A la fin des années 1990, un nouveau genre est né : le survival horror. Inventé par Alone in the Dark mais popularisé par Resident Evil sur Playstation, les clones se mettent à pulluler. Rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec le hit de Capcom. Silent Hill en fait non seulement partie, mais il lance une réelle alternative à la recette.

Si de nos jours jouer au premier Silent Hill semble difficile, il faut se remettre dans le contexte de l'époque. Resident Evil a marqué les esprits, notamment au niveau de sa réalisation avec des décors en 2D avec des personnages en 3D plutôt bien intégrés - idée déjà mise en place dans Alone in the Dark. Malgré les démentis de Shinji Mikami, son concepteur, on peine à imaginer que l'homme ne connaît pas ce jeu créé par Frédéric Raynal et édité par Infogrames.

Dans tous les cas, Konami arrive sur ce marché qui commence déjà à se saturer, et surtout à être discrédité. On ne compte plus les clones de qualité plus que moyenne, ne sachant pas réellement faire peur. Et justement, c'est là que les gens de KCET (Konami CE Tokyo) ont fait très fort, marquant les bases d'un genre clairement plus horrifique dont s'inspireront plus tard les Forbidden Siren et autres Project Zero.

Silent Hill sur Playstation.
Silent Hill sur Playstation.

Déjà, la représentation change, puisque le jeu est intégralement en 3D. Ce détail a son importance puisqu'il permet de poser un gameplay impossible à mettre en place avec de la 2D classique. Les caméras bougent en fonction de l'avancée de votre personnage, procurant un réel dynamisme à la mise en scène.
Là où KCET fait clairement preuve de maestria, c'est au niveau de la gestion des capacités somme toute limitées d'une Playstation qui marque les balbuciement de la 3D. Le jeu se passe sans arrêt dans le brouillard et dans l'obscurité, ce qui permet à la console d'avoir à charger beaucoup moins de polygones. De plus, l'image est volontairement salie, avec un tramage énorme sur les textures, permettant de calculer plus d'effets.

Car dans Silent Hill, vous êtes seul dans votre propre cauchemar. En vous déplaçant à la lampe torche, vous flippez à chaque instant de vous retrouver face à un monstre. Votre faiblesse humaine se ressent clairement ici, et ne vous attendez pas à descendre des zombies à la pelle comme dans Resident Evil 2 : ici vous êtes vulnérable, et de cette vulnérabilité va découler l'ensemble du climat véhiculé par le jeu.
Mieux que ça, vient l'invention de la radio : cette dernière se met à grésiller, vous avertissant de la proximité d'un monstre. De quoi avoir froid dans le dos plus d'une fois, et vous procurer une expérience de jeu dont ont ne sort pas sans séquelles.

Cette ambiance glauque sans pareille tient en outre dans les compositions d'Akira Yamaoka, qui propose des instrumentations torturées et énigmatiques, parfois fortement influencées par des bruits diffus. De quoi renforcer un ressenti déjà fortement anxiogène pour le joueur qui n'en sort décidément pas indemne.

Outre cela, le scénario tient également le haut du pavé. Vous arrivez dans la ville de Silent Hill. Après un accident de voiture, vous partez à la recherche de votre fille, Sheryl. Peu à peu, vous comprendrez les tenants et les aboutissants de cette histoire où la corde nostalgique vous collera à la peau du début à la fin.
culte, indispensable !

Silent Hill

Silent Hill premier du nom sur Playstation est clairement indispensable. Maîtrisé en tout point, il est encore jouable actuellement sans trop de problème. Le parti pris artistique fait encore clairement mouche. Un mythe, que l'on n'est pas prêt d'oublier.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)