Mettez votre plus beau costume de pirate, parce que les illustrations sont superbes. Prenez également un médicament contre la nausée, parce que tout cela se passe vachement haut, dans le ciel. Bienvenue dans Sea of Clouds.

Sea of Clouds, du stop ou encore avec la tête dans les nuages


Bon, c’est sûr que dit comme ça, c’est un poil bizarre comme jeu. Mais une fois que l’on comprend un peu les règles, tout rentre dans l’ordre.

L’objectif dans Sea of Clouds, c’est de chopper le plus de trésors. C’est d’ailleurs super simple, parce qu’ils vous tendent les bras, vous n’avez même pas à vous battre pour les avoir… Ou plutôt, tout du moins, vous ne devriez pas.

Les trésors sont là, juste de devant vous, mais le soucis, c’est que vous n’êtes pas le seul pirate qui les convoitent ! Du coup, oui, forcément, il va falloir vous battre, un peu, parce que hein, même dans les airs, vous restez un pirate. Et un pirate, ça se fout sur la gueule. Non mais.

Tout cet or, c’est pour moi !


Dans Sea of Clouds, il y a trois butins, constamment accessibles. A son tour, un joueur va secrètement prendre connaissance des cartes qui constituent le premier butin. Si les cartes lui conviennent, il les prend et met la carte du dessus de la pioche à la place.

Le parcours, avec les trois butins et la pioche (à gauche).
Le parcours, avec les trois butins et la pioche (à gauche).

Si le butin ne lui plais pas, ou s’il veut voir s’il n’y a pas mieux dans les butins suivants, il place la carte du dessus de la pioche sur le premier butin, et peut alors regarder le deuxième butin, et faire pareil : le prendre s’il lui plaît et placer une carte à la place, ou le laisser et placer une carte dessus pour passer au troisième butin.

Si au troisième butin, vous n’en voulez toujours pas (vous êtes sacrément difficile en fait, non ?), vous ajoutez une carte sur le troisième butin, et vous piochez la carte du dessus de la pioche. Et cette fois, vous êtes obligé de la garder. Parce que, quand même, il ne faut pas exagérer non plus.

Les cartes que l’on prend sont placées dans votre aire de jeu. Et elles sont TOUTES placées dans votre aire de jeu, même celles qui ne vous arrangent pas. On a donc une subtile mécanique de stop ou encore alliée aux collections de cartes que l’on va collecter et qui vont vous permettre de marquer des points.

Le soucis, c’est de savoir ce que l’on veut faire : tenter de récupérer des cartes intéressantes dans les butins suivants ? Dans ce cas, vous ajoutez une carte supplémentaire pour le pirate qui passera après… C’est à vous de voir, et c’est ce qui fait tout le sel de Sea of Clouds.

Comment amasser les richesses ?


Il y a quatre façons d’amasser des richesses dans Sea of Clouds, correspondant à autant de types de cartes différents :
- Le rhum : ben oui, sans rhum, on n’est pas un vrai pirate : les points gagnés sont variables en fonction du rhum (il y en a même un tellement dégueulasse qu’il fait perdre un point)
- Les reliques : plus on en a d’un même type, plus on marque de points.
- Les trésors : si certains permettent de gagner des points à la fin de la partie, beaucoup donnent des bonus / malus.
- Les doublons : les pièces vous donnent bien entendu des points de victoire à la fin de la partie. Parce que vous êtes un pirate, un vrai.

Le joli perroquet, qui permet de trancher en cas d'égalité.
Le joli perroquet, qui permet de trancher en cas d'égalité.

Chaque type de carte dispose d’un dos avec un icône et une couleur qui les identifie clairement. A tout moment, on peut donc regarder la pioche et tenter de forcer un peu le sort.

A l’abordage moussaillon !


Des richesses, du rhum, il ne manquait qu’un poil de baston histoire de parfaire le tableau qui consiste à dépeindre un vrai pirate (avec un seul oeil, tatoué, et qui pue le bouc à deux cent mètres).

Aux cartes énumérées ci-dessus s’ajoutent des cartes pirates qui permettent de remporter (ou pas) les combats qui parsèment certains tours de jeu. Le gagnant bénéficie alors des bonus spécifiés sur les cartes de ses pirates, ce qui équivaut généralement à gagner des pièces.

C’est simple, c’est beau, c’est fun


Les deux mécaniques de Sea of Clouds - la collection et le stop ou encore - sont particulièrement bien entremêlées. On prend beaucoup de plaisir à retourner en secret les cartes et à se poser la sempiternelle question : “je prend ou je prend pas ?”.

Les parties sont assez rapides et pas prise de tête, et le jeu fonctionne plutôt bien dans toutes les configurations de joueurs, notamment à deux où le choix est encore plus cornélien puisque la question se transforme en “je lui laisse ou pas ?”.

Aperçu de l'espace d'un joueur, avec ses différents types de cartes.
Aperçu de l'espace d'un joueur, avec ses différents types de cartes.

Certes, après quelques parties, on en demandera un peu plus, le jeu étant clairement orienté familial+. Sea of Clouds est donc un très bon jeu à proposer à des amis ou famille pas forcément passionnés par les jeux de société, sans risquer de se faire lapider où d’entendre des ronflements d’ennuis au bout de quinze minutes.


Le design de Sea of Clouds est particulièrement soigné.
Le design de Sea of Clouds est particulièrement soigné.



Sea of Clouds, un jeu pour 2-4 joueurs de Théo Rivière, illustré par Miguel Coimbra, édité par Iello pour des parties d'environ 45min.
Age conseillé : 10+.
bon petit jeu

Sea of Clouds en quelques mots

Quand les pirates s’envoient en l’air, ça donne Sea of Clouds, un jeu très simple d’accès, où le hasard a son importance, mais où les mécaniques proposent un jeu à la fois beau et très fun à jouer.

La note : 4/6 (bon petit jeu)