Le deck building est un genre de jeu de société dont la mécanique est assez claire et semble facile à reprendre. Pas étonnant de le voir adapté à diverses licences. Encore faut-il le faire correctement.

Pour les fans de la série


Rick and Morty, c’est d’abord une super série. Et vu son succès, pas étonnant de la voir adaptée en jeu de plateau, ou plus précisément en jeu de cartes. C’est Cryptozoic qui s’occupe de l’édition, ce qui n’est pas forcément étonnant quand on connaît les autres sorties de l’éditeur (notamment Ghostbusters).

A l’heure où j’écris ces lignes, le jeu n’est sorti qu’en anglais. Pour un deck building, où pas mal de choses sont écrites sur les cartes, cela demande tout de même des joueurs capables de lire l’anglais, sous peine de galérer pas mal tout au long de la partie : les pouvoirs des cartes sont tout de même assez variés et demandent une connaissance moyenne de la langue british.

Le jeu se base sur un épisode de Rick and Morty, et fait suite à un autre jeu de deck building déjà sorti : Close Rick-Counters of the Rick Kind Deck Building game. Encore un nom à rallonge…

Le jeu qui nous intéresse ici est une extension qui peut tout à fait se jouer toute seule ou être mixée avec le précédent opus, à l’image d’un Ascension par exemple.

La boîte est prêt pour accueillir d'éventuelles extensions.
La boîte est prêt pour accueillir d'éventuelles extensions.

Un jeu de deck building quoi


Rick and Morty - The Rickshank Rickdemption - Deck building game est un jeu de deck building, comme son nom l’indique. Le but est donc, à son tour, d’acheter de nouvelles cartes histoire de fabriquer son propre jeu de cartes (son deck), et de marquer un maximum de points en fin de partie.

Il pioche pas mal dans la mécanique initiée par Dominion, mais en prend également à Ascension, puisqu’ici en plus de quelques paquets de cartes identiques, on aura surtout une rivière de cartes, c’est à dire des cartes différentes prises au hasard parmis un jeu central.

Chaque carte dispose donc de plusieurs choses :
- Elle peut vous procurer l’argent du jeu, celui avec lequel vous achetez des cartes : le Power
- Un coût, que vous achetez avec vos points Power
- Des points de victoire, dont vous faites la somme en fin de partie
- Et bien entendu des capacité spéciales, carte par carte

Certaines cartes ont des capacités de pose, vous permettant de bannir des cartes afin de fluidifier votre jeu, ou encore d’attaquer vos adversaires. Le jeu se démarque alors des jeux du genre par son côté couillon, qui sied parfaitement à la série originelle.

C’est con au possible, et on passe son temps à faire chier les autres. C’est assez fun, avec un côté décalé qui rappelle d’assez loin les effets farfelus des cartes de Smash Up.

On retrouve une rivière de carte à acheter, comme dans Ascension.
On retrouve une rivière de carte à acheter, comme dans Ascension.

Le but est donc d’acquérir assez de pouvoir acquérir des cartes Nemesis : des adversaires très puissants, mais également très chers. Le soucis, c’est que le temps d’arriver à avoir assez de Power pouvoir les acheter, vous trouverez certainement le temps un peu long.

A l’instar d’un Ascension, le jeu est assez déséquilibré et semble manquer de finition - on peut aussi dire “impitoyable” ou “old school” si on est plus gentil, mais reste que la frustration est bel et bien présente.

Le concile, histoire de faire palabrer tout le monde


En plus des capacités, on trouve des cartes concile. Un principe qui peut paraître bon sur le papier mais qui, en jeu, se révèlent vite hyper lourd.

Lorsque vous jouez une carte concile, vous avez un choix à effectuer. Ce choix peut être bénéfique “Le gagnant gagne deux cartes”, ou l’inverse : “Tous les joueurs doivent défausser une carte de leur main, oui ou non ?”.

De là, les joueurs votent. Mais ils peuvent également jouer des pions (des tokens) qui leur permettent d’augmenter la mise. Les tokens sont bien entendu gagnés grâce au pouvoir de certaines cartes.

Les Tocken vous permettront de parier, et de faire des coups bas à vos adversaires.
Les Tocken vous permettront de parier, et de faire des coups bas à vos adversaires.

Au début, c’est marrant, on discute, on se fait des vacheries, mais ensuite, on veut jouer. Déjà que lorsqu’un joueur prend son temps en enchaînant les cartes et les pioches, on regarde un peu trop sa montre… Ici, si on doit en plus donner un avis, ça n’en finit plus.

Cet ajout n’est finalement pas, à mes yeux, une bonne chose, car il ralentit encore plus le rythme d’un style de jeu qui pêche déjà par son manque de patate.

Un deck building d’enculé


Rick and Morty - The Rickshank Rickdemption - Deck building game est aussi con que la série qu’il incarne. C’est bête et méchant.

Il ne faut donc pas chercher à faire le stratège. Ici, ce qui marche, c’est de pourrir la vie de ses adversaires et de découvrir les clins d’oeils à la série. J’adore par exemple les cartes de Summer, Beth et Jerry dans votre set de base : ils ne servent à rien.

C’est marrant durant quelques parties, mais après, le côté aléatoire et le manque de rythme auront très certainement raison de votre motivation. Sans parler du fait que trouver des joueurs qui lisent l’anglais et qui acceptent de jouer avec vous… ben de mon côté, ils ne se bousculent pas à ma porte d’entrée.


Oui, comme dans le dessin animé, ils ne servent à rien.
Oui, comme dans le dessin animé, ils ne servent à rien.



Rick and Morty - The Rickshank Rickdemption - Deck building game, un jeu pour 2-5 joueurs de Matt Hyra, édité par Cryptozoic Entertainment pour des parties d'environ 45-90 min.
Age conseillé : 18+.
moyen

Rick and Morty - The Rickshank Rickdemption - Deck building game

Rick and Morty - The Rickshank Rickdemption - Deck building game, est comme son nom : c’est trop long et ça manque de rythme. Tout le contraire de la série.

La note : 3/6 (moyen)