Chroniqué par Nicolas Gilles
Un remaster quasiment parfait.Un remake qui ne vient pas de nulle part
Full Throttle fait partie de ces jeux mythiques, développés par Lucas Arts et ayant contribué à la mythologie d'un genre, le point'n click.
Alors certes, ce n'est pas Monkey Island, mais ce sont en partie les mêmes équipes, avec notamment Tim Schafer. Il n'est donc pas étonnant de voir que c'est le studio de ce dernier, Double Fine, qui s'y colle pour donner un petit coup de neuf à ce vieillard tout pixélisé. Il faut dire aussi qu'ils avaient fait un excellent taf sur le remake de Day of the Tentacle, autre grand ancien du point'n click cultissime.

Un classique du point'n click
Full Throttle fait suite à Day of the Tentacle et Sam & Max Hit The Road, sortis en 1993, soit deux ans plus tôt. Un lourd héritage, tant ces deux jeux sont géniaux.
De plus, Full Thorttle souffre peut-être un peu de son sujet : le monde des bikers, du rock dur, ce n'est pas forcément l'univers de tout le monde. De plus, l'humour propre aux productions Lucas Arts est ici beaucoup plus limité. Cela explique certainement que le titre ne soit pas resté gravé dans les mémoires.
Et pourtant, il reste excellent, bien que moins loufoque.

Vous incarnez Ben, un biker, chef du gang des Putois. Vous allez vous faire embarquer malgré vous dans une sale affaire. Malcolm Corley, le patron de Corley Motors, qui fait énormément penser à Harley Davidson, se lie d'amitié avec vous. Mais c'était sans compter sur son vice-président, Adrian Ripburger, dont les intentions sont toutes sauf nobles.
Le jeu continue de faire évoluer l'ergonomie du point'n click. Ici, il n'est plus question de verbes, mais d'une tête de mort qui permet d'interagir avec les choses : les yeux pour regarder, la bouche pour parler, la main pour prendre, le pied pour se déplacer.
Mais on est chez LucasArts, ce n'est pas si simple. La bouche peut servir à faire un appel d'air dans un tuyau pour siphonner de l'essence et le pied peut servir à frapper ou à démarrer sa moto.

À cela s'ajoutent des phases de moto où on a un gameplay plus orienté action. Cela reste un jeu d'aventure, puisque l'on peut recommencer autant de fois qu'on le souhaite, mais cela a le mérite de tenter des choses, même si le résultat est un peu (beaucoup) bancal et souvent irritant.
Des bikers en HD
Que l'on y ait joué à l'époque ou non, Full Throttle reste parfaitement recommandable, pour ne pas dire indispensable pour tout amateur d'aventure.
Déjà, on retrouve le doublage intégral en français de l'époque, qui était de grande qualité. Il est ici remixé et moins compressé que dans l'original.

Les musiques ont été totalement réorchestrées, tout en restant extrêmement fidèles à celles d'origine.
Mais l'adaptation est un remaster, pas un reboot. Tout y est totalement identique. La preuve : on a même le fameux bouton - toujours aussi agréable - permettant de passer des graphismes de 1995 à ceux de 2017, preuve que les jeux sont identiques. Au passage, la vue de 2017 est bien pratique car elle passe en 16/9ème et non plus en 4/3. En revanche, force est de reconnaitre que les graphismes de l'époque, bien que faits de pixels, constituent toujours un régal pour la rétine.
Enfin, le gameplay n'a pas beaucoup évolué, mais bénéficie de juste ce qu'il faut pour être modernisé. Il faut dire que cette tête de mort permettant de choisir quoi faire était un exemple d'ergonomie.

Ce qui a été amélioré, c'est qu'en appuyant sur une touche, on met en surbrillance tout ce avec quoi on peut interagir. Et ça, ça change absolument tout en termes de facilité de jeu. Plus de pixel hunting, et quelque chose qui permet enfin de se jouer tranquillement à la manette.
Court, mais intense
Je ne me souvenais plus que l'aventure était aussi courte. Il faut environ cinq heures pour en voir le bout... mais c'est également en fonction de comment on galère.
Car Full Throttle est généralement compréhensible dans son déroulement, le rendant plus facile qu'un Monkey Island je trouve. Mais tout de même, il y a régulièrement des petites choses qui font que l'on bloque et qui nous rappellent que l'on est bien dans un point'n click.








