Chroniqué par Nicolas Gilles
Un quatrième épisode qui ne prend pas assez de risques pour réellement marquer le joueur.Une suite que l'on attendait plus...
Metroid Prime premier du nom a été une belle claque dans la gueule, prouvant que Nintendo a tout de même un sacré talent. Parce que passer de la 2D à la 3D, c'est tout sauf évident.
Aux commandes de ce premier Metroid Prime, sorti en 2002 sur Game Cube, on avait déjà Retro Studios, leur premier jeu sous l'égide de Nintendo. Coup de maître, qui sera réitéré deux fois, avec certes un poil moins de génie, mais tout de même : Metroid Prime 2 et 3 restent des références.

Et pour enfoncer le clou, le même studio revient aux manettes de son premier jeu en 2023 en shadow droppant Metroid Prime Remastered, qui souligne le génie du jeu, même vingt ans plus tard. La classe quoi.
Et forcément, avec un troisième épisode sorti en 2007 (Metroid Prime 3: Corruption), les fans rongeaient leur frein. Il faut donc attendre 2025 pour avoir le quatrième épisode, soit près de 20 ans plus tard. Oui, vous êtes vieux, et moi aussi.
Metroid Prime 4: Beyond sort à cheval sur Switch et Switch 2. J'ai préféré m'attarder sur cette seconde version, plus jolie et plus aboutie techniquement. Il est la preuve que la Switch 2 en a dans le bide pour proposer de belles aventures.

Nouvel arc narratif
Je ne sais pas trop pour vous, mais j'ai du mal avec les sénars de la série, pour ne pas dire que je m'en fous un peu. Retro Studios a dû penser à moi, parce que là, on est quasiment sur un spinoff scénaristique. Bien entendu, le tout se rattache à la mythologie générale de la série, avec notamment l'apparition de Sylux.
L'histoire commence alors que Samus est en train d'aider à défendre un Centre de Recherche de la Fédération Galactique. L'objectif est de protéger un artefact. Eh bien objectif foiré ! Notre héroïne se retrouve balancée sur la planète Viewros.
Et deveniez quoi ? Elle a perdu ses pouvoirs ! Alors ça c'est original (note pour les coincés du cul : c'est de l'ironie).

Ce qui est beaucoup moins banal, c'est qu'elle va croiser du monde sur cette planète. Fini l'exploration peinarde dans le silence intersidéral, ici, vous aurez toujours un ou une casse-couille pour vous seriner les oreilles via la radio ! Cela change pas mal les choses, mais ôte un peu le côté solitaire si caractéristique de la série, pour donner quelque chose de beaucoup plus convenu.
Côté gameplay, ça marche toujours aussi bien. La grande nouveauté, c'est que Samus va débloquer, petit à petit, des pouvoirs télékinésiques. Ces pouvoirs viennent du peuple Lamorn, dont vous recherchez les derniers survivants, comprenant peu à peu ce qui s'est passé sur cette planète maintenant désertique.
Et pour cela, vous allez voyager dans différents biomes : la forêt, le glacier, la fournaise et la tour électrique. Holalala, tant d'originalité !

Très classique ou trop classique ?
Metroid Prime 4 est efficace, mais souffre d'un gros défaut : si on connaît un minimum la série, il n'est strictement jamais surprenant. Au gré de la douzaine d'heures qu'il m'a fallu pour le terminer, je ne me suis jamais dit : "ah putain ça c'est bien vu !". Non, à chaque fois, je me disais que c'était ce que j'imaginais, ce que j'attendais.
Non pas que le jeu soit une partie de plaisir. La difficulté est progressive, avec des pics de merde contre les boss, notamment le dernier qui est, comme souvent, un pic de difficulté totalement inutile et pas fun pour un sou.
De plus, le côté exploration, avec ces mondes connectés par un désert central dans lequel on va fouiller et se balader à moto, manque un peu d'épaisseur. Cela fonctionne, mais l'ambition n'est pas là. J'en attendais plus de la part d'un Metroid Prime.

Progression par étape
On progresse donc par étapes, nouvellement guidé par nos coéquipiers qui, eux aussi, veulent foutre le camp de cette foutue planète.
À chaque nouveau pouvoir, on ressent le côté grisant de se dire "il faut que j'aille par là, et je crois que j'ai vu un autre truc là bas". Et de débloquer des missiles supplémentaires ou, ultime, une barre de vie en plus. C'est la preuve que la recette fonctionne, mais une fois que l'on a terminé le jeu, il ne reste pas autant en tête que les épisodes précédents, et c'est bien dommage.
À noter que la version Switch 2 permet de jouer en mode souris, mais je n'ai même pas essayé. J'ai pratiqué le jeu en mode nomade et c'est déjà parfait, Metroid Prime étant l'une des séries qui ont prouvé que l'on pouvait faire un FPS à la manette sans être un élitiste du clavier / souris.











