Chroniqué par Nicolas Gilles
Et Ding ! Un coup de cloche dans la gueule !Indé indonésien, indénésien ?
Anuchard est le premier jeu du studio indonésien stellarNull. Deux ans après la sortie du jeu, à l'heure où j'écris ces lignes, le site Internet du studio n'est déjà plus accessible, cela n'augure donc rien de bon.
Anuchard nous propose un petit jeu d'action mâtiné d'aventure qui fait penser à un Zelda, vu de loin quand on est myope. De plus près, on a un jeu d'action en vue de dessus plutôt classique. Mais c'est un premier jeu, on peut donc lui pardonner un certain manque d'originalité.

Pauvre cloche !
Bon, on passe rapidement sur les jeux de mots à la con mettant en scène des cloches. Quand on écrit sur Anuchard, on en a envie, forcément, parce que votre personnage est l'élu, le porteur de cloche. La porteuse de cloche plus exactement.
Le jeu est disponible en français, mais les traducteurs ont peut-être eu quelques faiblesses, car on nous surnomme la porteuse de cloche tout en s'adressant à nous avec de l'écriture inclusive. Bizarre, je pense que c'est une tentative de faire de l'inclusion avec un budget traduction très limité. Pour le reste, la VF est correcte et particulièrement bienvenue, car le jeu est plutôt bavard.
Et le gameplay dans tout cela ? Eh bien vous allez devoir partir dans le Donjon, un espace où tous ceux qui s'y sont risqués ont été transformés en pierre.
Vous, en tant que porteuse de cloche, vous ne risquez rien. Et même mieux que ça, vous pouvez même ramener les gens à la vie. Enfin, ceux qui sont transformés en pierre.

Votre but est donc de pénétrer dans le donjon pour en ramener du monde, mais surtout des gardiens, des dieux qui ne daignent plus baigner l'humanité de leurs dons.
De l'action et un peu de réflexion
Au sein des donjons, c'est l'action qui est privilégiée, avec un coup faible et un coup fort qui sert également d'esquive. Ce coup fort permet par ailleurs de péter le bouclier des adversaires, ce qui donne un petit côté tactique aux combats et éviter de faire du bourrinage de bouton.
Le tout répond très bien, ça fonctionne au poil.

Les donjons proposent aussi des petites phases de réflexion, où il faut faire rebondir un cristal pour exploser des orbes qui ouvriront le chemin. Cela donne lieu à des petits puzzles qui ne vont pas vous détruire les neurones, mais vous demanderont un peu de doigter pour les réussir.
Lorsque l'on sort des donjons, c'est l'occasion de discussions, parfois un peu longuettes, dans le village, afin de faire progresser le scénario. Ce n'est pas toujours super intéressant.
Le jeu demande environ cinq heures pour en voir le bout, et c'est assez suffisant, car il manque de renouvellement pour réellement nous tenir en haleine.

Tentative de réflexion
Tout au long de l'aventure, on va donc devoir aller chercher des gardiens, sortes de dieux de notre village, afin qu'ils confèrent leurs pouvoirs à l'humanité.
Alors Anuchard, un jeu qui fait du prosélytisme religieux ? Absolument pas, le titre essaie au contraire de nous faire réfléchir sur le principe de dieux, de la confiance que l'on peut avoir en eux ou encore de jusqu'à l'on peut aller pour répondre à une prophétie. Mais ça ne fonctionne qu'à moitié, voir moins.
Déjà, parce que dans un jeu vidéo, on a le syndrome complétiste. Quand le monde est sur le point d'exploser, nous on va looter du bois et des fleurs avant d'aller battre le grand méchant.

Ensuite parce que l'écriture n'est pas toujours très claire ni maîtrisée, on ne sait pas trop ce que veulent nous dire les développeurs. On sent bien qu'ils essaient de nous faire réfléchir, mais cela ne fonctionne pas, le quatrième mur n'est jamais enfoncé et on reste dans ce que le jeu nous propose : un simple histoire.
Du coup, plutôt qu'un jeu indé qui fait réfléchir, on a un jeu d'action aventure correct, mais que l'on oubliera malheureusement un poil rapidement.
Anuchard sur Steam Deck
Le jeu est noté comme jouable, il faut juste jouer un tout petit peu dans les options pour avoir un rendu optimal. Pour le reste, il n'est pas gourmand et tourne parfaitement bien.







