Chroniqué par Nicolas Gilles
Du hack'n slash avec un joli twist.Indé français
Lysfanga - The Timeshift Warrior est développé par le studio français Sand Door, et édité par Quantic Dreams, via son label Spotlight. C'est étonnant, quand on sait que Quantic est surtout connu pour ses jeux narratifs comme Heavy Rain ou Detroit Become Human.
Car Lysfanga n'est absolument pas narratif. Avec sa vue de dessus, il ressemble à un hack'n slash, mais il est bien plus complexe que cela, puisqu'il ajoute la logique de boucles.

Il sort en 2024 sur PC et Switch.
Du hack'n slash avec des boucles temporelles
Le scénario est assez vite expédié. Vous incarnez Imë, une guerrière bénie par la déesse du Temps pour défendre le royaume d’Antala contre les Raxes, des créatures sorties d’anciennes cités scellées.
Armée de votre pouvoir du temps, vous allez pénétrer dans des arènes où vous devrez combattre, mais seulement pendant un court temps, illustré par la barre au-dessus de votre personnage. Ensuite, vous recommencez avec une nouvelle rémanence. Concrètement, vous vous clonez et construisez, rémanence par rémanence, une petite armée qui va combattre les adversaires, progressivement. Car à chaque rémanence, le temps est rembobiné.

Et c'est là que ça devient génial : on combat avec soi-même, on combat côte à côte !
Au départ, vous n'avez qu'une seule rémanence, mais vous en récupérez régulièrement de nouvelles : en progressant dans l'aventure, mais également en fouillant les environnements pour trouver des fragments qui, si vous en assemblez quatre, vous offriront une rémanence supplémentaire.
À cela s'ajoute la rencontre avec des golems, qui constituent souvent des boss et, une fois remis dans le droit chemin, vous apporteront leur aide de diverses façons, vous donnant des pouvoirs vous permettant en gros de fracasser plus rapidement vos adversaires.

Un puzzle action
Sur le papier, Lysfanga est un carton. Une fois la manette en main, c'est plus nuancé. Le jeu devient rapidement très tactique, vous obligeant à bien réfléchir avant de lancer un combat. Gros bourrins s'abstenir. À cela s'ajoute votre skill, puisque certaines phases ne pardonnent rien : si vous ratez votre enchaînement, vous pouvez recommencer la boucle car vous n'aurez pas assez de rémanences pour nettoyer l'arène.
Ce mélange de tactique et de skill est à la fois le point fort et le point faible du jeu, dans le sens où le jeu peine à se renouveler et ne fait que multiplier les rémanences et faire monter la difficulté. J'ai assez rapidement perdu le plaisir des premières dizaines de minutes en pestant contre moi-même, de mes échecs. Heureusement, l'aventure dure six à sept heure et ne laisse pas le temps de s'ennuyer.
Visuellement, l'ambiance arabisante avec une touche de surnaturel est très réussie, donnant à la direction artistique un côté plutôt marquant... mais peut être trop uniforme, comme on peut le reprocher à l'ensemble du jeu, justement.







