Aller, on part à la découverte de TIME Stories, un jeu qui va certainement vous marquer par son originalité… si toutefois vous aimez vivre des histoires. Le tout garanti sans spoiler !

Le matériel : une boîte à outils narratif


Le matériel de TIME Stories est assez spécial… La boite est assez grande, mais finalement il n’y a pas énormément de matériel dedans. Des jetons en carton, des marqueurs en bois pour les joueurs, et surtout un bon gros tas de cartes grand format.

Le tout se range parfaitement bien dans la boîte où le thermoformage est parfaitement adapté. Le tout est globalement très blanc, c’est aseptisé au possible. Froid. Mais en fait, c’est fait exprès.

Il faut voir TIME Stories comme une boîte à outils pour plonger dans une aventure narrative. Car le plateau, les jetons et les pions sont ici au service total des cartes, qui portent à elles seules la narration.

En optant pour un design totalement épuré, cela permet à TIME Stories de faire pénétrer plus facilement les joueurs dans diverses aventures : pirates, renaissance, années 90, en fonction du scénario dans lequel ils vont se lancer.

Le design est épuré, et très classe.
Le design est épuré, et très classe.

Le principe de jeu


TIME Stories se base donc sur des cartes, que l’on pose sur le plateau de jeu. Via un plan, les joueurs se déplacent de lieu en lieu.

Un lieu est spécifié par une suite de cartes posées côte à côte, le tout formant une vue panoramique du lieu en question. L’effet est d’ailleurs superbe et contribue grandement à l’ambiance.

Les joueurs se placent ensuite sur le lieu et lisent la carte correspondante. Ils doivent ensuite échanger avec les autres joueurs ce qu’ils ont vu, sans se montrer la carte. Cela force la communication entre les joueurs et limite l’effet leader trop souvent constaté dans les jeux de plateau coopératifs.

Ensuite, vous pouvez effectuer des actions : se déplacer ailleurs sur le lieu, effectuer un test de compétences (pour se battre, discuter, etc.) ou… ne rien faire.

Car les actions coûtent du temps… Un temps par action. Mais durant ce temps, chaque membre de l’équipe pourra faire l’action qu’il souhaite. Ce fonctionnement est un peu étonnant au début, mais finalement parfaitement plausible et, une fois de plus, colle parfaitement avec le principe du jeu.

Les fiches personnages.
Les fiches personnages.

Le truc, c’est que du temps, vous n’en avez pas énormément, si votre réserve arrive à zéro, vous perdez la mission !

Bien entendu, vous pourrez la recommencer, voir même la sauvegarder, via un espace très bien pensé dans le thermoformage de la boîte.

Un jeu de société dont vous êtes les héros


Jouer à TIME Stories, c’est un peu replonger dans les Livres Dont Vous Êtes Le Héros de notre enfance. Autant dire que l’aspect madeleine de Proust est particulièrement réussi !

Au début de la partie, on ressent cette petite excitation liée à la découverte, quand on commence par déblister les cartes et que l’on lit le briefing initial.

Le jeu repose sur un bel équilibre entre narration, visuels impactants et choix des joueurs. On mène vraiment l’enquête, on est vraiment au centre du jeu à tenter de résoudre les énigmes et à tâcher de comprendre dans quel sens s’y prendre pour voir le dénouement de la mission.

Vous allez balancer plein de dés !
Vous allez balancer plein de dés !

Pas si facile que cela


Le scénario présent dans la boîte de TIME Stories, Asylum, vous propose de plonger au coeur d’un asile dans les années 20. Les cartes sont sublimes, notamment via les illustrations vraiment classes et particulièrement immersives.

Vous commencez par choisir le personnage que vous allez incarner. Et vu que l’on est dans un asile, ça ne va pas être de tout repos ! Chacun a ses forces et ses faiblesses, et tous sont très charismatiques.

A vous ensuite de découvrir ce qui se trame dans cet asile, tâchant de démêler le discours des uns et des autres. Mais bon, forcément, face à des aliénés, cela ne va pas être ultra évident de savoir qui flippe, qui affabule et qui vous dit la vérité.

Des aventures jetables ?


Jouer à un scénario de TIME Storie ne peut se faire qu’une et unique fois.

Après, il faut le voir comme une sorte de film ou de bouquin : on prend plaisir à le voir, à le lire, à y jouer, mais on ne va pas y revenir avant pas mal de temps. Avec TIME Stories, c’est un peu la même chose, une fois le scénario terminé, on n’a aucun intérêt à y retourner immédiatement.

Les fiches des personnages sont à l'image du reste du scénario : splendide.
Les fiches des personnages sont à l'image du reste du scénario : splendide.

Mais dans un an, deux ans, pourquoi pas ? On aura oublié les détails et on prendra plaisir à y revenir. Car - tout du moins c’est vrai pour Asylum, cela reste à confirmer pour les autres aventures - l’objectif n’est pas forcément de découvrir le fin mot de l’histoire, mais plutôt comment trouver ce fin mot.

Côté durée de vie, le jeu se joue en fait en plusieurs fois. Plusieurs “run” comme dit le jeu. Car il serait vraiment étonnant que vous réussissiez la première fois. Il faut donc plutôt deux voir trois runs pour terminer le jeu. Chaque run faisant dans les 1h30, un scénario propose tout de même entre 3 et 4h30 de jeu…

Et pour ceux qui calculent coût à la minute de jeu (genre ils devaient bosser chez France Telecom dans les années 80), sachez qu’à 25 € le scénario, c’est aussi cher qu’un BluRay pour une “durée de vie” quasiment double. Donc pas non plus de quoi hurler au scandale.

De plus, le jeu n’est pas un Legacy, dans le sens où l’on ne l’abîme pas (sacrilège !). Une fois la partie terminée, on remet les cartes dans l’ordre et on peut le prêter ou le ranger pour y jouer (beaucoup) plus tard. Vu comme cela, le côté “jouable une seule fois” ne me pose aucun problème tant l’expérience est fun, intense et originale.


TIME Stories, un jeu pour 2-4 joueurs de Manuel Rozoy, illustré par beaucoup de gens, édité par Space Cowboys pour des parties d'environ 90min.
Age conseillé : 12+.
culte, indispensable !

TIME Stories

L’expérience TIME Stories est clairement à part. C’est beaucoup plus rapide et accessible qu’une partie de jeu de rôle - et également beaucoup plus simpliste -, mais c’est carrément immersif. Un scénario n’est jouable qu’une fois, mais on a clairement envie d’en essayer d’autres une fois le scénar de base terminé.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)