La loi de Moore, qui a étonnament régit le monde des microprocesseurs, a maintenant quarente ans. Retour sur un énoncé qui n'était a vrai dire pas fait pour durer.

La Loi de Moore, toutes les personnes s’intéressant un tant soi peut à l’informatique en ont au moins entendu parler.

C’est le 19 avril 1965 dans la revue américaine Electronics Magazine que figure le désormais légendaire article de Gordon Moore, alors directeur du département recherche et développement chez Fairchild Semiconductor.
L’hypothèse a de quoi marquer le lecteur de l’époque : est annoncé le doublement du nombre des circuits intégrés chaque année. La croissance annoncée est donc exponentielle.
D’abord passée totalement inaperçue, cette affirmation deviendra plus tard la Loi de Moore. Le terme de loi est d’ailleurs impropre puisqu’il ne s’agit ici que d’une constatation faite au feeling par un Gordon Moore s’étant basé sur son vécu et sa grande connaissance du marché… Mais absolument rien de tangible ni de scientifique.

Voici ce qu’il écrit : ‘La complexité des composants, à coût minimal, a augmenté de grossièrement un facteur de 2 par an. A court terme, on peut certainement s’attendre à ce que ce rythme se maintienne. A long terme, le taux d’augmentation est plus incertain, mais il n’y a pas de raison de penser qu’il connaisse d’évolution dans les 10 ans à venir au moins. Ce qui veut dire qu’en 1975, le nombre de composants par circuit intégré, à coût minimal, atteindra le chiffre de 65 000’.
En se basant sur le rapport entre la complexité du circuit intégré – déduit par son nombre de composants – et le coût moyen de production, il a réussi à sortir cette fameuse loi.

Quarante ans après, cette loi est toujours utilisée. Par contre, il convient de nuancer la chose. Elle s’est révélée à peu près vraie, à quelques écarts de temps.
En 1975, Moore – alors très étonné que son énoncé soit toujours vrai – reporte l’intervalle de temps non plus à 12 mais à 18 mois. En 1995 il le portera à deux ans. Ce sont de petits écarts, mais il reste que l’homme a été plus que clairvoyant.

Trois ans après la première parution de l’article, en 1968, il fonde avec Robert Noyce la société Intel Corporation, qui sera reconnue comme l’un des – si ce n’est LE – plus grands fondeurs de processeurs du monde. Il prendra la place de CEO en 1975. Elu en 1979 Chairman, il va laisser tomber la place de président. Par contre il reste CEO jusqu’en 1987.
Dix ans plus tard, il est logiquement élu Chairman Emeritus.