visuels des cartes et du jeu en général ont été totalement refaits par Christine Alcouffe, une illustratrice française.

Le style est totalement différent. Là où Vorpals était très clairement orienté pour le public japonais, Paper Tales, avec ses effets de collage de papier, pousse son style graphique jusqu’à en inspirer le nom du jeu, le tout en gardant l’esprit médiéval fantastique de l’œuvre originelle.


Pas beaucoup de matériel, mais une belle profondeur de jeu typiquement japonaise.
Pas beaucoup de matériel, mais une belle profondeur de jeu typiquement japonaise.



Paper Tales, un jeu pour 2-5 joueurs de Masato Uesugi, illustré par Christine Alcouffe, édité par Catch Up Games pour des parties d'environ 30min.
Age conseillé : 12+.
bon petit jeu

Paper Tales

Paper Tales est un excellent jeu de cartes, simple à comprendre, mais pas évident à maîtriser et qui va bien vous déboulonner la réflexion en l’espace de quelques parties. Un jeu pas vraiment familial, mais parfaitement recommandable… et même plus !

La note : 4/6 (bon petit jeu)