Chroniqué par Nicolas Gilles
Quand Nintendo tombe dans les écueils de rythme de trop de RPG japonais...Nouvelles aventures
La série Mario & Luigi a toujours été exclusive aux consoles portables : le premier épisode, Mario & Luigi Superstar Saga, était sorti sur Game Boy Advance en 2003. Le dernier épisode original, Paper Jam Bros, est sorti en 2015 sur 3DS.
Depuis, on a eu des adaptations d'anciens épisodes, comme Voyage au Centre de Bowser, en 2019.

Du coup, ce nouvel épisode sort presque dix an après le dernier épisode original. Sauf que le résultat n'est pas vraiment au niveau des précédents épisodes.
Mario RPG
Mario & Luigi, c'est une évolution du Mario RPG de la Super Nintendo. De cet épisode fondateur ont éclos deux séries : les Paper Mario et les Mario & Luigi. Ces derniers marquent par leur côté pur RPG.
Suite à la fermeture du studio qui développait la série, Alphadream, en 2019, on trouve Acquire, à qui on doit les Octopath Traveler, des RPG old school dans la pure tradition japonaise... avec les écueils qui vont avec.

Sauf qu'ici, c'est Mario et le monde coloré de Nintendo. La difficulté est donc assez basse. Le truc, c'est qu'il faut frapper en rythme : un bouton pour Mario, un autre pour Luigi. Le jeu est assez permissif, mais pour moi qui n'ais pas trop de rythme, c'est parfois casse-couille, notamment lors des attaques frères, ces super-coups qui consomment de la magie et qui demandent pas mal de précision dans la pression des touches.
Un scénario inutile
Mario et son frangin vont encore se retrouver dans un autre univers, sans trop vraiment savoir pourquoi.
Vous vous retrouvez dans le monde de Connexia, où l'arbre qui connectait l'ensemble des continents est mort. Résultat : des îles qui flottent un peu partout n'importe où.

Vous faites alors la connaissance d'Ameria, une volticultrice dont la tâche ardue est de reconnecter toutes ces îles ensemble puis de les lier grâce aux phares des îles maîtresses.
Votre chemin est tout tracé : sur chaque mer, vous devez parcourir des îles pour les connecter, puis aller sur l'île principale, vous taper un boss et passer à la mer suivante. Dans les faits, c'est un poil plus varié, mais ce n'est pas l'originalité de son scénario qui va faire que l'on se souvient du jeu.
Notre bateau se déplace donc toujours en suivant les courants, sur une carte où l'on va régulièrement découvrir de nouvelles îles. Côté rythme, c'est déjà bancal. Certes pas aussi chiant qu'un Zelda Wind Waker, mais tout de même...

Un gameplay dynamique
Mario et Luigi : l'épopée fraternelle est un RPG à la japonaise, au tour par tour. Sauf que votre équipe est composée exclusivement des deux plombiers en salopette, et qu'ils passent leur temps à s'entraider.
Les combats sont nombreux et vous demanderont tout le temps un minimum de concentration, car il faut toujours appuyer sur des touches au bon moment. Moi qui déteste les QTE (Quick Time Events) car j'ai peu de réflexes, je dois reconnaître que le jeu est assez accessible. On sent bien qu'il a été pensé pour pouvoir toucher le grand public.
Le jeu nous explique d'ailleurs tout, beaucoup trop, histoire que les novices ne soient jamais bloqués et prennent les réflexes à avoir quand on joue à un jeu de rôles. Pour les autres, cela se traduit par des cut-scènes trop nombreuses et souvent inutiles.

Vous montez vos niveaux au gré des combats, vous gérez votre équipement (habit pour la défense, chaussures pour le saut et marteau pour... les coups de marteau). C'est simple, mais ça fonctionne bien.
Ce qui est plus original, c'est que vous pouvez fabriquer des prises électriques qui vous permettent de vous donner des pouvoirs particuliers, comme frapper plus fort tel type d'adversaire ou vous protéger contre tel élément. Au bout d'un certain nombre d'utilisations, il faut attendre qu'elles se rechargent. Et si vous combinez les bonnes prises ensemble, vous créez des combos ! C'est la belle trouvaille du jeu.
Mais putain c'est carrément trop long !
Ce n'est pas vraiment que c'est trop long, c'est que c'est trop redondant et ça manque cruellement de rythme !

Il faut environ 45 à 50 heures pour voir le bout de l'aventure si on se tape une partie des quêtes annexes... C'est presque deux fois trop. On raccorde les îles, on suit un scénario trop bavard dont on n'a finalement pas grand-chose à carrer pour se taper combats sur combats...
Au moins, le jeu est généreux en quêtes annexes. Dès que l'on a raccordé une île, on peut y retourner pour récupérer des items qui nous permettront de fabriquer de nouvelles prises et faire quelques quêtes secondaires.









