Plongée dans l'Amérique profonde sous forme de roman-photo.

Purement narratif


As Dusk Falls est le premier jeu du studio londonien Interior Night, nommé également INT./NIGHT. Le studio a été créé en 2016 par Caroline Marchal, qui a bossé pour Quantic Dreams (Heavy Rain et Beyond Two Souls) et pour les Studios de Sony de Londres (Blood & Truth).

Autant dire que les jeux narratifs, c'est son rayon. Il n'est donc pas étonnant de se retrouver avec un As Dusk Falls exclusivement orienté sur son scénario.


Dès le début de l'aventure, on est pleinement dans l'école David Cage / Quantic Dreams. Comprenez par là que l'on a un jeu sur lequel on ne peut interagir que par l'intermédiaire de questions à répondre dans un temps limité et par des QTE. Des options permettent de fluidifier l'aventure pour ceux qui comme moi aiment prendre leur temps.

Tout cela va influencer les différents embranchements scénaristiques du titre. Cela nous est d'ailleurs clairement montré à la fin de chacun des six chapitres par une timeline qui rappelle beaucoup celle de Beyond Two Souls. De quoi donner envie de recommencer plusieurs fois l'aventure pour combler les blancs.

La recette classique du genre, mais à laquelle on ajoute un élément assez particulier : la réalisation et la direction artistique.


Visuellement... étonnant


Graphiquement, As Dusk Falls est certainement clivant. Il rappelle les romans-photos typiquement américains.

Il est fait d'écrans fixes, où tout s'anime par à-coups... comme dans un roman-photo, le tout avec une direction artistique mi-photoréaliste - mi-aquarelle. Pourtant, techniquement, tout semble bien monté en 3D. D'ailleurs, le jeu pèse pas loin de 80 Go.

Le résultat est donc discutable, mais au moins on ne l'oublie pas, de même que l'histoire en elle-même. On plonge au fin fond des États-Unis, aidés par une excellente bande son et un doublage français de superbe qualité.


Une histoire qui tient la route


As Dusk Falls nous met dans la peau de plusieurs protagonistes. Il y est question d'une famille qui déménage et se retrouve sur la route, et d'une autre famille qui cambriole la maison du shérif local. Et ça va mal tourner, tout le monde va se retrouver barricadé dans un motel. Et ça, ce n'est que le début.

Le jeu n'arrête pas de vous asséner des choix cornéliens, c'en est souvent frustrant. D'autant que l'on a beau réfléchir, et forcément, les choix que l'on fait n'entraînent que rarement les conséquences que l'on avait imaginées. Cela fait partie du genre, mais c'est régulièrement pesant.

De plus, l'histoire n'est pas banale : on ne suit pas un protagoniste, ni même un groupe, mais plusieurs. Pour l'empathie, ce n'est pas forcément le top, mais cela contribue à donner à As Dusk Falls une patine particulière, avec un dernier chapitre qui remet les pendules à l'heure et vient cimenter le tout comme il faut.


As Dusk Dalls sur Steam Deck


Alors là, il va falloir m'expliquer : le jeu est mentionné comme non compatible, alors qu'il tourne directement, sans aucun ajustement ! Et durant les huit bonnes heures que j'ai passées sur le jeu, je n'ai pas eu un bug, ni un seul plantage.





Bon jeu

As Dusk Falls

As Dusk Falls propose un jeu narratif au gameplay très classique (ça reste chiant les QTE !), mais au scénario assez original pour nous tenir en haleine jusqu'à son terme.

La note : 4/6 (Bon jeu)