Chroniqué par Nicolas Gilles
Le premier épisode de la série. Carrément.Le premier Castlevania, vraiment ?
Oui, ce Castlevania est le premier Castlevania. Mais ce n'est pas vraiment sur NES qu'il a fait sa première apparition.
Je m'explique. Tout d'abord, le jeu est sorti sur Nintendo Disk System, le 26 septembre 1986. Le 30 octobre 1986, le jeu sort sur MSX2 sous le nom de Vampire Killer. En dehors d'une réalisation sensiblement différente et l'absence des scrollings que l'on trouve sur la 8 bits de Nintendo, c'est bien le même jeu. D'ailleurs, au Japon, il s'appelle Akumajo Dracula, c'est dans le reste du monde qu'il prendra le patronyme de Castlevania.

Pour l'avoir en version cartouche, il faut attendre mai 1987 aux Etats-Unis et même décembre 1988 pour l'avoir chez nous, en Europe !
Un sacré merdier qu'il n'est pas très rare de constater dans les années 80.
Le début de la légende
Parler de l'épisode séminal d'une série aussi mythique, ce n'est pas évident. Comment ne pas enfoncer des portes ouvertes ?

De Castlevania, on retient forcément ce qui a posé les bases d'un genre : le metroidvania, avec Symphony of the Night, qui donnera bien des suites calquées sur la même recette - et quasiment toutes excellentes. On aura même des passages à la 3D avec des épisodes sur Nintendo 64 pas aussi flamboyants, avec le sobrement nommé Castlevania et le Legacy of Darkness.
Ici, on parle du premier épisode. Et côté innovation, c'est surtout sur son ambiance et son lore qu'il va marquer le joueur. Vous incarnez Simon Belmont, dernier d'une longue lignée de chasseurs de vampire. Votre cible ? Dracula, rien de moins !
C'est parti pour six niveaux (le jeu comptant votre progression sous forme de tableaux, ce qui fait beaucoup plus) à la difficulté plus que relevée.

Terminer le jeu prend moins d'une heure, mais seulement dans le cas où on y a tellement joué que l'on a développé les automatismes qui nous sauveront la vie. Car sans habitude, vous finissez les dents éparpillées autour de la console, ce premier épisode de Castlevania ne pardonne rien.
On est en 1986, les jeux sont difficiles. Et même dans ce contexte, le jeu est alors considéré comme ardu. Alors imaginez. Enfin, plutôt, essayez, et vous comprendrez votre douleur.
Cela vient également de la maniabilité ultra rigide qui renforce encore un peu la précision imposée par le jeu. Le gameplay est rythmé, mais pas nerveux, dans le sens où la maniabilité old school nous demande d'avoir toujours un temps d'avance. Les sauts, principalement, sont fixes : une fois en l'air, impossible de les ajuster.

Même chose quand vous montez les escaliers : une fois sur les marches, vous êtes une cible de choix pour les myriades d'adversaires. Des adversaires qui posent par ailleurs les bases de ce que l'on retrouvera par la suite et qui feront le bestiaire emblématique de la série. Beaucoup sont déjà présents : corbeaux, squelettes, têtes de gorgones, etc.
La musique est aussi à souligner pour sa qualité. Malgré les limitations de la NES, les mélodies restent dans la tête... et on en reconnait même quelques unes immédiatement !






L'édition Disk System de Castlevania.






