Chroniqué par Nicolas Gilles
Les zombies et la VR, ça fait toujours bon ménage. Mais la détection de mouvement, beaucoup moins.Un ouragan et des zombies
L'introduction du jeu fait douloureusement penser à l'ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle Orléans en 2005.
Sauf qu'ici, le temps que les autorités interviennent, les gens ont commencé à se muer en zombies. Enfin, en marcheurs, si on veut respecter les termes du comic dont est tiré le jeu.

Vous allez en planter du couteau...
Vous incarnez un survivant ou une survivante (vous pouvez choisir au début de la partie, en même temps que votre couleur de peau) qui se retrouve au beau milieu de ce merdier. Il va alors faire une seule chose : survivre.
Au cimetière
Tout commence dans un cimetière que vous devez traverser. Niveau ambiance, on commence bien ! C'est oppressant au possible, et c'est pile poil ce que l'on attend d'un jeu de zombie en VR.
Arrive alors le premier zombie, et là, il faut lui coller votre couteau dans le crâne. Le jeu fonctionne exclusivement avec deux manettes PS Move. Ici pas de bonne vieille manettes, il faut gesticuler comme un abruti.

Clin d'oeil.
Rapidement, vous trouverez un bus qui vous servira de QG et où la radio vous mettra en relation avec un personnage central dans l'histoire. De là, vous aurez pas mal de choses à réaliser pour lui, mais également pour d'autres... Mais je ne vous en dit pas plus.
Les missions sont assez variées et vous demandent souvent d'aller récupérer des objets. Sauf que cela ne sera pas forcément du goût des survivants, ajoutant quelques humains sur votre dos, en plus des zombies.
Combattre les zombies avec deux mains gauches
Qui dit détection de mouvements, dit maniabilité hasardeuse. Ce n'est pas non plus n'importe quoi : cela répond même parfaitement bien. Le soucis, c'est que pour se coltiner un zombie, c'est jouable. Deux, on y arrive. Trois, on peut presque le faire. Mais plus, c'est la mort assurée...

Flippant.
Et comme le jeu se la joue un peu Dark Souls en vous faisant perdre votre sac à dos (vous savez, ce truc hyper précieux où vous avez toutes vos armes) en le laissant à l'endroit où vous êtes mort. Si vous mourrez en allant le rechercher, il est définitivement perdu.
Le truc, c'est que si vous êtes mort, c'est que vous vous êtes fait bouffer par les zombies. Or ces derniers restent sur place... Comment récupérer son sac quand on est totalement à poil, sans arme et que l'on courre comme un asthmatique ? Bonne question. Et gros point noir pour le jeu qui semble tout faire pour nous faire poser le casque. Oui, je suis susceptible et je n'aime pas être pris pour un con. Picétou.
Et puis recommencer le niveau quand on avance à deux à l'heure, cela ne donne pas non plus spécialement envie de continuer. Et ce n'est pas le système de sauvegarde automatique qui va nous aider.

La ça ne rend pas, mais avec le casque c'est vraiment chouette.
Pour le reste, la maniabilité fonctionne plutôt bien : on s'oriente avec le PS Move droit et on avance en appyant sur un bouton du Move de gauche.
Pour les attaques, il faut bouger, cela respecte bien la vélocité, car pour planter votre couteau dans le crâne d'un zombie, il va falloir forcer un peu ! C'est bien rendu, c'est cool les trois premières fois, mais ensuite c'est un peu casse pied car très lent. Heureusement, on peut améliorer ses armes.
De la récup pour survivre
The Walking Dead Saints and Sinners est clairement un jeu de survie. Et pour survivre, il faut s'améliorer.

A vous de récupérer des indices.
Partout, on trouve des tas de choses : de vieilles chaussures, des bouteilles, des tournevis, bref, des tonnes de pièces détachées qui trainent partout. Rappelez-vous : la ville vient d'être ravagée par un ouragan !
Une fois revenu à votre bus, dans votre bon vieux cimetière, vous pouvez recycler tout ça. Vous allez donc passer pas mal de temps à ramasser des trucs dans votre sac (trop vite plein, forcément) pour pouvoir avoir plein de pièces détachées.
Car les pièces détachées sont indispensables pour votre survie : elles vous permettent d'améliorer votre équipement, de fabriquer des armes et autres outils bien utiles, et de découvrir des plans qui vous permettent de fabriquer des trucs encore plus utiles.

La gestion des objets est au centre du gameplay.
Mais voilà : il ne faut pas non plus passer trop de temps à fouiller, car le temps passe, et chaque jour le nombre de zombies augmente, faisant monter également la difficulté.
Il y a également un système de nourriture et d'endurance à respecter, histoire de bien souligner le fait que l'on est humain, et pas un superhéros pourfendeur de zombies. On essaie juste de survivre.
Une réalisation plutôt moyenne
Visuellement, le jeu est très sombre. C'est un peu dommage car le PSVR peine un peu avec l'obscurité. Cela reste tout à fait jouable, mais on sent bien que The Walking Dead Saints and Sinners doit être plus sympa sur HTC Vive ou Oculus Rift (le jeu ayant été adapté sur pratiquement tous les casques de réalité virtuelle disponibles à l'époque de sa sortie).

La carte de votre monde.
Graphiquement, cela reprend dans les grandes lignes le côté BD du comic d'origine, mais cela reste assez sommaire. Heureusement, à l'écran, c'est beaucoup plus agréable que sur les copies d'écran qui illustrent ce test.
Pourtant c'est un vrai jeu !
The Walking Dead Saints and Sinners est un vrai jeu, dans le sens où il faut une bonne douzaine d'heures pour en voir le bout.
Il a pas mal de finesses de gameplay, du craft, de l'exploration, des bastons. Sur le papier, il a tout pour nous donner envie d'y jouer là où beaucoup trop de jeux PSVR ne sont que des démos techniques que l'on termine en une à deux heures.

Votre petit havre de paix.
Seulement voilà : ses défauts deviennent rédhibitoires. Sa difficulté mal branlée et sa maniabilité à la con (je déteste la détection de mouvements : pourquoi ne pas utiliser une bonne vieille manette ?) ont eu raison de ma motivation.
Et c'est d'autant plus frustrant que le jeu est bon ! Mais il aurait pu être tellement meilleur avec seulement quelques ajustements...

Paf.






