Shenmue. Un seul mot pour un si grand jeu. Le plus grand projet de Yû Suzuki (Space Harrier, Hang On, Virtua Fighter...), initialement prévu pour Saturn sous le nom de Project Berkeley, nous a enfin ouvert ses portes en 2000.

Il en ressort un jeu absolument unique. Sous les traits du jeune Ryô Hazuki, préparez vous à vivre une des plus grandes aventures que le jeu vidéo ait vu naître.

1986. Vous incarnez donc Ryô Hazuki, jeune homme vivant dans la petite ville japonaise de Yokosuka, qui va assister au tragique assassinat de son père, Iwao, tué par un mystérieux chinois nommé Lan Di. Il semblerait qu'il était à la recherche d'une sorte de miroir (je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore touché à Shenmue). Ryô est évidemment pas content et réclame vengeance. C'est là que votre aventure étendue sur 3 GD roms, commence.

Shenmue, une légende de la Dreamcast...
Shenmue, une légende de la Dreamcast...

Premier choc, les graphismes. En 2000, ils faisaient figure de révolution, jamais un jeu n'avait été aussi réaliste notamment au niveau des visages, minutieusement travaillés. Encore aujourd'hui, à l'ère de la pléstéchone3foulachedé, ils restent encore très jolis et agréables.
Deuxième choc, cette sensation de liberté jamais atteinte à l'époque. On peut tout visiter, tout saisir, tout voir, tout toucher. Le moindre distributeur de boissons peut être utilisé. Evidemment, aujourd'hui GTA est passé par là, mais il faut se remettre dans le contexte de l'époque. Yû Suzuki avait d'ailleurs décrit le jeu comme un FREE (Full Reactive Eyes Entertainment).

Autre innovation, l'apparition des QTE ou QuickTime Event. A certains moments clé du jeu, il faudra appuyer très vite sur les touches indiquées à l'écran. Cette innovation a depuis été maintes fois reprise dans le jeu vidéo. On a récemment pu le voir dans Resident Evil 4 par exemple. Enfin, Shenmue c'est aussi cette ambiance. Cette petite ville japonaise des années 80 pleine de charme, la musique, les discussions avec les différents personnages, les loubards du HeartBeats Club, les jolis minois de Nozomi et Shenhua. Je pourrais parler de ce jeu pendant des heures. D'ailleurs, je ne saurai que trop conseiller aux personnes parlant le japonais d'opter pour la version originale, encore plus immersive. Cerise sur le gâteau, la salle d'arcade, lieu où les rétrogamers que nous sommes adoreront rejouer à Space Harrier et Hang On.

Evidemment, le jeu n'est pas exempt de défauts. Il n'est pas traduit en français (cependant que les anglophobes se rassurent, un niveau lycée est largement acceptable pour comprendre les nombreux dialogues).
On pourra aussi reprocher quelques phases répétitives (les scènes où Ryô va au taf et soulève des caisses sont encore dans les mémoires des détracteurs du jeu) et la maniabilité un poil rigide de Ryô.

Enfin, l'histoire se déroule en 16 chapitres, dont Shenmue n'est que le premier. Shenmue II en contient 5, mais le succès commercial du jeu et de la dreamcast aidant, l'histoire reste sans suite et on ignore si un Shenmue III verra le jour (Monsieur Sega, s'il vous plaît ressortez Yû du placard !).
culte, indispensable !

Shenmue

Ceci n'enlève en rien que Shenmue reste une aventure hors du temps et passionnante, que tout gamer en quête de dépaysement se doit d'avoir goûté.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)