Chroniqué par Nicolas Gilles
Vous pensiez que la série Castelvania n'avait jamais touché une console Sega ? Faux !La Famille Belmont en vacances chez le hérisson bleu
On pourrait penser que Castlevania, c'est une chasse gardée de Nintendo, bien que la série soit développée par Capcom.
Le premier épisode sort bien sur Disk System puis en cartouche, mais juste après, Capcom fait déjà une infidélité à Nintendo en sortant Vampire Killer sur MSX. Et ce n'est que le début, le micro japonais mythique X68000 se voit doté d'un remake du premier épisode en 1993. La même année sort l'excellent Rondo of Blood sur PC Engine CD, qui connaîtra un remake sur Super Nintendo deux ans plus tard en 1995 sous le nom de Vampire Kiss / Castlevania X (selon le continent sur lequel il est sorti).

On aura même une version arcade, Haunted Castle, c'est dire !
Mais chez Sega rien du tout. Que dalle. Et puis, en 1994, on a Casltevania The New Generation, un épisode assez méconnu de la série, mais qui est pourtant particulièrement excellent.
Une fois de plus, le jeu souffre de se taper un nom différent en fonction du continent : au Japon, c'est Vampire Killer ; aux Etats-Unis, c'est Castlevania Bloodlines ; en Europe, c'est Castlevania The New Generation. Pas facile de s'y retrouver, une fois de plus, d'autant que le nom japonais pourrait faire penser à un remake de la version MSX alors que les deux titres n'ont strictement rien à voir.

Deux stalles, deux ambiances
Au début de la partie, vous avez le choix d'incarner deux personnages : John Morris ou Eric Lecarde. Le premier reprend la maniabilité classique de la série et fait penser à Simon Belmont : tout se fait au fouet. Eric, lui, joue de l'épieu, ce qui donne un gameplay très différent. À vous de voir ce que vous préférez.
Une fois en jeu, certaines parties de niveaux vont varier en fonction du protagoniste choisi. On peut s'accrocher et se balancer avec le fouet, mais on peut également se donner de l'élan avec l'épieu. C'est réussi dans les deux cas.
La manette de la Megadrive est idéale : les trois boutons permettent de sauter, d'attaquer avec l'arme principale et de lancer une attaque secondaire. Détail pour les puristes : les munitions de l'arme secondaire ne sont plus des cœurs, mais des cristaux.

La super attaque inaugurée avec Rondo of Blood est également présente. Elle vous coûte plus de cristaux mais permet de lancer une attaque bien plus puissante. Votre arme principale peut également être améliorée, jusqu'à un effet Zelda où l'arme est plus puissante quand on a sa barre de vie à fond.
La maniabilité est un peu plus souple : on peut donner des coups en diagonale, les sauts sont un peu plus précis et moins rigides. Les escaliers restent toujours aussi particuliers, mais ici encore, c'est plus souple. Bref, on est sur un opus 16 bits qui reste old school tout en apportant un poil de modernité.
Une réalisation hors pair
Les épisodes 16 bits de Castlevania se sont toujours démarqués par leur réalisation technique. Esbroufe visuelle ou direction artistique maîtrisée, à chacun de se faire son idée, mais force est de constater que sur cet épisode Megadrive, Castelvania The New Generation est particulièrement superbe, avec des effets d'ombres et de lumière et autres effets techniques qui soulignent bien le côté gothique de l'ensemble.

Néanmoins, c'est parfois un peu inégal, avec des trucs de fou comme la montée de la tour de Pise, tandis que d'autres trucs se révèlent très plats un peu vides.
Côté balade, cette fois vous ne partez pas à l'assaut du seul château de Dracula. L'action se déroule en 1917 et vous allez pister des couillons voulant à nouveau ressusciter Dracula. Vous allez ainsi vous balader partout en Europe, sur leurs traces. Roumanie, Allemagne, Grèce, Italie et même France avec un château de Versailles... typiquement japonais.
On termine au Royaume-Unis, pour un périple qui a le mérite de nous proposer des environnements très différents, avec même des passages un peu étonnants, comme cette usine où les monstres ont des casques de protection. Oui, l'action se déroule en 1917, ce n'est pas si anachronique que cela !










