Dans The River, vous explorez le nouveau monde. Mais seul celui qui construira le plus de bâtiments se trouvera à la tête de la plus belle colonie et remportera la partie. Alors, que vaut le cru 2019 de Days of Wonder ?

Qu’est-ce qu’il y a de beau dans la boîte de The River ?


The River est le nouveau jeu de Sébastien Pauchon, un auteur prolifique à qui on doit notamment Ispahan, Metropolys et surtout Jamaica (en tant que co-auteur), et d’Ismaël Perrin, dont c’est visiblement le premier jeu édité (chez Days of Wonder, la classe quoi).

La boîte fait la taille de toutes les boîtes Days of Wonder, c’est du grand classique. Dedans, on a pas mal de matos. Beaucoup de tuiles (au format de celles que l’on trouve dans Carcassonne), un plateau central, des plateaux personnels pour chaque joueur.

On trouve également des ressources en bois très sympa, et en tout cas bien plus classes que de vulgaires cubes de couleur.

Le tout bénéficie des superbes illustrations d’Andrew Bosley qui contribuent activement à l’envie de jouer à The River.

Vue d'ensemble de The River.
Vue d'ensemble de The River.

De la gestion et de la pose de tuiles


L’objectif dans The River, c’est de cumuler un maximum de points. Et pour ce faire, il va vous falloir construire, c’est à dire acheter des cartes objectif.

La partie se termine dès qu’un joueur a posé un certain nombre de cartes objectifs (c’est variable en fonction du nombre de joueurs) ou qu’un joueur a fini sa rivière de tuiles (et en a donc posé 12).

Mais pour acheter des cartes objectif, vous allez devoir collecter des matières premières (pierre, bois, terre cuite).

Et c’est là toute la finesse de The River.

Et au milieu coule une rivière


Chaque joueur dispose d’un plateau personnel, avec sa propre rivière. Au gré des tours, il va pouvoir ajouter des tuiles en suivant le cours de l’eau.

Votre plateau personnel, sur lequel vous placez des tuiles en suivant votre rivière.
Votre plateau personnel, sur lequel vous placez des tuiles en suivant votre rivière.

Tout se passe sur votre plateau central et sa fameuse rivière : lorsque vous récupérez des matières premières, vous récupérez autant d’unités que d'icônes que vous possédez sur votre plateau personnel.

Et en plus, vous devez les stocker sur les granges de votre plateau personnel. Une gestion originale et bien foutue.

A cela s’ajoute le fait que certaines cases de la rivière vous privent d’un ouvrier, et donc d’une action. Prendrez-vous donc cette tuile puissante, quitte à perdre une action ? Ou au contraire vous contenterez-vous de ce que vous avez afin de garder une action supplémentaire ?

Heureusement, à partir de la deuxième carte objectif remplie, vous débloquez un ouvrier supplémentaire.

Le jeu vous pousse donc à faire des choix régulièrement draconiens. Mais finalement, ce ne sont pas vraiment les actions qui vont vous manquer, mais plutôt les emplacements pour jouer vos actions.

Vos ouvriers : ils ont même leur petit bateau !
Vos ouvriers : ils ont même leur petit bateau !

Et de la pose d’ouvriers


A votre tour, vous pouvez donc effectuer tout plein d’actions… Mais comme le jeu se base sur une mécanique de pose d’ouvriers, il va falloir faire bien attention à ce que l’action que vous souhaitez réaliser soit libre !

En cela, The River va régulièrement vous demander de réajuster votre stratégie : eh oui, la plupart des emplacements ne peuvent accueillir qu’un seul ouvrier. Autant dire que lorsqu’un autre joueur aura pris la place que vous convoitiez, vous devrez réagir en conséquence.

La frustration est donc bel et bien présente. Mais contrairement à un Agricola, ce n’est pas vraiment parce que l’on n’a pas assez d’actions (et donc d’ouvriers à jouer), mais plutôt parce qu’un autre joueur aura pris l’emplacement que vous vouliez.

Et finalement, ça a du bon. Ces nombreuses interactions créent tout le sel du jeu. Votre plan tombe à l’eau ? Pas grave, réfléchissez un peu, vous aurez certainement autre chose à tenter.

Un Agricola simplifié ?


Dans son ressenti, The River manque un peu d’originalité. On a parfois l’impression d’un Agricola en version familiale.

Les matières premières : vous allez sans arrêt en manquer !
Les matières premières : vous allez sans arrêt en manquer !

Il est donc clair que The River ne s’adresse pas aux gros joueurs, de ceux qui aiment se triturer le cerveau. Les parties durent de 30 à 45 minutes. Et durant ce laps de temps, on n’a pas vraiment le temps de monter une stratégie véritablement poussée.

Il se place donc parfaitement dans la mouvance des jeux simples d’accès, que l’on peut sortir avec n’importe qui. Et finalement, ce n’est pas ça la ligne éditoriale de Days of Wonders depuis des années ?

Des bonnes idées


On trouve principalement deux choses assez sympathiques dans The River.

La première, c’est le principe de la rivière, justement. Il permet d’ajouter un système de pose de tuiles et ajoute donc une belle dose de choix. Il contribue aussi a intégrer la deuxième bonne idée du jeu : la rivière.

Cette rivière vous permet à la fois de collecter des matières premières et de les stocker, en fonction des tuiles que vous aurez récupérer.

Les cartes objectif correspondent à ce que vous allez pouvoir construire.
Les cartes objectif correspondent à ce que vous allez pouvoir construire.

Autant dire que même s’il s’agit de gestion, The River reste finalement assez original pour être tenté.


La pioche des tuiles à placer sur votre rivière.
La pioche des tuiles à placer sur votre rivière.



The River, un jeu pour 2-4 joueurs de Sébastien Pauchon et Ismaël Perrin, illustré par Andrew Bosley, édité par Days of Wonder pour des parties d'environ 30-45min.
Age conseillé : 8+.
moyen

The River

The River reprend à sa sauce des mécaniques qui fonctionnent parfaitement bien dans le monde du jeu de société en 2019 : la pose d’ouvrier, la pose de tuiles, et la gestion avec des objectifs à la clé. Le résultat est simple d’accès. Certainement trop pour les gros joueurs, mais pour les autres, c’est un jeu rapide et agréable qui peut préfigurer des choses plus complexes comme le fameux Agricola.

La note : 3/6 (moyen)