Premier épisode mythique, il aura marqué les joueurs sur de nombreux points. Bien que les années aient passé et lui aient fait payer un lourd tribu, ce premier Tomb Raider reste une valeur sûre.

Tomb Raider, c'est avant tout son héroïne, l'une des premières à être clairement mise en avant sans tomber dans le faire-valoir auxquels les jeux vidéo nous avaient jusque là habitués. Et pour cette idée, l'homme à la base de la série, Toby Gard, aura eu à se battre contre l'éditeur, Core Design, qui ne croit pas au succès potentiel d'une héroïne dans un jeu vidéo... Hum.

Melle Croft dispose d'un physique avantageux, mais cela ne se sent finalement pas tant que ça l'écran. Ses protubérances mammaires, depuis devenues mythiques et sujet à bien des pugilats, ne sont ici que deux sortes de triangles bien aiguisés. La demoiselle ne dispose alors pas d'assez de polygones pour être modélisée correctement. Pour le reste, c'est très bon : ses mouvements sont vraiment bien rendus, ce que la presse de l'époque ne manque pas de souligner. Pour l'anecdote, sachez que Lara ne porte pas encore sa fameuse natte. Il faut croire que les développeurs n'ont pas eu assez de temps pour l'implémenter (cela sera le cas dans Tomb Raider II).

Tomb Raider sur Playstation.
Tomb Raider sur Playstation.

Mais finalement, en dehors de Lara Croft, Tomb Raider constitue surtout un excellent jeu d'action / aventure qui pose les bases d'un gameplay qui sera énormément repris par la suite.
Les influences sont claires : Indiana Jones et tous les films d'aventure de ce genre. Car le dépaysement, c'est clairement la pierre angulaire dans Tomb Raider. Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des épisodes suivants, on passe beaucoup de temps à explorer de vastes environnements à la recherche de différents switchs et autres informations qui nous permettront que continuer l'aventure. Il s’ensuit un sentiment de solitude, parfois doublé d'une certaine frustration de ne pas trop savoir quoi faire ni où aller. Il faut ainsi reconnaître que la difficulté est particulièrement ardue.

Déjà à l'époque, la maniabilité pose problème. Non pas qu'elle est mauvaise, elle est juste incroyablement rigide. Les sauts sont millimétrés. On a beau être en trois dimensions, il est indéniable que Lara se déplace sur des sortes de cases. Avec un peu d'expérience, on s'y fait bien ; le réalisme en prend alors un coup : plutôt que de sauter directement sur une corniche, on se met en face, on ajuste bien la vue, on saute un cran en arrière, puis on prend son élan pour sauter. Quand on a joué au jeu, cela parait pourtant si logique...

Tout le monde a eu vent des discussions qu'il y a eu autour du concept de femme-objet que beaucoup de féministes reprochent à Core Design. Finalement, on se rend compte que bien des femmes - joueuses ou pas - apprécient tout particulièrement la série.
Et après tout, les héros de jeux vidéo sont toujours des stéréotypes, que ce soient des mecs ou des nanas, non ? Et comme le dit Toby Gard avec humour lorsqu'on lui demande pourquoi un personnage féminin : "quitte à passer des heures à voir les fesses de mon personnage, autant que ça soit une femme". Je ne suis pas sûr de la citation (ni même que ce soit Toby Gard qui l'ait prononcé), mais j'adhère au principe !
culte, indispensable !

Tomb Raider

Ce premier épisode de Tomb Raider aura sans aucun doute marqué un paquet de gens. Offrant les prémices des trois dimensions dans le jeu vidéo tout en baignant le joueur dans une ambiance totalement dépaysante, il constitue clairement une pierre angulaire dans l'Histoire du jeu vidéo.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)