Chroniqué par Nicolas Gilles
Ça c'est un bon chien ça ! Ça c'est un super bon metroidvania ça !Homebrew GBA
Goodboy Galaxy est un projet financé sur Kickstarter par un studio londonien dont c'est le premier jeu. Le studio se nomme d'après le nom de ce qu'ils voudraient bien être leur premier jeu au moment où ils lancent leur campagne : Goodboy Galaxy LTD. Il est composé de seulement deux personnes : Rik et Jeremy.
Ils demandent 18 000 livres. Les quelque 3 985 contributeurs leur permettront de récupérer 203 929 £. Carrément chouette !

Le jeu sort sur Game Boy Advance en 2023, en cartouche et en rom, et sur PC via Steam en 2024. Une version Switch est prévue dans la foulée (à l'heure où j'écris ces lignes, la version Switch n'est pas encore une réalité).
La version PC (et Switch) bénéficie d'une réalisation un peu plus léchée, libérée des contraintes techniques de la GBA.
Mais on s'en fout : la version GBA est déjà parfaite à mes yeux.

Un Metroidvania pas banal
Goodboy Galaxy n'est pas un metroidvania comme les autres. Certes, scénaristiquement, ça ne pèse pas lourd : vous incarnez Maxwell, un gentil chien explorateur qui se crashe sur une planète. Il n'a alors plus qu'une idée en tête : réparer son vaisseau pour retourner sur sa planète, Canus Major.
Rapidement, vous récupérez quelques accessoires qui vous suivront tout au long du jeu : un blaster, un booster pour réaliser des sauts dignes de ce nom, et un bouclier qui permet de se faire toucher une fois avant de demander deux secondes pour se recharger.
Jusque-là, c'est du classique, non ? Par la suite, vous allez devoir explorer différentes planètes afin de récupérer des items, des infos ou encore rendre service afin de pouvoir progresser. On entre alors dans le principe même du metroidvania : je récupère des trucs qui me permettent de débloquer ma progression.

Sauf que ce n'est pas si simple.
Un modèle de level design
Déjà, pour visiter les planètes, on doit passer trois portails, un par un. Chacun vous supprime temporairement l'une de vos aptitudes : pour le saut, vous ne pouvez plus que faire des mini-sauts ; pour le blaster, vous ne pouvez plus tirer ; pour le bouclier, vous mourrez à la moindre touche d'un pic ou d'un adversaire.
Et c'est là que ça commence à être original : le saut permet une sorte de double saut, quand on se laisse tomber dans le vide. Le bouclier n'est pas seulement présent pour nous donner un droit à l'erreur, il est nécessaire pour certains passages qui nous obligent à marcher sur des pics. Bref, c'est totalement intégré au level design et donne à Goodboy Galaxy un ADN qui lui est propre.

De plus, les niveaux se présentent comme des cercles : si vous allez totalement à droite, vous revenez par la gauche. Et c'est tellement bien foutu que ça ne saute pas aux yeux ! Les niveaux sont donc assez petits, mais très riches. Et surtout, les passages adaptés aux différentes absences de capacités s'entremêlent les uns dans les autres.
Il faut alors se souvenir de certains endroits, car tout tourne autour des habitants que l'on va croiser. On peut en rencontrer environ une soixantaine. Certains vous aideront directement, d'autres auront besoin que vous leur rendiez quelques services. D'autres seront juste là pour discuter.
On est donc parfois un peu perdu dans Goodboy Galaxy, sans trop savoir où aller. En fait, sur chaque portail de chaque planète, une petite icône nous mentionne s'il y a quelque chose à récupérer.

On retraverse donc souvent certains niveaux, à la recherche de chaque petite chose que l'on n'aurait pas encore découvert. C'est passionnant, juste ce que j'aime dans un jeu de ce genre.
La difficulté est plutôt basse en termes de dextérité, mais le jeu sait régulièrement nous proposer des passages bien relevés. Quand on meurt, on recommence au précédent check point, jamais bien loin puisque les niveaux ne sont pas immenses. Mais certains passages vont tout de même vous donner un peu de fil à retordre.
Une réalisation magnifique
En plus de son aventure palpitante et ultra rafraichissante, Goodboy Galaxy nous en met plein les yeux. C'est super beau, coloré et particulièrement bien animé. Il n'y a pas ce côté déjà-vu que l'on trouve dans tant de productions homebrew. D'ailleurs, le jeu est tellement bien foutu, bien produit, que j'ai énormément de mal à le considérer comme un homebrew. Pour moi, il fait totalement partie de la ludothèque de la Game Boy Advance. Il fait même partie de ses indispensables !

Pour couronner le tout, le jeu bénéficie d'une traduction française dont beaucoup de jeux devraient s'inspirer. L'écriture est très fine, avec beaucoup d'humour et de clins d'œil.






