ORIC fut une société anglaise née de la rencontre de quelques copains passionnés d'informatique qui fondèrent en 1979 Tangerine Computers concepteur du micro tan 65, un premier micro diffusé à quelques exemplaires.
En 1982, en voyant le succès de Sinclair, et d'Apple aux états-unis, naquit chez eux l'idée que l'on pouvait maintenant réussir dans la micro-informatique. Ils décidèrent alors de s'adjoindre les services de commerciaux et de financiers pour créer Oric Computers et s'atteler immédiatement à la conception d'un micro destiné au grand public.
L'Oric1 fut annoncé à la presse au printemps 1982 et commercialisé au début de 1983. Dès le départ, les problèmes qui allaient poursuivre oric et à terme causer sa perte étaient présents :
- effets d'annonce et délais et promesses non tenues,
- commercialisation précipitée de matériels dont les utilisateurs essuieront les plâtres.

Paradoxalement, cela conditionnera le profil du futur client : peu fortuné, bidouilleur, exclusif et passionné.

La machine est dotée d'excellentes capacités techniques, graphiques et sonores, d'une interface Centronics, d'un bon Basic, …largement bogué, d'une interface cassette…peu fiable et de quelques aberrations comme la péritel non alimentée nécessitant une alim supplémentaire ou une séance de fer à souder à peine la machine déballée… le tout pour un prix très concurrentiel de moins de 20 livres. Compte tenu de ce prix, la machine connut d'emblée un grand succès, particulièrement en France et vit rapidement apparaître un nombre important de logiciels, bouquins, clubs, revues et périphériques dédiés.
Un an plus tard, au printemps 1984, sortit l'Atmos, successeur de l'Oric1 dont il ne diffère que par le clavier (mécanique), les couleurs, et quelques bogues en moins dans la rom ; sinon les deux sont strictement identiques. En quelques mois la bécane connut un immense succès et se vendit par dizaines de milliers d'exemplaires. Grosse tête et Ferrari pour les patrons d'Oric et poursuite de la gestion calamiteuse (sortie d'un lecteur de microdisc maintes fois différée et matériel commercialisé finalement avant d'être au point - re fer à souder pour les passionnés…) annonces multiples, contradictoires et non suivies d'effet… L'Atmos est sorti en deux versions, 16 et 48 Ko, les premiers modèles étant assez rares. A noter aussi que ces premiers modèles sont assez difficiles à trouver en parfait état de marche car leur circuit logique principal vieilli mal, tout comme l'Oric 1.
Ce qui devait arriver arrive au printemps 1985 et la marque oric, lâchée par ses banquiers est déclarée en faillite et vendue au plus offrant. Après bien des péripéties, c'est la société française Eurêka qui se porte acquéreur et reprend à son compte, en France, la fabrication de l'Atmos. Elle fiabilise la machine, la dote d'un système d'exploitation disk sans doute jamais égalé sur machine 8 bits (Sédoric) mais il est sans doute trop tard, le crocodile Amstrad est passé par là et la micro informatique a basculé dans l'âge adulte… La sortie du Telestrat en 1986 (un grand frère de l'Atmos conçu avant tout pour la télématique) n'y changera rien, la marque disparaîtra au début de 1988, victime de l'évolution du marché et du manque de clairvoyance de ses dirigeants successifs…

Points forts
rapport qualité/prix, possibilités techniques, fiabilité sous des airs quincaille, nombre de périphériques (oric ou autres fabricants), évolutivité, passion de ses utilisateurs (encore vive aujourd'hui)… clubs et revues encore bien vivants…

Points faibles
quelques aberrations de conception, manque de sérieux de la marque…

Merci à Luc Buisson pour sa précieuse aide !

Oric Atmos côté technique

Microprocesseur : 6502 à 1Mhz
Mémoire vive : 64 Ko dont 16 Ko de rom et 48 Ko de ram utilisateur
Vidéo : 240 X 200 en 8 couleurs
Son : 3 voies sur 7 octaves, haut-parleur intégré
Prix d'origine : 2490 Frs en 1984 - 990 Frs en 1985